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    11/27/2007

    Le Monde du 27 novembre 2007 : Banlieues à l'abandon, tribune de C. Dilain, S. Gatignon, F. Puponni

     

    Banlieues à l'abandon : ce qui ne peut plus

    durer, par Claude Dilain, Stéphane

    Gatignon et François Puponni

     

    LE MONDE | 27.11.07 |

     

    A l'automne 2005, sur fond d'images de quartiers en flammes, l'ensemble de la classe politique semble prendre enfin conscience du malaise des banlieues. Les émeutes s'accompagnent alors d'un cortège de discours sur les décisions à prendre. Mais avec l'extinction des flammes, un voile est retombé sur nos villes et deux ans plus tard, non seulement les choses n'ont pas changé, mais elles empirent.

     

    Face au défi, confronté aux inégalités de plus en plus fortes entre les territoires, le gouvernement répond par des dotations toujours plus réduites et inégales. Pour preuve, la loi de programmation de la cohésion sociale prévoyait une augmentation de 120 millions par an jusqu'en 2009 de la dotation de solidarité urbaine (DSU), pour venir en aide aux villes en difficulté. Or la commission des finances de l'Assemblée vient d'annoncer une diminution de 30 millions d'euros de la DSU. Tant pis pour les villes qui comptaient dessus et qui ont engagé des actions. Elles n'auront qu'à gérer encore et encore la pénurie, et faire face à des charges de plus en plus lourdes.

    Cela ne peut plus durer. Le temps des diagnostics, des analyses et de la compassion est terminé. Aujourd'hui, il est impératif d'agir, et d'agir vite. Des solutions simples et efficaces sont rapidement réalisables, au premier rang desquelles une réforme de la fiscalité locale.

    Malgré l'opiniâtreté des élus de terrain et du monde associatif, la situation ne cesse de se dégrader. Tous les indicateurs sont à la hausse, précarité, chômage, misère, violence… l'économie parallèle gangrène des quartiers entiers où les habitants subissent les règles d'un libéralisme sauvage qui se traduit par le règne de la loi du plus fort ; l'usage de la violence se banalise, les liens sociaux se délitent et les populations confrontées à un sentiment d'abandon ont tendance à se replier sur elles-mêmes.

    DROIT COMMUN

    Cette situation est le résultat de l'échec de la politique menée depuis de trop nombreuses années. L'ancien ministre de l'intérieur, aujourd'hui président de la République, n'a réussi, avec ses déclarations guerrières, ni à faire reculer l'insécurité ni à rétablir l'égalité républicaine. Nous n'acceptons plus que l'Etat valide les inégalités.

    Il faut impérativement en finir avec la vision à court terme qui conditionne les réponses du gouvernement. Nous ne voulons pas d'un énième plan banlieue qui traite systématiquement nos problèmes à l'aune de l'exception. Nous voulons que nos villes – à l'instar du reste du territoire – soient traitées selon le droit commun.

    L'insécurité est le résultat d'une politique globale qui, par l'insécurité sociale, l'accroissement de la précarité et des inégalités, conduit à la déstructuration des règles collectives et contribue à faire naître les ghettos de demain. Notre société est de plus en plus marquée par l'individualisme, la débrouillardise et la vénération sans limite de l'argent-roi au détriment de tout ce qui fait l'intérêt collectif.

    Tout contribue à fragiliser l'ensemble de la société : disparition de la mixité sociale dans les quartiers d'habitat collectif, diminution drastique des moyens consacrés au volet social (dans la prévention, dans la recherche d'emploi, etc.), généralisation des emplois précaires, enclavement de ces quartiers.

    Nous devons clairement poser la question du rôle régulateur de l'Etat. Le processus actuel qui conduit l'Etat à se retirer progressivement des dispositifs d'aide anéantit les garanties et laisse la nécessaire entraide dépendre du bon vouloir de ceux qui en ont à la fois l'envie et les moyens.

    Le temps presse. Nous devons, en agissant sur l'ensemble de ces leviers, rétablir les fondements de la République : la sécurité et l'égalité de tous partout sur le territoire. Pour faire entendre la voix de la banlieue et parce que nous refusons d'attendre qu'une nouvelle catastrophe se produise pour que les choses bougent enfin, nos communes (nos mairies) agiront afin d'obliger l'Etat à ouvrir le dossier des banlieues non comme un dossier à part mais comme un miroir de ce que pourrait devenir la France de demain.


