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    4/21/2008

    Rencontre avec Pierre Rabhi, éveilleur de consciences : Environnement, économie mondialisée, éthique ; peut-on faire cohabiter ces valeurs ?

    Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient, impuissants, le désastre.

    Seul le petit colibri s’active, allant chercher quelques gouttes d’eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d’un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Tu crois que c’est avec ces P. RABHI 120408gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ? »

    «  Je le sais, répond le colibri, mais je fais ma part. »

     Pierre Rabhi, « La part du colibri, l’espèce humaine face à son devenir.»

     

    … « Telle est notre responsabilité à l’égard du monde car nous ne sommes pas totalement impuissants si nous le décidons » (ibidem).

     

     

    Le 12 avril dernier, à Paris, Nature & Découvertes et le magazine Terre Sauvage ont organisé dans le cadre de leurs rencontres « Grands Témoins de la Nature », une conférence grand public avec Pierre Rabhi en invité principal, et, en tant que discutants : Yves Cochet (Les Verts, député de Paris, ancien ministre), Pierre Siquier (dirigeant de l’agence de communication Ligaris et vice-président de la fondation Nicola Hulot), et Bernard Giraud (Resp. développement durable du groupe agroalimentaire Danone).

    La discussion y a été structurée autour de trois reportages mêlant questions environnementales, économiques et sociétales.

     

    Homme sage et rare, écologiste par conviction, Pierre Rabhi est aussi philosophe[1], écrivain, conférencier, expert de renommée internationale dans la lutte contre la désertification, pour la salubrité et la sécurité alimentaires et pour l’agroécologie[2].

    L’agroécologie, dont il a mis en place les méthodes agricoles respectueuses de l’environnement, vise à adapter l’agriculture aux particularités des milieux cultivés et à tirer profit des potentialités offertes par la Nature, sans piller cette dernière ni adopter des pratiques prédatrices.

    Pierre Rabhi est également le fondateur du mouvement Terre et Humanisme[3], qui développe sa pensée et organise des séminaires et formations sur l’agroécologie.

     

    Mais il se définit avant tout comme paysan :

    « Paysan, étymologiquement c’est celui qui tient le pays et qui est tenu par le pays. Il y a comme une étreinte : on tient et on est tenu. Et c’est cette étreinte que j’ai avec un morceau de terre ardéchois depuis 45 ans. »

    « Je suis devenu écologiste à partir du moment où j’ai vu quelles étaient les pratiques agronomiques dominantes … c'est-à-dire que la terre est devenue un substrat dans lequel on met des produits pour que ça produise, et le côté approche pratiquement sensible, sensorielle, de l’être humain avec la terre qui le nourrit a été rompu, et j’ai compris que le seul avenir que puisse avoir l’humanité, c’est de se réconcilier avec le Vivant. […] Toute ma vie a été ce défi du retour à la terre, sur une terre très difficile du sud de l’Ardèche dont personne ne voulait. Cela a été comme un chemin initiatique dans lequel on se dit : est-ce que je peux démontrer, expérimenter, mettre en évidence le fait qu’un autre comportement est possible ?».

     

    Pour Yves Cochet, Pierre Rabhi fait partie des personnes qui constituent les sources d’inspiration de l’écologie politique. Pour B. Giraud (Danone), il est un « éveilleur de consciences » au même titre que Mohamed Yunus, prix Nobel de la Paix 2006 et fondateur de la Grammeen Bank, spécialisée dans le microcrédit accordé aux plus démunis.

    Car la pensée de Pierre Rabhi ne se limite pas à ses convictions environnementales ni à ses pratiques agronomiques ; C’est un autre modèle de société qu’il préconise, basé sur les idées de modération, d’éthique, de convivialité et de partage.

     

    Pierre Rabhi : « Je suis pour une civilisation de la modération et non pas pour une civilisation du toujours plus. Parce que le toujours plus veut dire que le pillage de la planète est accéléré. […] Et par ailleurs, ce que je constate, c’est que ce manque de modération, il n’instaure absolument pas de la joie ni du bonheur chez les gens ; on est dans un dilemme : on devrait être heureux parce qu’on a tout, et finalement une dimension manque, qui est celle de la joie, parce que ça ne s’achète pas ! ».

     

     

    Le premier reportage diffusé concerne l’agriculture productiviste hors-sol ; Son sujet : la culture intensive sous serres et au goutte à goutte (eau chargée en engrais et traitements divers) de tomates à Almeria en Espagne.

    Outre les méthodes de culture, le film a mis en évidence un certain nombre d’effets pervers liés à ce mode de production : paysages défigurés par des alignements de serres sur des kilomètres, pollution du sol et de la terre par les intrants chimiques utilisés malgré le retraitement des eaux de rejet, conditions de vie très dures des travailleurs saisonniers immigrés employés dans ces entreprises ; et grâce à une politique des transports favorable (très faible impact des coûts de transport par route, dans le calcul de prix de revient des tomates), inondation du marché européen par ces tomates à faibles prix de vente, au détriment de productions locales jugées économiquement moins compétitives.

    Ce sont ces tomates calibrées, sans goût, mais peu chères, que l’on retrouve toute l’année dans les linéaires des grandes surfaces, ou bien proposées par la restauration de masse.

    Car le hors-sol permet de s’affranchir de la saisonnalité des fruits et légumes et de produire en grande quantité et à bas prix un produit standardisé et banalisé.

