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10/30/2007 Europe: le "Traité de Lisbonne", billet de Paul Quilès
Est-il acceptable que la réforme des institutions européennes, adoptée à Lisbonne par les 27 chefs d'Etat et de gouvernement, soit soumise en France au seul vote du Parlement après avoir été rejetée par référendum il y a un peu plus de deux ans ? Ceux qui demandent l'organisation d'une nouvelle consultation populaire font valoir, à juste titre, que le futur traité, au terme des ultimes négociations, ressemble beaucoup au projet de Constitution européenne repoussé en 2005, dont la "substance", à en croire, parmi d'autres, la chancelière allemande, Angela Merkel, a été préservée, et que, dans ces conditions, la même procédure de ratification devrait prévaloir.
A supposer même que le nouveau texte diffère sensiblement du précédent, on ne voit pas pourquoi la méthode choisie pour son approbation changerait. Lorsque les Français ont refusé, en mai 1946, lors de la naissance de la IVe République, le premier projet de Constitution soumis à leur vote, une nouvelle consultation a eu lieu cinq mois plus tard sur un texte modifié, qui a recueilli une majorité de suffrages. On sait aussi que les Danois ont écarté par référendum le traité de Maastricht en 1992 avant de l'approuver l'année suivante et que, de la même manière, les Irlandais ont dit non au traité de Nice en 2001 avant de dire oui en 2002. Les dirigeants français ont beau jeu de répondre que le nouveau traité se distingue essentiellement du projet mort-né de Constitution par sa nature plus que par son contenu. Il ne s'agit plus de donner à l'Union une Constitution qui consacrerait l'existence d'un peuple européen. Il ne s'agit pas non plus de remplacer les traités existants par une nouvelle loi fondamentale mais de modifier certaines de leurs dispositions, en laissant les autres, inchangées, en dehors du débat, en particulier celles qui définissent les politiques de l'Union, principal motif de discorde entre partisans du oui et partisans du non. Ces arguments ne sont pas sans valeur. Il est vrai que les critiques des opposants à la Constitution contre la "constitutionnalisation" des politiques libérales, visant à enfermer celles-ci dans un "carcan", ont perdu de leur pertinence. Il est vrai aussi que les Français, comme le soulignent volontiers les porte-parole du président de la République, ont élu Nicolas Sarkozy en sachant qu'il soumettrait le traité au vote du Parlement, et non à celui du peuple. Il n'empêche qu'une partie de l'électorat continue de contester l'organisation politique et économique de l'Europe, telle qu'elle résulte de l'ensemble des traités, de celui de Rome à celui de Lisbonne, et demande, avec raison, que sa voix soit entendue. L'une des ambitions exprimées dans la déclaration de Laeken, qui a lancé en décembre 2001 la réflexion sur un nouveau traité, était de "rapprocher les institutions européennes des citoyens" et d'offrir à ceux-ci les moyens d'un "meilleur contrôle démocratique". Tout avait plutôt bien commencé. La Convention présidée par Valéry Giscard d'Estaing a été un lieu d'échanges fructueux, même si elle n'a pas atteint le grand public. Le vaste débat auquel a donné lieu ensuite la campagne du référendum a permis aux Français de s'intéresser à l'Europe et, par-delà les anathèmes, d'exprimer leurs préférences. Malheureusement l'élan est retombé. Les Vingt-Sept veulent désormais en finir au plus vite avec le futur traité. A Lisbonne, où devait souffler le vent du renouveau, ils ont discuté longuement pour faire passer de 750 à 751 le nombre de sièges au Parlement européen et pour ajouter un protocole à une déclaration sur le gel provisoire de décisions contestées par une minorité. Ce n'est pas ainsi qu'ils passionneront les foules. Mais, apparemment, ce n'est pas leur souci dominant. Ratification du traité européen : Laurent Fabius pour une non participation au voteFabius (PS) pour une non participation au vote Besoin d'un e-mail ? Créez gratuitement un compte Windows Live Hotmail, la boîte e-mail entièrement personnalisable ! Windows Live Hotmail 10/25/2007 GAUCHE AVENIR : L'unité est un combat, par P.QUILES et MN.LIENEMANNL’unité est un combatTribune publiée par Paul Quilès et Marie Noëlle Lienemann dans Le Monde du 26 septembre 2007, sous le titre Gauche:"l'unité est un combat"