    Claude Dilain, maire de Clichy-sous-Bois, Stéphane Gatignon, maire de Sevran, François Puponni, maire de Sarcelles.

     

     

    11/12/2007

    PS : Assez de divisions !

     

    Parce que nous défendons avant tout le débat d'idées, que nous croyons aux vertus du dialogue social, que nous souhaitons que chacun puisse accéder à l'information, au savoir, et exposer son point de vue, même si tous ne le partagent pas,

     

    Parce que nous sommes contre le principe de la pensée unique, qui, provenant d'un chef inaccessible et seul décisionnaire du haut de son piédestal, se déverse sur le peuple, qui se doit d'y croire et d'appliquer les ordres prononcés sans oser proférer la moindre critique, ni oser la moindre pensée « déviante » ...  

     

    … Quand d’autres font la promotion d’une société du paraitre, gouvernent à coup de phrases lapidaires, de slogans-choc vides de sens, d’émotionnel « cheap », confondent Politique et émissions de TV-réalité …

     

    Parce que nous pensons que l'Homme et son Environnement doivent être au centre des préoccupations de nos dirigeants, et que le financier n'est qu'un moyen, un outil parmi d'autres pour parvenir à une société plus juste, dans laquelle chacun doit pouvoir trouver sa place sans avoir à se justifier via ou à cause de son ADN, sa couleur, sa religion ... 

     

    Parce que les points de convergence entre nos différentes sensibilités sont plus nombreux que les points de division, de déchirure, de différences ...

    Parce que nos valeurs, nos idées, nos convictions sont fortes et fermes ...

     

     

    Alors à la fois nous sommes des cibles faciles pour le sarkozysme  jusqu'ici tout puissant mais que les prémices des premières crises sociales font déjà vaciller, 

    et forts de nos valeurs communes, de notre histoire, de notre solidarité, de notre sens du collectif, nous allons tenir bon dans la tempête sociale qui s’amorce, provoquée par un gouvernement qui ne tient compte que de la minorité la plus favorisée économiquement de ce pays et néglige les autres, les modestes, la « France d’en bas », celle des fins de mois difficiles, la masse de ceux qui ne possèdent ni yachts, ni groupe de presse, ni demeures luxueuses aux « states » ;

    Nous allons tenir notre rang d'opposition, reconstruire tous ensemble un projet de société réalisable, concret et porteur d’avenir pour nous et les générations futures, nous indigner quand les valeurs de notre république laïque, le droit et l’équité sont bafoués.

    Cette résistance citoyenne ne nécessite de notre part ni reniement de nos idéaux, ni renoncements, juste du courage et de l’opiniâtreté, et, rassérénés par ceux qui, à notre tête ont d'ors et déjà pris l'initiative du sursaut tant attendu à la base, nous sommes là, nous sommes prêts. 

     

    Haut les cœurs Camarades, unissons nous, et mettons nous en marche !

     

     

     

    Assez de divisions !

    Le pays constate, amer, tous les mensonges du pouvoir. On ne gagnera pas plus même en travaillant plus. Partout, la contestation s'installe. Parmi les salariés et les retraités en difficulté avec leur pouvoir d'achat, dans les professions libérales avec la nouvelle carte judiciaire, chez les jeunes avec les étudiants, les pêcheurs, les agriculteurs, les fonctionnaires, mais aussi dans la culture sans oublier le tollé éthique à propos du recours à l'ADN pour maîtrise de l'immigration.

    Dans tout le pays, on proteste, on manifeste y compris dans l'actuelle majorité !

    Et c'est précisément à ce moment-là que l'on tente de faire revivre la division des socialistes et de la gauche à propos du débat européen.

    La division est déjà insupportable, elle est aujourd'hui intolérable ! Nous avons nos convictions. Nous nous respectons. Nous refusons la stigmatisation ou la revanche. Nous voulons tourner la page,
    nous voulons l'union.

    Nous lançons un appel : Assez de divisions !

    Retrouvons notre devoir d'opposition et de reconstruction !