     

    Mais pour Yves Cochet, « dans moins de dix ans, le monde va changer totalement. Non pas parce que les gens ont des projets politiques merveilleux de fraternité …, mais à cause de [la] raréfaction des matières premières, [dont le pétrole], et il y aura une relocalisation nécessaire de l’économie. Ce type d’aménagement du territoire et de distribution est condamné dans les dix ans qui viennent.» 

     

    Pierre Siquier : « dans nos civilisations européennes, il faut qu’on nous explique et il faut que les politiques aient un courage politique pour dire que le prix de l’énergie va doubler. Il y a donc une espèce de changement de civilisation qui ne passera que par une explication et une information sur les conséquences de votre comportement personnel. »

     

    B. Giraud ajoute : « Ce n’est pas que le transport, c’est l’ensemble des externalités qui n’est pas pris en compte aujourd’hui dans le coût de production. L’ensemble de la supply chain, c'est-à-dire la production mais aussi les fournisseurs, raisonne encore ainsi, selon les termes actuels de l’économie. »

     

     

    Pierre Rabhi, atterré par ces méthodes agricoles et économiques prédatrices leur oppose celles – plus douces mais tout aussi efficaces - de l’agroécologie :

    « [Il y a] un potentiel existant, qui est d’une puissance extraordinaire : il existe des plantes capables de résister à 9 mois de sécheresse ! Et il n’y a aucun laboratoire au monde, Monsanto y compris, qui pourra créer quelque chose qui a été prouvé au long des millénaires, qui s’est adapté aux milieux et qui est devenu d’une performance absolument sans égale ! »

    Il propose donc à titre d’alternative aux méthodes actuelles, de :

    « - [dresser] un véritable inventaire des ressources telles qu’elles existent ; …

    -         améliorer les façons culturales, c'est-à-dire donner la possibilité à ces espèces de démontrer toutes leurs performances ;

    Et on augmente ainsi la quantité de production d’une façon telle que l’on résoudra le problème de la faim [dans le monde] ».

     

    Optimisme que B. Giraud (Danone) souhaite néanmoins tempérer :

    « Quand on regarde l’Afrique, bien sur on peut dire qu’on va revenir aux écosystèmes, mais aujourd’hui, 50% de la population mondiale est urbanisée. Il faut prendre le monde tel qu’il est avec ses difficultés, et c’est dans ce monde-là qu’il va nous falloir trouver des solutions …

    Et si le système actuel était si mauvais, les choses seraient beaucoup plus simples : bien sur on peut dire que l’évolution des modes alimentaires dans les pays développés depuis 30 ans a eu un certain nombre d’impacts négatifs, tels que l’extraordinaire croissance de l’obésité, liée à des changements d’habitudes de vie ; mais c’est aussi autre chose : il n’y a qu’à regarder l’espérance de vie : on vit de plus en plus longtemps.

    C’est le mélange de tout ça : on doit changer mais on est dans cet horizon de confort et ça n’oblige pas forcément les gens à changer. »

     

    Et c’est là précisément que se situe le point de discorde irrémédiable entre écologistes et acteurs du monde économique :

    Quand ces derniers ne parlent que d’ « adaptations nécessaires » à réaliser dans le cadre du système actuel pour dépasser la crise environnementale qui s’amorce, les premiers n’envisagent pas d’autre solution possible qu’un changement radical non seulement de l’économie, mais de la société toute entière.

     

     

    Alors, adaptation du modèle actuel ou changement radical ?

     

    Pierre Rabhi :

    « Qu’on ne parte pas sur une ambigüité : quand on établit des systèmes hyper productifs, avec la problématique de l’alimentation, il faut aussi intégrer dans la réflexion les effets sur l’environnement et sur le patrimoine nourricier (ce sont les systèmes vivants, l’eau, etc.).

    Dans ces grands systèmes là, le sol est mort. Donc il faut toujours intégrer dans la question alimentaire la sauvegarde et la régénération du patrimoine nourricier. C’est notre démarche à Terre & Humanisme.

    Car si le patrimoine fondamental, celui qui permet de faire pousser les plantes dans les conditions les plus naturelles possibles, on va lui chercher des complications alors qu’il existe des espèces adaptées à des situations totalement incroyables, des coûts écologiques et réels s’ensuivront.

    Ce patrimoine, au fur et à mesure, se dégrade et aura de moins en moins de capacité à nourrir les populations. [Et au final,] cette surproductivité est négative ! 

    Elle est totalement négative par le fait même qu’on porte atteinte à ce patrimoine qui devrait être inaliénable, qui ne devrait pas figurer dans la spéculation, et qui, part en même temps qu’il produit des dollars

     

    André Gorz, autre pionnier de l’écologie politique ne disait pas autre chose !

    (Pour s’en convaincre, se reporter à son excellent recueil « Ecologica », paru chez Galilée en janvier 2008.

     

     

    Deuxième reportage proposé à l’assistance : il concerne cette fois l’élevage hors sol de poulets de chair en Autriche.

    L’activité de la société présentée débute avec la ponte des œufs – les futurs poulets – et se poursuit jusqu’à la commercialisation des poulets entiers ou en découpe en grandes surfaces. Les différentes étapes de la vie d’un poulet d’élevage intensif sont :

    -         Dans un premier hangar sont rassemblées les poules de reproduction auxquelles sont associées des coqs (avec un ratio établi de coqs destinés à féconder un nombre de poules déterminé). Les œufs pondus sont récupérés et mis en couveuse ; puis ils seront scannés, et, premier gâchis, les œufs non fécondés seront systématiquement détruits, les autres resteront dans les immenses couveuses électriques jusqu’à l’éclosion.