La gauche n’est jamais arrivée au pouvoir que rassemblée. Ce fut le cas avec le Front populaire en 1936, avec l’Union de la gauche en 1981 ou même avec la Gauche plurielle en 1997. Ce rassemblement a toujours été le fruit d’une confrontation au sein de la gauche, à tel point que, dans les années 70, Etienne Fajon avait lancé : « l’union est un combat ! ». Et c’est bien la rédaction d’un programme commun de gouvernement qui a permis l’union de la gauche, car, à l’évidence il était impossible à l’époque d’envisager l’unité en surmontant les divergences idéologiques. Cet accord décisif a permis de placer chaque parti devant la responsabilité de l’action gouvernementale sans se renier et il a assuré la victoire en 1981. Aujourd’hui, la situation est différente, car le monde a bougé : chute du Mur de Berlin, avec ses conséquences sur le mouvement communiste, mondialisation accélérée faisant apparaître de nouvelles attentes, société française de plus en plus éclatée, éparpillement de la gauche qui n’est plus structurée par deux grands partis….Le succès de la gauche lors de l’élection de 2012, sa capacité à défendre ses idéaux et à transformer la société ne peuvent être espérés que si ces éléments sont pris en compte dans la définition de la nouvelle stratégie de la gauche. Naturellement, celle-ci n’a rien à voir avec les opérations qui confondent rénovation et renoncement et qui croient trouver au « centre» la modernité qui manquerait aux idées de gauche. Ce genre de dérive a toujours conduit dans l’impasse et parfois aux pires compromissions. La nouvelle stratégie ne peut pas non plus se réduire à des alliances circonstancielles, à des accords électoraux de dernière minute, à des désistements « automatiques » au second tour. Le nouveau cap : l’unité de la gauche On voit bien qu’il faut aujourd’hui aller au-delà de l’union et fixer un nouveau cap stratégique, celui de l’unité. Cette perspective, qui exigera patience et détermination, est la seule qui permettra à la gauche de l’emporter, mais aussi de changer profondément la société française. L’unité de la gauche est certainement la clé de son renouveau, à condition de redéfinir un cadre idéologique et, en tout cas, un corpus de valeurs et un projet politique et culturel commun. L’exigence d’unité doit aller de pair avec l’affirmation forte et sans complexe de l’identité contemporaine de la gauche, qui ne peut se réduire à quelques généralités ou formules creuses. Elle suppose une vision critique du modèle capitaliste financier transnational dominant, la promotion d’une société laïque, émancipatrice pour chaque homme et chaque femme, le combat pour la liberté, l’égalité et la fraternité sur tous les champs de la vie sociale, l’affirmation d’un internationalisme solidaire et respectueux de la planète, alternatif à la mondialisation néolibérale. Il s’agit bel et bien de redonner de la vigueur et de la crédibilité à l’idée d’alternative politique, mise à mal par la répétition de thèses –que nous devons contester- sur la droitisation de la société française, la nécessité d’accepter sans nuance le capitalisme sous prétexte de modernisme, le dépassement du clivage droite-gauche . L’ambition de la gauche doit être aussi d’assumer le pouvoir et de transformer la société par l’action gouvernementale. L’affirmation du réformisme, qui s’appuie sur le primat de la démocratie, ne doit en rien empêcher une perspective culturelle et politique plus vaste et plus radicale, car le combat de la gauche ne se limite pas à la gestion des affaires publiques. L’unité doit permettre de faire la synthèse du militantisme et de l’engagement à gauche, de la culture réformiste et de la culture contestatrice. C’est ce que Jaurès appelait « l’évolution révolutionnaire ». L’unité contre l’impuissance et pour le rééquilibrage à gauche Dans