    Ce texte a déjà été signé par plus de 50 parlementaires socialistes, dont :

    Claude Bartolone, Pierre Bourguignon, Jean-Christophe Cambadélis, David Habib, Benoît Hamon, Danièle Hoffmann-Rispal, Marietta Karamanli, Serge Lagauche, Jean-Marie Le Guen,  Philippe Martin, Sandrine Mazetier, Didier Migaud, Arnaud Montebourg, Pierre Moscovici, Christian Paul, René Rouquet, Odile Saugues, Simon Sutour, Catherine Tasca, Jean-Jacques Urvoas, Henri Weber, etc.

    -------

    AFP -  PARLEMENT-PARTIS-PS 11/11/2007 20:27:14

    Une cinquantaine de parlementaires PS lancent un appel contre les
    divisions

    Paris, 11 nov 2007 (AFP) -* Une cinquantaine de parlementaires
    socialistes ont cosigné un appel contre les divisions de leur parti et
    pour que celui-ci assume son "devoir d'opposition", selon un communiqué
    reçu dimanche à l'AFP.

    "Dans tout le pays", écrivent le signataires, "on proteste, on manifeste
    y compris dans l'actuelle majorité ! Et c'est précisément à ce moment-là
    que l'on tente de faire revivre la division des socialistes et de la
    gauche à propos du débat européen".

    "Nous nous respectons", poursuivent-ils: "nous refusons la
    stigmatisation ou la revanche. Nous voulons tourner la page, nous
    voulons l'union. Nous lançons un appel: assez de divisions ! Retrouvons
    notre devoir d'opposition et de reconstruction !".

    Ils affirment que "le pays constate, amer, tous les mensonges du pouvoir".

    "Partout, la contestation s'installe", énumèrent-ils: "parmi les
    salariés et les retraités en difficulté avec leur pouvoir d'achat, dans
    les professions libérales avec la nouvelle carte judiciaire, chez les
    jeunes avec les étudiants, les pêcheurs, les agriculteurs, les
    fonctionnaires, mais aussi dans la culture sans oublier le tollé éthique
    à propos du recours à l'ADN pour maîtrise de l'immigration".

    Parmi les signataires figurent notamment les députés Claude Bartolone,
    Philippe Martin, Jean-Christophe Cambadélis, Pierre Moscovici, Arnaud
    Montebourg, Christian Paul, Jean-Marie Le Guen et Sandrine Mazetier, la
    sénatrice Catherine Tasca et le député européen Benoît Hamon.

     

    11/8/2007

    Traité européen modifié : pourquoi nous demandons une ratification par voie référendaire.

    Traité européen modifié : pourquoi nous demandons une ratification par voie référendaire.

     

    "L'abdication d'une démocratie peut prendre deux formes, soit elle recourt à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit à la délégation de ses pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle au nom de la technique exercera en réalité la puissance politique, car au nom d'une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement une politique au sens le plus large du mot nationale et internationale." P. Mendès-France

                                                                                       

    Le 29 Mai 2005, les citoyens Français, interrogés par voie référendaire, ont dit NON au traité constitutionnel européen (TCE) qui leur était présenté.

    Un peu plus de deux ans plus tard, Nicolas Sarkozy propose la ratification par voie parlementaire d’un « mini traité simplifié », le traité dit de Lisbonne, qui n’est ni mini, ni simplifié, et qui n’est autre que la resucée à peine remaniée du projet de constitution retoqué en 2005 !

     

    Avant même d’aborder le fonds du nouveau texte, c’est  d’abord sur sa méthode de ratification que nous devons nous opposer avec force.

    Et pour cela, nous disposons des outils législatifs nécessaires, pour peu que nous organisions une mobilisation populaire forte autour de la revendication pour un nouveau référendum en 2008.

    Ensuite, afin d’essayer d’aborder ce sujet de façon plus efficace et constructive, je vous proposerai une étude de texte, afin de vous démontrer que, comme l’a déclaré Valéry Giscard d’Estaing, dans ce « nouveau » traité, « les outils sont exactement les mêmes. Seul l'ordre a changé ».

    Si cette appréciation s’avère pertinente, -et elle n’a aucune raison de ne pas l’être puisque VGE fut le rédacteur du projet de constitution rejeté-, cela signifie donc que Nicolas Sarkozy  piétine doublement le principe de souveraineté populaire : une première fois en faisant ratifier ce traité par voie parlementaire alors que par son expression souveraine le peuple n’en a pas voulu en 2005, et une deuxième en nous faisant croire que ce texte -désormais illisible- est différent du premier alors qu’il n’en est rien.