    -         Dès la naissance, les poussins sont récupérés en sortie d’éclosoirs sur des chaines automatisées et transportés dans un nouveau hangar où ils seront engraissés quelques semaines.

    -         Puis, les poulets sont capturés, entassés dans des cages et transportés jusqu’au lieu d’abattage. Raffinement suprême, un représentant de l’abattoir nous explique que les locaux sont éclairés avec une lumière bleue que les poulets ne voient pas, pour ne pas qu’ils stressent trop … car cela nuit à la qualité de la viande !
    Les poulets sont sortis des cages, accrochés par les pattes à une chaine entièrement mécanisée ; ils seront successivement étourdis, égorgés, plumés, vidés, découpés s’il y a lieu, et emballés !

     

    Pierre Rabhi résume bien le malaise ressenti par l’assistance à l’issue du visionnage de ces images parfois dures :

    « Voir ces images là, ni la raison, ni le cœur, ni l’esprit ne peuvent donner de réponse … c’est presque métaphysique quelque part … l’animal est tout de même le compagnon que l’humanité a eu depuis les origines !

    … Aujourd’hui on en arrive à ne plus du tout percevoir dans ces créatures, des créatures, mais simplement de la protéine, de la protéine sur pattes.

    … Je trouve que c’est totalement indigne de l’humanité. »

     

    Pour autant Pierre Rabhi n’est pas un apôtre du végétarisme, contrairement à la primatologue anglaise Jane Goodall.

    Lui-même consomme un peu de viande car il estime que son organisme en a besoin, et il laisse au libre arbitre de chacun, le choix de consommer ou non des matières carnées.

    « Nous sommes des prédateurs qu’on le veuille ou non. C’est simplement le problème de la prédation humaine qui outrepasse la nécessité. Vous ne pouvez pas comparer [la prédation humaine à celle des animaux] : le lion mange l’antilope, mais il n’a pas de stock d’antilopes, ni de banques d’antilopes, c’est ça la différence ! Si nous répondions strictement à nos nécessités et besoins, ces besoins sont totalement légitimes. »

     

    Ce qu’il fustige néanmoins, c’est cette promotion de la consommation de viande qui a été faite depuis une trentaine d’années, provoquant une inflation de la demande et la création de ce type d’élevages où « il faut produire le maximum de protéines dans le minimum de temps et d’espace ; ce qui fait le confinement et cette concentration ».

    Par ailleurs, pour doper la croissance des animaux de chair, on va avoir recours à l’agriculture intensive, notamment du maïs, lequel nécessite 400 litres d’eau pour 1 kg de grain récolté.

    Encore une fois, les coûts environnementaux, non répercutés dans le prix de vente de cette viande, sont énormes : épuisement des sols cultivés, pollution des sols, sous-sols et des nappes phréatiques par les intrants utilisés et les épandages des lisiers, consommation de grandes quantités d’eau.

    Tout cela pour produire, une viande abondante et peu chère, au détriment de ses qualités nutritives et qualitatives, mais surtout au détriment du respect de la vie animale, de l’éthique.

     

    Ces méthodes hors sol s’opposent radicalement à la culture et à l’élevage biologiques. Pour Yves Cochet, « il vaut mieux de la nourriture saine et de qualité que de l’alimentation productiviste. Du point de vue de l’agriculture française, cela suppose des changements pratiques et de structures. ». Mais, relève-t-il, « il y a 10 ans, il y avait plus de surface agricole utile en bio qu’il n’y en a actuellement. Il y a beaucoup de demande alimentaire bio mais l’offre est faite plutôt par les importations d’Allemagne, d’Italie, il faudrait donc qu’il y ait plus de producteurs. »

    Encore une fois, la volonté politique manque pour organiser la filière biologique et surtout pour lui accorder la place qui lui revient dans le paysage agricole français face au lobby indéboulonnable de la FNSEA, dont nous avons pu constater encore récemment la toute puissance sur la sphère politique, lors du vote de la loi réglementant les cultures d’OGM en France … 

     

    Mais n’envisager la crise environnementale et alimentaire que du coté producteur, constitue un procédé de simplification mensonger et incomplet : c’est aussi à nous tous qu’il appartient de modifier nos habitudes de consommation, pour que de simples consommateurs passifs, nous devenions des consom’acteurs responsables :  

    « Manger bio, c’est beaucoup mieux que manger productiviste ; mais il faut aussi manger saisonnier, local et plus végétal que carné. » (Yves Cochet)

     

    Pierre Rabhi : « [On parle] de sécurité alimentaire, mais il faudrait aussi introduire le terme de salubrité alimentaire : on produit massivement, mais on produit mal. On produit nuisible. On ne sait absolument pas ce qu’on ingurgite actuellement. On sait parfaitement maintenant que l’alimentation a un effet sur la santé … »

     

     

    Troisième et dernier reportage : interview de Peter Brabeck, dirigeant du Groupe Nestlé de 1997 à Février 2008.

    … Ou comment Peter Brabeck fait l’apologie des OGM comme devant régler le problème de la faim dans le monde, de la mondialisation et du productivisme comme modèle économique indépassable, se félicite quant aux importants profits réalisés par la filière eaux minérales de Nestlé …

     

    Pierre Rabhi commente :

    « Son schéma est entièrement construit autour de la notion de profit.

    L’eau est un don que la Nature a fait à chaque être humain. Il n’y a pas d’usine qui la fabrique. L’accès à l’eau devrait donc être totalement libéré.