la Vème République et encore plus depuis les décisions sur le quinquennat et l’inversion du calendrier électoral (2000), l’élection présidentielle est l’évènement directeur de la vie politique en France. Compte tenu du rapport de forces à gauche, c’est le candidat ou la candidate du PS qui apparaît comme le ou la seul(e) capable d’être élu(e) et qui fixe donc l’axe central des propositions de la gauche. Or, si des forces nombreuses -qui plus est, divisées- subsistent sur la gauche de ce parti, la désignation, les choix internes, les arbitrages stratégiques ne peuvent traduire correctement les attentes du peuple de gauche. Une fois ceux –ci établis, la « gauche non socialiste » a peu de prise pour les modifier et peser ! Au-delà des élections, ce même mécanisme s’observe lorsque la gauche gouverne. C’est ainsi que les incompréhensions n’ont cessé de croître, entraînant même une certaine vulnérabilité des couches populaires aux thèses du FN. L’unité doit permettre un rééquilibrage à gauche. Seule cette dynamique de dépassement de chaque structure permettra de stopper la spirale d’atomisation qui n’a pu être conjurée en dépit de l’échec de 2002. Elle devra assurer aussi une véritable prise en compte de l’écologie politique ou de certains mouvements altermondialistes, qui ne peuvent plus être considérés par la gauche comme périphériques. En tout cas, force est de constater qu’au pouvoir ou dans l’opposition, avec la division et la concurrence, l’affaiblissement d’un des partis de la gauche n’a pas assuré le renforcement des autres ni le progrès de l’ensemble. Aucun parti de gauche ne se porte bien et bon nombre de leurs électeurs et de leurs militants sont en plein désarroi. La chute du nombre total de leurs adhérents et surtout des militants, depuis 30 ans, montre qu’ il y a des forces inemployées, des hommes et des femmes de gauche qui ne voient pas l’intérêt de militer dans les partis ou se défient d’eux.
Vers un Congrès de l’unité de la gauche Les rénovations en vase clos ne pourront pas lever ces handicaps. C’est pourquoi nous plaidons pour le dépassement des partis existants et la création d’une nouvelle organisation fédérant tous ces courants de la gauche, à partir d’un congrès de l’Unité de la Gauche. Cela nécessitera, à l'évidence, de nombreuses étapes. La première se joue sur le fond, avec l’actualisation des valeurs de gauche et l’affirmation du projet de la gauche du 21ème siècle. Une charte pour l’unité de la gauche pourrait en jeter les bases. L’unité ne saurait se bâtir sur la base de l’uniformité, de l’abandon des héritages de chacun, de l’écrasement d’un courant minoritaire, de la discipline imposée sans juste représentation des différentes composantes. Il est sans doute trop tôt pour définir les formes concrètes que pourrait prendre cette nouvelle organisation, mais ce qui est sûr, c’est qu’elle devra assurer le respect des histoires et de la diversité des cultures que seule la représentation proportionnelle peut garantir. Ce n’est pas parce que l’unité risque d’être difficile à réaliser qu’il faut y renoncer. Toute l’histoire du mouvement socialiste et communiste montre qu’il a fallu que les militants de cette cause mènent bien des combats et un travail de conviction pour surmonter les tendances à la dispersion et aux querelles internes. Ce fut le cas, en 1905, avec le congrès du Globe, où l’intelligence politique sut triompher des guerres picrocholines entre partis, des désaccords irréconciliables entre modérés et radicaux. On pourrait encore citer en exemple l’unité des socialistes réalisée à Epinay en 1971. En tout cas, la gauche et les socialistes ne se sont jamais sortis des crises, n’ont jamais réussi leur renouveau sans une nouvelle dynamique unitaire. Voilà pourquoi nous affirmons aujourd’hui, comme on le disait hier pour l’union, que «l’unité est un combat». Avec d’autres, que nous espérons nombreux, nous y prendrons toute notre part.
10/2/2007 Artscènes: La machine à trier les sans-papiers (Vidéo)
> http://www.educationsansfrontieres.org
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