     

    Enfin, je ne pourrai décemment pas passer sous silence la position prise par le Bureau National du Parti Socialiste le 6 Novembre 2007, même si je la déplore, car dans ce traité que le PS se propose d’accepter sans discussion, je ne retrouve notamment ni la notion d’Europe sociale, ni celle d’Europe des peuples que nous avions collectivement défendues ; par ailleurs, cette position revient à tourner définitivement le dos à l’engagement de la candidate investie par le PS pour la campagne présidentielle, qui promettait d’organiser un référendum pour la ratification dudit traité renégocié.

    Pour autant, nous ne devons pas faire d’amalgame entre méthode de ratification et contenu du texte ; Approuver le contenu, même si cela me semble discutable en l’état, ne revient pas à approuver simultanément et automatiquement la méthode d’entérinement !

    … Je persiste donc dans ma demande de mise en place d’un référendum, pour que la décision rendue par le peuple qui s’est exprimé massivement en 2005 ne soit pas foulée aux pieds.

    Ensuite, si nous parvenons à une ratification par référendum, il appartiendra aux électeurs de trancher, notre rôle se limitant à tenter d’éclairer leur choix, en mettant à leur disposition une information qui n’est pas disponible aisément actuellement, et en proposant l’ouverture de débats citoyens.

     

     

     

    1. Pour que la démocratie ne soit pas bafouée …

     

    « Ce qui a été tranché par le peuple, ne peut être remis en cause que par le peuple », Laurent Fabius.

     

    Avant même de nous prononcer sur le contenu du traité de Lisbonne, nous devons nous constituer en une dynamique unitaire de Gauche forte afin d’imposer l’organisation d’un référendum pour sa ratification ; car, comme l’a justement déclaré Laurent Fabius dans Le Parisien du 28 octobre 2007, « Ce qui a été tranché par le peuple, ne peut être remis en cause que par le peuple »

     

    Dans le respect nos principes démocratiques, ce traité ne peut logiquement être ratifié que par voie référendaire, puisque le TCE qu’il se destine à remplacer, a été proposé au peuple selon ce procédé ; Utiliser toute autre méthode pour faire adopter ce texte serait un déni de démocratie, reviendrait à s’asseoir sur notre souveraineté populaire.

     

    Allons-nous ainsi accepter que l’on récuse ainsi l’expression de notre volonté ?

    Comme l’a écrit André Bellon, ancien président de la commission des Affaires Etrangères de l’Assemblée Nationale, dans une tribune de Marianne, « Il ne saurait être question de transiger avec les principes fondamentaux des droits du peuple. Un vote a eu lieu. Il doit être respecté. Seul un nouveau vote populaire pourrait légitimer un nouveau traité. ».

     

    Par ailleurs, durant l’élection présidentielle, tous les candidats de gauche se sont engagés à faire passer par voie référendaire tout nouveau texte. Peut-être est ce le moment de leur rappeler leurs promesses passées …

     

     

    1. De quels moyens disposons-nous pour imposer un référendum ?

     

    Pour pouvoir faire ratifier le traité par voie législative, il faut modifier la Constitution (article 88-5).

    Pour cela, Nicolas Sarkozy devra réunir le Congrès du Parlement (Assemblée Nationale et Sénat réunis à Versailles, soit 908 parlementaires), et obtenir un vote à une majorité des 3/5e des suffrages exprimés en faveur de cette modification.

    C’est pour cette raison que les personnalités de gauche qui prônent l’abstention sont dans l’erreur : à ne pas vouloir se prononcer lors de cette première étape obligatoire, ils prennent le risque de permettre au gouvernement de réaliser cette modification constitutionnelle en lui concédant les 3/5e de votes indispensables.

     

    Si, lors de ce premier vote, les parlementaires désireux de voir respecté le souhait des citoyens français en faveur d’un nouveau référendum, s’unissent, ils peuvent faire barrage à la modification de la Constitution.

    Et dans ce cas, Nicolas Sarkozy n’aura pas d’autre alternative que de proposer le traité de Lisbonne à ratification par voie référendaire.

     

    A ce stade, l’engagement pour le oui ou le non à ce traité n’entre pas en ligne de compte.