    Et on revient toujours à cette question de modération : si on utilise l’eau sans limitation, car elle est tellement abondante qu’on ne lui donne plus aucune valeur, à un moment il va falloir instaurer une régulation.

    Mais doit-on tout réguler par l’argent ?

    Car l’argent crée des hiérarchies sociales, des potentialités sociales (celui qui a les moyens, celui qui ne les a pas, celui qui peut, celui qui ne peut pas …) ; cela revient à rééduquer complètement la société sur la valeur de la vie elle-même. »

     

     

    A titre de conclusion, chaque intervenant est invité à commenter cette déclaration de Pierre Rabhi :

    « Il ne faut pas s’accrocher aux alternatives en se disant qu’elles vont changer la société. La société changera quand la morale et l’éthique investiront notre réflexion. »

     

    Pierre Rabhi : « Je veux dire aux gens : vous pouvez manger bio, recycler votre eau, trier vos déchets, vous chauffer à l’énergie solaire … et exploiter votre prochain ; ça n’est pas incompatible !

     … Si l’être humain ne fait pas un travail pour se réadapter à une vie qui intègre la compassion, des valeurs fondamentales d’équité, etc., on pourra faire tout ce qu’on voudra : ce n’est pas le bio qui va sauver le monde !»

     

    Yves Cochet : « On va changer de vie. Pas uniquement par une élévation de l’âme mais parce que la situation dramatique qui se présente à nous va faire qu’on y sera obligé. Mieux vaut donc l’anticiper, programmer son advenue, afin qu’elle se passe dans les conditions les plus solidaires, les plus démocratiques, les plus pacifiques possibles. Moi qui connais bien le monde politique,  je crois hélas que mes collègues ne l’anticipent pas beaucoup … »

     

    Bernard Giraud : « Les entreprises sont faites avec des hommes et des femmes qui sont aussi des citoyens, qui on des enfants, une conscience.

    Ensuite, si vous voulez que les entreprises changent, vous êtes des consommateurs, des investisseurs ; assumez cette responsabilité.

    La question n’est pas seulement de s’insurger, elle est aussi d’inventer ensemble des solutions. »

     

    Pierre Siquier : « Il faut absolument faire le relais des convictions de Pierre Rabhi, même si on n’est pas à 100% en adéquation avec lui ; … c’est fondamental, car il remet l’homme au centre du débat.

    Et on crève de ça aujourd’hui, de ne plus avoir l’homme au centre du débat. »

     



    [1] Il a publié notamment : L’offrande au Crépuscule (1989, prix des sciences sociales agricoles du Ministère de l’Agriculture), Parole de Terre (1996), Graines de Possible (avec N. Hulot, 2005), Conscience et Environnement : la symphonie de la vie (2006)

    [2] L’agroécologie (à ne pas confondre avec l’agriculture biologique) repose sur des méthodes ayant pour objectif la protection des sols (lutte contre leur érosion), l’optimisation de l’utilisation de l’eau et l’amélioration de la fertilité en ayant recours aux services gratuits de la nature (utilisation de la biomasse végétale et animale, cultures associées et semis direct sur couverture permanente, …). Voir http://www.pierrerabhi.org/actions.htm pour plus de détails.

    4/20/2008

    Création de mon blog politique

    Afin de ne pas tout mélanger, afin de rendre l'information plus spécifique et plus lisible mais aussi parce que mon engagement politique s'intensifie, que l'actualité du PS, de Gauche Avenir et de PRS s'accélère (préparation du congrès, travaux de renouvellement de la Gauche, politique de casse du gouvernement actuel : état des lieux, explications, contre-propositions, ...), désormais, les informations purement politiques seront publiées sur :
     
     
     
    4/18/2008

    Tibet : Quand Kouchner défendait les droits de l'Homme sans "retenue"... et sans souci de prise en compte desintérêts de notre balance commerciale !

    1993 : Quand Bernard Kouchner préfaçait un livre sur le Tibet

    NOUVELOBS.COM | 18.04.2008 |

     

    Sans autre commentaire, voici la préface écrite en 1993 par Bernard Kouchner pour le livre "Tibet, l'envers du décor" (éditions Olizane). A rapprocher des déclarations[1] du ministre des Affaires Bernard Kouchner depuis le début de la crise en mars 2008 ...