    Et c’est là que la mobilisation de l’opinion publique est importante : c’est à nous qu’il revient d’inciter les parlementaires que nous avons élus à assumer leur mandat en votant contre cette modification qui reviendrait à bafouer notre expression souveraine proclamée par le résultat du vote du 29 Mai 2005.

    Interpelons les publiquement, n’hésitons pas à leur écrire si nécessaire, l’important est de nous faire entendre, de les convaincre massivement.

     

    « Imposer un référendum est donc possible, à condition de ne pas suivre celles et ceux qui refusent une prétendue « bataille perdue d’avance », et qui, sensibles au discours de N. Sarkozy et de ses nombreux soutiens médiatiques, entretiennent le défaitisme et la résignation », Paul Quilès.

     

     

    Pour vous aider à imposer ce référendum, mais également pour préparer l’étape suivante constituée par le vote des citoyens dans le cadre référendaire, je vous propose de prendre connaissance du traité de Lisbonne, bien loin du « mini traité technique » promis par le candidat N. Sarkozy pendant la campagne présidentielle.

     

     

    1. Le traité de Lisbonne, un traité ni mini ni simplifié.

     

    Considérant que nous nous acheminons vers l’organisation du référendum de ratification, il s’agit désormais de faire connaitre au plus grand nombre le contenu de ce traité …

     

    Loin de moi l’idée de vous en épargner à tout prix la lecture, car s’y frotter c’est reconnaitre qu’il n’est ni simplifié ni résumé ni plus social ni moins libéral, par rapport au texte du TCE :

    240 pages, près de 300 articles, des renvois incessants au TCE, et aux traités de Rome et de Nice, ce texte réécrit par les juristes du Conseil des ministres européens est tout bonnement incompréhensible !

    Il sera donc indispensable que soit fourni à tous les électeurs un texte consolidé pour pouvoir le lire sans se référer sans cesse aux autres traités.

     

    En attendant, je porte à votre connaissance ces quelques réflexions et remarques suite à sa lecture :

     

    ·            Sur la « concurrence libre et non faussée » (art. 3 du TCE) et l’Europe sociale :

    Si l’expression exacte « libre et non faussée » n’apparait plus, pour autant le principe d’une concurrence sans entrave se retrouve dans une déclaration annexe (protocole 6); ceci confirme donc qu’en terme de concurrence, rien n’a changé, et la valeur juridique du principe reste la même.

    De même, rien ne va dans le sens d’une harmonisation fiscale ou sociale, pourtant demandée par les Français, au travers de leur expression pour le NON lors du référendum pour le TCE.

     

    ·            Suppression de la partie III (politiques européennes) du TCE :

    Cette partie du TCE a juste été déplacée et se retrouve in extenso à partir de l’amendement 40.

    Le nouveau texte reste donc très proche de celui du TCE.

     

     

    ·            La Charte des droits fondamentaux :

    A la base, l’esprit du texte d’origine était sensé engager l’Europe vers l’atteinte de standards sociaux harmonisés et tirés vers le haut, même s’il n’était déjà pas très ambitieux ; Désormais, avec le nouveau traité, il ne s’appliquera pas partout puisque la Grande-Bretagne et la Pologne pourront s’exonérer de son application.

    Comment espérer dépasser l’Europe de technocrates actuelle, et promouvoir une Europe des peuples plus sociale, si ses principes ne s’appliquent pas à tous les pays membres ?

     

     

    ·            La place de la BCE :

    N. Sarkozy a publiquement et abondamment polémiqué sur le rôle de la BCE ; pourtant, entériner le traité de Lisbonne c’est entériner que la BCE a vocation à limiter l’inflation.

    Que sont donc devenues les rodomontades de notre omniprésident sur ce sujet ?

     

     

    ·            Au sujet de la préférence communautaire vantée par N. Sarkozy :

    Elle ne figure nulle part dans le traité de Lisbonne …

    Par contre, il est stipulé, notamment à l’article 10A, que l’Union vise à encourager une économie mondiale via la suppression progressive de tous les obstacles au commerce international.