    Le Tibet meurt de nos silences

    par Bernard Kouchner



    DES CRIS
    étouffés s’élèvent de ces montagnes et de ces hauts plateaux. Une population hurle silencieusement vers nous : les Tibétains. Un homme nous tend la main : le Dalaï-Lama. Le Tibet souffre de nos timidités et de nos conformismes. Le Tibet risque de mourir de nos silences. Lhassa ? Interrogés sur la localisation de cette capitale, la majorité des Français avouent leur ignorance. Les souffrances lointaines restent muettes si les messages ne nous parviennent pas. Et le Tibet est hermétiquement clos aux journalistes. Les envahisseurs chinois ont compris que le premier ennemi de l’oppression demeure l’information. Dès lors pourquoi s’engager et surtout comment protester si on ne sait pas ce qui se passe ? D’autres barbaries sollicitent les indignations. La conscience est en panne. Peut-on prendre l’ensemble du malheur de la planète sur soi ?... Oui. Nous le devons. Ne pas s’indigner devant l’oppression, c’est plier l’échine et se résigner. En tout cas laisser mourir les autres. D’abord, il convient d’affirmer que le Tibet est un pays, avec un passé et un présent, comme le prouve le livre riche et passionnant qui suit. En 1950, la Chine a envahi puis annexé le Tibet. Les protestations furent timides. Les diplomates occidentaux s’employèrent à gommer l’incident. Nous sortions de l’affrontement avec le nazisme, l’URSS était notre alliée et le communisme se présentait sous la forme d’une utopie acceptée. Si l’espoir collectiviste a tourné court, les peurs sont encore présentes. Avec la Chine, qui offre ses marchés, on a préféré le commerce aux Droits de l’Homme. Cela s’appelle le réalisme politique. C’est une vue de l’Histoire, mais à court terme. Toute stratégie d’ampleur, toute politique de longue haleine auraient-elles disparu, remplacées par le démarchage commercial ? Pourtant, on peut facilement dresser le bilan catastrophique de l’occupation chinoise. Plus d’un million de Tibétains auraient péri de mort violente entre 1950 et 1980 : 175.000 en prison, 156.000 sommairement exécutés, 413.000 morts de faim pendant une de ces «réformes agraires» dont les théoriciens marxistes étaient friands, 92.000 morts sous la torture; près de 10.000 se seraient suicidés. L’opinion mondiale s’émut, un temps, de l’effrayante politique de contrôle des naissances qu’impose le gouvernement de Pékin: avortement même au neuvième mois, stérilisation massive des femmes et aussi des jeunes filles, infanticides en nombre. Dissimulé, l’enfant clandestin n’aurait pas de papiers, pas de rations alimentaires. Il ne pourrait pas fréquenter l’école. Privé d’état civil, il ne trouverait pas de travail et serait réduit à l’exil par le chemin périlleux des hauts cols de l’Himalaya ou à la vie d’un animal traqué. L’horreur d’une telle politique demeure, mais les réactions se sont estompées. On n’entend ni les défenseurs des Droits de l’Homme, ni les humanitaires qui devraient tous être à l’œuvre. Que disent les écologistes pour protester contre la dévastation de l’environnement ? Contre les expériences atomiques souterraines ? Contre les stockages de déchets radioactifs? Dans le Changthang, la haute plaine où vivent les nomades, on a décimé les yaks sauvages, les cerfs musqués, les antilopes, les ânes et les chèvres sauvages. On ne voit plus les grands oiseaux du Tibet: aigles, canards, cigognes, corneilles. Les poissons dans les rivières et les lacs pollués se font rares. Que disent les démographes alors que les Tibétains sont devenus minoritaires chez eux: sept millions de Chinois importés contre six millions de Tibétains ? De 1.000 à 3.000 Chinois arrivent chaque jour au Tibet. Dans la région de Kong Po, on compte vingt-cinq Chinois pour un Tibétain. Les terres cultivables sont envahies. Les Tibétains ne trouvent plus de travail. Que disent ces médecins en charge de la santé du monde alors que la mortalité infantile atteint le chiffre de 43,7 pour 1.000 ? Que disent les politiques? Pendant que la Chine accède au capitalisme à marches forcées, créant une impression de modernité et d’ouverture économique, les Chinois au TIbet s’efforcent de détruire la religion, les institutions, la culture et les coutumes de ce peuple. A Lhassa et dans d’autres grandes villes, les Chinois ont ouvert des bars, des dancings, des salles de jeux et des vidéothèques pour dévoyer les Tibétains. Toute étude de l’histoire du Tibet est orientée, toute manifestation nationaliste réprimée durement. La liberté de religion n’existe plus. Les trésors du palais du Potala qui contient les tombeaux des Dalaï-Lamas successifs ont été détruits ou emportés en Chine. Que faire si la porte est fermée ? Que tenter si le pays est en cage ? Comment aider nos frères les Tibétains ? En soutenant un homme de notre affection et de nos initiatives. En lisant et en faisant circuler ce livre. En n’acceptant pas le fait accompli de la conquête ni l’atroce purification ethnique à l’œuvre là-bas, sur le Toit du monde comme au cœur de notre Europe. Triomphe de la pensée d’exclusion? Ce concept stupéfiant de purification ethnique a fait son chemin dans nos inconscients comme dans nos consciences. Le peuple chinois y participe qui nie le Tibet dans son existence. Je fus frappé par l’attitude des étudiants du Printemps chinois, courageux et nobles, mais singulièrement bornés sur la liberté du Tibet. Ils reproduisaient le discours du nationaliste, comme les Démocrates de Belgrade à propos du Kosovo. Oui, il convient de soutenir un homme. Pacifiste et philosophe, le Dalaï-Lama, chef spirituel des bouddhistes tibétains, à la sérénité malicieuse, nous est devenu familier. J’ai eu l’honneur de m’entretenir avec le Dalaï-Lama à plusieurs reprises. Je me souviens d’une journée précieuse passée ensemble, avec l’abbé Pierre en Dordogne. Nous avons beaucoup parlé, beaucoup appris et beaucoup ri. J’ai du respect et plus encore de l’affection pour cet homme, même si je ne partage pas le mysticisme exalté de certains de ses adeptes. Le Dalaï-Lama affirme vivre pour les autres, préoccupé d’alléger leurs souffrances pour semer à travers eux les graines de la paix. Il porte une robe de moine, se lève à l’aube pour prier et s’endort en priant, mais il ne croit pas en Dieu. Il croit en l’Homme, libre et responsable de ses actes, en la force de l’amour contre la haine, du bien contre le mal. Il pratique une religion athée, ce qui n’est pas si bizarre en ces temps de solitudes multipliées. Il s’agit d’une science de l’esprit élevée au Tibet à l’échelle d’un art magistral, un art de vivre moderne et réaliste fondé sur le contrôle de soi, l’expérience humaine et le respect d’autrui. Je reste méfiant, mais cela m’intéresse. On dit que le XIVe Dalaï-Lama est la réincarnation d’Avalokiteshvara, Bodhisattva de la Compassion infinie. Mais lui-même n’en est pas certain. En revanche, il dit en riant avoir été une chenille dans une autre vie. Qu’importe! Une prédiction très ancienne affirme aussi qu’il sera peut-être le dernier Dalaï-Lama d’une lignée jamais interrompue depuis le 14e siècle. Mais lui, y croit-il ? Il vient d’un autre monde, un monde qui fut longtemps meilleur mais qui depuis plus de trente ans agonise, victime des crimes perpétrés si loin de chez nous et de manière si insidieuse et si méthodique qu’on a presque oublié le million de Tibétains morts sous le joug chinois. Déjà dans les livres d’histoire qu’étudient nos enfants, le Tibet n’existe plus en tant que nation indépendante. On y parle de «province chinoise». L’histoire, comme les hommes, manque parfois de mémoire. Le Dalaï-Lama, que j’ai rencontré pour la première fois en 1989 à l’insu de tous, est un homme chaleureux, dont le rire fuse souvent en cascade. Lorsqu’il ne rit pas, il sourit. Avec son allure d’éternel étudiant, dans sa robe lie-de-vin frangée de safran, il n’a rien d’un «dieu vivant» comme on l’appelle parfois. J’ai vu des larmes perler à ses yeux devant six mille personnes en évoquant l’océan de douleurs dans lequel est plongée l’humanité. C’était dans le sud de la France, il y a deux ans. Chef spirituel et temporel du Tibet, il a fui son pays pendant la révolte de mars 1959 (10 000 morts) parce qu’il savait qu’il serait plus utile à l’extérieur qu’à l’intérieur, et il a formé dans un village du nord de l’Inde son gouvernement en exil. Un gouvernement démocratique que personne ne reconnaît, surtout pas les gouvernements qui se réclament de la Démocratie. Depuis, il est devenu un citoyen du monde. Il parcourt la planète pour attirer l’attention de l’opinion internationale sur les souffrances qu’endure son peuple et la tragédie à huis-clos qui se joue depuis quarante ans au Tibet, où la violation des Droits de l’Homme s’avère quotidienne et systématique. Après la Révolution culturelle et la chute de la Bande des Quatre, un tout petit pan du rideau de fer chinois s’est déchiré, dévoilant des horreurs: les enfants obligés de tirer sur leurs parents, les gens jetés vivants des avions, les moines forcés de copuler avec les nonnes, 6.000 temples détruits (des monastères parfois grands comme des villes), et des centaines de lamas, porteurs d’une culture unique sur notre planète, torturés à mort. Malgré une libéralisation de surface et la soi-disant ouverture du Tibet aux investisseurs étrangers, moyen habile de masquer la colonisation, la répression n’a jamais cessé: arrestations massives et arbitraires, transferts de population, tortures de plus en plus sophistiquées, déforestation, exploitation abusive des sous-sols miniers pour le compte des colons chinois, pollution des rivières par l’extraction inconséquente des gisements d’uranium, bases de recherches nucléaires dispersées à ciel ouvert dans le Nord. C’est clair : Pékin veut un Tibet non seulement chinois, mais un Tibet sans Tibétains. Sa situation géographique en fait une plate-forme unique pour lancer une offensive contre l’Inde et la Russie puisque les six grands fleuves d’Asie y prennent leur source. L’an dernier, Amnesty International a dénoncé la poursuite de la répression au Tibet et le parlement en exil a adopté le principe de l’envoi d’une mission à Pékin alors que les négociations entre les deux pays étaient interrompues depuis 1984. Mais ces négociations n’ont pas abouti. Un pas en avant, deux en arrière, c’est la méthode des Chinois qui continuent de refuser le compromis avancé par le Dalaï-Lama : la Chine conserverait son autorité sur les affaires étrangères et la défense si le Tibet devenait autonome dans tous les autres domaines. Le Dalaï-Lama pense que la solution des conflits est fondamentalement spirituelle, que les hommes devront se désarmer eux-mêmes avant de désarmer le monde. Il prône la responsabilité universelle (tous les êtres sont interdépendants et la notion de frontière disparaît ou tend à disparaître), ne croit pas aux idéologies, pense que la religion provoque parfois plus de querelles qu’elle n’en résout et que le but commun à toutes les religions, un but que chacun doit tenter de retrouver, est de cultiver la tolérance, l’altruisme et l’amour. J’espère qu’il a raison, même si je le trouve bien optimiste. Si le bouddhisme authentique des lamas tibétains disparaît de la surface de la terre, cette perte va créer un déséquilibre qui nous concerne tous. C’est pourquoi le drame du Tibet est aussi notre drame à tous et que nous devons en prendre la responsabilité: tel est le sentiment profond du Dalaï-Lama. Le Tibet meurt de nos silences. Est-ce un crime de lèse-majesté que d’exiger des autorités de Pékin l’ouverture sur cette zone d’ombre ? Là encore, calmement, sans provocation, avec le respect qui est dû aux autorités de la Chine, la communauté internationale, et surtout la communauté asiatique, doivent proposer, voire imposer un jour, le droit d’ingérence médiatique, le devoir et le droit d’ingérence tout court, au nom de l’urgence en faveur des Droits de l’Homme. En ces temps de certitudes brisées et de triomphe apparent de la Démocratie, alors que partout exclusions et nationalismes se renforcent, nos enfants nous jugeront sur notre attitude face aux malheurs des Tibétains.