    Il est donc question de poursuivre la mondialisation dans un cadre ultralibéral et de confirmer l’interdiction de toute entrave à la libre circulation des capitaux, malgré la casse sociale que cela risque d’entrainer …

     

     

    Quelques idées fausses sur l’Europe et sur ce traité :

    o             L’union Européenne était en panne depuis le NON des Français et des Hollandais, et la ratification du traité de Lisbonne va la sortir de l’enlisement :
    NON, les institutions ont continué à jouer leur rôle en fonction des traités en vigueur ; il n’y a jamais eu de situation d’impasse, dont N. Sarkozy va miraculeusement sortir l’Europe !

    o             N. Sarkozy se met dans la posture du sauveur de l’Europe, de celui qui va permettre qu’elle sorte de l’ornière dans laquelle elle est bloquée depuis deux ans, grâce à ses habiles négociations :
    NON, c’est un menteur ! Son rôle est resté mineur dans l’élaboration de ce texte. Il n’a même pas su tirer profit de l’amorce de protocole social préparé par Angela Merkel, et qui aurait pu servir de base de négociation pour obtenir des avancées sociales !

    o             Il y aurait urgence à ratifier ce nouveau traité, qui valide le système de majorité qualifiée, car cela va sortir l’Europe de sa « paralysie » :
     NON,  d’abord l’Europe n’a jamais été paralysée, et de toute façon, la mise en place du système de majorité qualifiée sera entamée à partir de 2014 et achevée en 2017 !

    o             La voie parlementaire permet une ratification rapide (courant décembre 2007), désirée par N. Sarkozy :
    NON, il est probable que le traité ne sera ratifié qu’en mai 2008 au mieux, car il ne sera signé par les 27 pays membres que le 13 décembre prochain, puis à l’issue de cette validation au niveau européen viendra l’adoption par la France.
    Or, pour valider le texte par voie parlementaire, il faut d’abord le faire examiner par le Conseil Constitutionnel, réunir le Congrès pour modifier la Constitution, obtenir le vote du Congrès, puis le faire voter par l’Assemblée Nationale, dont l’agenda prévisionnel des travaux est déjà bien chargé avec les projets de réformes entamées par le gouvernement.

     

                                                                                                   

    Par Corinne ZANNIER

    Secrétaire Fédérale PS 93,
    Signataire Gauche Avenir
    www.gaucheavenir.org

     

    Pétition à signer pour demander une ratification par voie référendaire, et sélection de sites intéressants à visiter sur ce sujet :

    http://referendumeurope2007.free.fr/

     

    http://www.respecteznotrenon.org/

    http://www.pourlarepubliquesociale.org/

    www.reconstruirelagauche.fr

     

     

    11/4/2007

    INFO : Syngenta: milices privées et assassinats au Brésil


    Bonjour,
    Je vous transfère cette info que je viens de recevoir de Via Campesina et qui sera diffusée lundi.
     
     
    Syngenta: milices privées et assassinats au Brésil
    Autor: Silvia RIBEIRO
    Traductor: Gérard Jugant, révisé par Fausto Giudice

    Le 21 octobre dernier, une milice armée contractée par la transnationale de transgéniques Syngenta, a envahi le campement Terra Livre dans le Paraná au Brésil, tuant de deux tirs à bout portant Valmir Mota de Oliveira, connu comme Keno, militant du Mouvement des Travailleurs Sans Terre (MST), de 34 ans, père de trois enfants. Ils ont en outre blessé gravement d'autres personnes du même mouvement.


    Comme l'indique le MST, « Keno était un parmi des centaines de militants de Via Campesina qui il y a plus d'un an rendirent public pour le Brésil et le monde, les crimes environnementaux de Syngenta », chose que la transnationale ne pouvait pas laisser passer .


    En mars 2006, en même temps que se réunissait au Paraná la Convention pour la Diversité Biologique des Nations Unies et son Protocole Internationale de Biosécurité - qui régule les mouvements transfrontaliers de transgéniques -, Via Campesina Brésil avait occupé les champs expérimentaux de transgéniques de Syngenta à Santa Teresa do Oeste, illégaux puisqu'ils se trouvent trouver dans la zone du Parc National d'Iguaçu qui abrite les fameuses chutes du même nom.

    Selon la loi de biosécurité brésilienne, il était interdit de semer des transgéniques à moins de 10 kilomètres d'une zone naturelle protégée. Grâce à la notoriété de l'occupation et à la dénonciation des organisations sociales, l'autorité environnnementale, IBAMA, a condamné Syngenta à payer une amende de 500.000 dollars, ce que la multinationale n'a jamais fait. Plus tard, le gouvernement de Lula da Silva a changé la loi, réduisant la zone d'interdiction à seulement 500 mètres. Syngenta a profité de la faveur que lui faisait Lula pour faire appel du paiement. Il n'y a dans l'affaire aucune sentence définitive.