    B. K.

     - Préface de Bernard Kouchner pour le livre "Tibet, l'envers du décor" (1993, éditions Olizane)

     

     

     

     

     

     

     



    [1] Les déclarations du ministre Kouchner sur la crise au Tibet

    Voici les déclarations du ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, sur le Tibet depuis le début de la crise, à la mi mars 2008.


    8 avril Les manifestations à Paris lors du passage de la flamme olympique "compliquent la tâche" de Nicolas Sarkozy qui a réclamé un dialogue entre la Chine et le dalaï-lama.
    "Hier, la solution s'est éloignée, notre solution à nous, - et nous, Français faisons ce que nous pouvons -, c'est la reprise du dialogue entre les Chinois et le dalaï-lama".
    Il assure "comprendre" les motivations des manifestants. "Comme c'est mon combat, je ne peux le condamner". "Mon combat ce sont les droits de l'Homme. Je ne me renierai pas".
    Parmi la communauté internationale "personne ne parle de boycotter les Jeux" dans leur intégralité. Faire organiser les JO par la Chine reste une "bonne idée" pouvant amener ce pays à évoluer.
    "Ces tensions autour des JO, autour de la flamme, ce n'est pas un complot contre la Chine", mais "il faudrait que l'on comprenne qu'il y a une inquiétude formidable, surtout des jeunes générations, dans les pays occidentaux mais pas seulement".

    7 avril "Soyons honnêtes, entre l'excès de générosité, ou la générosité toute crue, et la prudence par rapport à la politique, à l'économie, au fait qu'on ne veut rien endommager, l'équilibre est difficile".
    "Penser que la politique étrangère se résume à une attitude stricte de suivi de droits de l'Homme, c'est une illusion".
    "Il faut le comprendre, il y a aussi beaucoup d'enjeux économiques qui entraînent, évidemment, ou du travail ou du chômage en France, qui entraînent un élan économique dont nous avons besoin". "Quand on fait de la politique extérieure avec des pays aussi importants que la Chine, évidemment quand on prend des décisions économiques, parfois c'est aux dépens des droits de l'homme, ça c'est le réalisme élémentaire".

    5 avril La France ne pose "pas de conditions" à la Chine pour que Nicolas Sarkozy participe à la cérémonie d'ouverture des JO mais "tout est ouvert". "En fonction de l'évolution (de la situation au Tibet) le président décidera". "L'évolution doit être suivie mais toutes les possibilités sont ouvertes". "Tout est ouvert, la position n'est pas encore arrêtée. L'évolution nous importe".
    "Il n'y a pas de conditions dans la position de la France". "Ce serait vraiment torpiller une éventuelle participation au dialogue que de poser des conditions". "Il n'y a pas de conditions et d'ailleurs Mme Rama Yade a démenti ce mot".

    3 avril "Nous sommes émus du verdict qui vient d'être prononcé par les tribunaux chinois à l'encontre de M. Hu Jia" (un dissident chinois emprisonné, ndlr). (Communiqué de Bernard Kouchner et de la secrétaire d'Etat Rama Yade).
    "Cette condamnation est une sérieuse déception". "M. Hu Jia, militant emblématique des droits de l'homme, n'a fait qu'exercer sa liberté d'expression". "Nous souhaitons que la famille de M. Hu Jia cesse d'être inquiétée et que la Chine envisage rapidement une remise de peine".

    1er avril "Les 27 ministres des Affaires étrangères inviteront le dalaï-lama à Bruxelles si la présidence slovène le décide prochainement".
    "Puisque le dalaï-lama ne demande ni le boycott (des Jeux Olympiques de Pékin) ni l'indépendance du Tibet, il est temps de revenir (au dialogue)".

    31 mars Il indique avoir initialement accueilli avec intérêt une proposition formulée le 18 mars de l'organisation Reporters Sans Frontières (RSF) pour un boycott de l'ouverture des Jeux olympiques : "J'ai dit : c'est intéressant, il faut s'en inspirer".
    Puis il avoue avoir eu, au début de la crise du Tibet, un désaccord avec Nicolas Sarkozy sur la possibilité de boycotter cette ouverture des JO : lors d'un conseil des ministres, "nous avons eu un échange très franc avec les ministres et très singulièrement avec le président de la République. Je n'étais pas d'accord avec lui, non seulement je le lui ai dit, bien sûr respectueusement, mais sur le fond je n'ai rien cédé". "Et j'ai été très heureux de voir que finalement, dans sa déclaration de Tarbes, il reprenait à peu près ce que j'avais dit" (en se référant aux propos de Nicolas Sarkozy le 25 mars dans lesquels il n'excluait pas de ne pas assister à la cérémonie d'ouverture des Jeux de Pékin).
    "Si l'évolution est tragique, ce que je ne souhaite pas, ce que je ne crois pas, nous en tirerons les conséquences, nous en tiendrons compte".
    "Le boycott des Jeux olympiques, personne n'y croit, personne n'en veut, mais le boycott d'une manifestation à l'occasion de l'ouverture (...) ça va dépendre bien entendu de l'évolution des choses".