    Pour le MST et Via Campesina, l'occupation du champ expérimental est une dénonciation de l'impunité dans laquelle opèrent les multinationales de l'agro-business, envahissant des zones naturelles uniques comme le Parc d'Iguaçu, avec des transgéniques et l'usage intensif d'agrotoxiques. Mais e n outre le champ expérimental de Syngenta est voisin d'une implantation du MST qui était là antérieurement, mettant à haut risque de contamination transgénique ses variétés endogènes de maïs.

    La proposition de Via Campesina, dès le début de l'occupation, a été de transformer le champ contaminé de Syngenta en un centre de recherche et de production de semences agro-écologiques, avec des variétés paysannes, accessible à tous et sans brevets.

    En fonction de cela, en novembre 2006, le gouverneur de l'État du Paraná, Roberto Requiao, prit un décret pour dégager la zone du champ de Syngenta et établir un Centre de Référence en Agro-écologie. Syngenta se retrancha derrière le justice de l'État -dominée par les grands propriétaires - et obtint plus tard une suspension provisoire du décret et le droit de réintégrer la zone.

    Face à une décision judiciaire d'évacuation et dans un climat de menaces et de violen ce de la part de gardiens et de gardes de sécurité contractés par l'entreprise Syngenta, les 70 familles qui occupaient, décidèrent d'abandonner les lieux en juillet 2007, et de se transférer à l'asentamiento (occupation de terre légalisée) voisin Olga Benario, dans l'attente de la solution définitive.

    En octobre, il revinrent occuper le domaine - évidemment sans armes- pour reprendre leurs activités en faveur des semences créoles et de l'agro-écologie, comme une mesure de pression pour une résolution légale du conflit. C'est à ce moment-là qu'ils furent sauvagement attaqués avec des armes à feu par l'entreprise de sécurité NF contractée par Syngenta.

    La transnationale a admid avoir contracté NF, mais s'est déclarée non responsable pour l'usage des armes, qui est illégal. Néanmoins, l'organisation Terra de Direitos explique que depuis septembre ils on t présenté une dénonciation légale à la Police Fédérale et à Syngenta concernant l'usage d'armes à feu par l'entreprise de sécurité NF. La police a arrêté une femme propriétaire de l'entreprise, pour détention illégale d'armes. Syngenta, informée de tout cela, a maintenu le contrat et a ordonné l'attaque meurtrière, en pleine connaissance de la situation.

    Terra de Direitos a aussi dénoncé que deux militants du MST, Celso Barbosa et Celia Lourenço, avaient été menacés de mort et poursuivis par les mêmes tueurs et que la situation de violence et de menace dans la région est grave, étant donnée l'escalade de violence menée par la garde armée et contractée par Syngenta et les grands propriétaires de la région. Déjà en décembre dernier, dans une agression organisée par les grands propriétaires ruraux contre des militants du MST dans la localité de Cascavel, au Paraná, les agressés reconnurent des membres de Syngenta. Le 20 juillet, la garde contractée par Syngenta envahit, fortement armée, l'asentamiento Olga Benario, menaçant directement différentes personnes et déchargeant finalement ses armes contre un drapeau du MST, tout cela figurant dans un procès-verbal de la police.

    Le MST, Via Campesina et Terra de Direitos, de même que des dizaines d'organisations sociales, environnementales et de droits humains au Brésil condamnent ces faits et exigent que Syngenta soit poursuivie pour cet assassinat, que la multinationale de transgéniques paie ses fautes environnementales et sociales, restitue le champ expérimental et abandonne le pays. Des demandes justes qui méritent l'appui de tous, ainsi que la profonde reconnaissance et solidarité avec les mouvements au Brésil, pour montrer au monde les crimes environnementaux et humains que commettent ceux qui promeuvent les transgéniques et entendent monopoliser les semences, la terre et l'eau.


    Source : La Jornada

    Article original publié le  27 octobre 2007

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    Isabelle Delforge

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    Cordialement,

     

    Corinne Zannier



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