    26 mars
    "Pour les gens (le dalaï-lama) est un chef religieux, c'est le guide du peuple tibétain. Selon moi, il faudrait donc le rencontrer (...) mais ce n'est pas moi qui décide". "Boycotter les jeux n'aurait aucune efficacité". "Pour la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques, nous verrons en fonction de l'évolution de la situation. Nous allons en parler à 27, vendredi, lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne". "Ce serait formidable si nous pouvions dégager une position commune". Il ne faut pas "offenser les Chinois", mais "avoir de la patience, de la patience, de la patience". "Je dis que pour faire accepter certaines avancées aux Chinois, mieux vaut ne pas les braquer. On doit tenir compte de la réalité".

    25 mars
    "Cette répression (chinoise) n'est pas supportable". "Ce qu'il faut, c'est que la violence cesse, bien sûr de part et d'autre, mais, surtout, que la répression cesse". "Le dalaï-lama ne réclame pas le boycott. Ne soyons pas plus tibétains que les Tibétains".
    Il souhaite que les ministres des Affaires étrangères européens adoptent une position commune tenant compte à la fois des "relations avec ce grand pays qu'est la Chine" et "des souffrances des Tibétains et des violences actuelles". "Nous ne cessons de demander, et le président (Nicolas Sarkozy) hier encore, qu'elles cessent, ces violences".

    19 mars Sur la proposition de demander aux chefs d'Etat de boycotter l'ouverture des Jeux olympiques de Pékin pour protester contre la répression au Tibet : "Ce n'est pas une mauvaise idée" mais "ça paraît irréaliste". "Il y a des tas de bonnes idées qui ne sont pas applicables". "Les positions d'hostilité sont toujours très mal interprétées". Il "
    faut être plus réalistes" et "parler positivement avec une chance d'être entendu". "L'hostilité face à nos amis chinois ne sera pas payante. Inventons autre chose. Les Chinois sont attentifs à ce que les Jeux de Pékin se déroulent bien et je pense qu'ils écouteront plus facilement".

    14 mars
    "La présidence slovène (de l'UE) nous a proposé un texte que nous avons accepté, c'est un texte en trois paragraphes qui demande de la retenue, qui demande que les personnes arrêtées manifestant pour le Tibet (...) soient relâchées". "Nous avons demandé très clairement que le respect des droits de l'Homme soit assuré (...) la condamnation est forte, venue de l'ensemble du conseil européen et des 27 pays membres".

     

    4/16/2008

    Lancement d’un manifeste anti-RGPP

    Le service public est notre richesse,

    Mobilisons-nous !


    A lire, à signer, à diffuser aussi largement que possible ...
     
     
    Salutations militantes,
     
    Corinne ZANNIER
    SF Parité Fédération PS 93
    Signataire Gauche Avenir 


    Lancement d’un manifeste anti-RGPP
     

    «Nous souhaitons lancer une véritable mobilisation citoyenne, en plus des actions syndicales qui vont s’engager», a indiqué le 15 avril Gérard Aschieri. Le secrétaire général de la FSU était entouré d’une brochette de représentants syndicaux et associatifs pour présenter un manifeste, au titre explicite : «Le service public est notre richesse, mobilisons nous !». La CGT fonction publique, Solidaires, Attac, AC Le Feu, la fondation Copernic et la Ligue des droits de l’homme étaient notamment représentés. Jacques Marsaud, administrateur territorial, Bernard Derosier, président du Conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT) ou André Laignel, secrétaire général de l’AMF, figurent parmi les premiers signataires de ce texte.
    Lors de sa présentation, Anicet Le Pors, ministre de la fonction publique de 1981 à 1984, co-auteur des lois de 1983, se montra solennel. «C’est la conception du service public, basée sur l’égalité d’accès aux emplois publics et la responsabilité des agents, autant de principes fondés eux-mêmes sur la déclaration des droits de l’homme, que l’on veut mettre à mal», a déclaré le conseiller d’Etat. «Le fait même qu’un quart de la population active soit soustraite à la loi du marché par le statut, cela est intolérable pour les tenants du libéralisme qui nous gouvernent», a poursuivi l’ancien ministre.
    «De fusion en restructuration, d’externalisation en privatisation et de flexibilité en précarité, une vaste opération de destruction des fondements du service public et de la fonction publique s’accélère sous nos yeux», déplorent les auteurs. «La RGPP est le plus récent développement de cette campagne», analysent-ils.
    Se défendant d’être des partisans de l’immobilisme, ce collectif assure vouloir «une modernisation de la fonction publique en réponse à l’évolution marchande, inégalitaire et destructrice de la société». «Nous réaffirmons, concluent-ils, que le statut des fonctionnaires est là pour garantir à tous les usagers la défense d’un intérêt général qui ne se réduit pas à la somme des intérêts particuliers».

    En savoir plus
    - Le site du manifeste
    - Le blog d’Anicet Le Pors




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    4/11/2008

    Communiqué de la Confédération Paysanne : Projet de loi sur les OGM


    > Le projet de loi sur les OGM a été voté le 9 avril 2008 par 518 députés
    > présents ou représentés, dont 477 votants : 249 pour, 228 contre.
    >
    > La majorité absolue était à 239 voix ...
    >
    > Par ailleurs, l'amendement Chassaigne sera selon les déclarations de
    > François Fillon remis en cause en seconde lecture au Sénat.
    >
    > Pour vous informer sur cet amendement :
    > http://amendement252.blogspot.com/2008/04/prserver-les-territoires-et-promouvoir.html
    >
    > Pour que soit cet amendement soit maintenu, signez et faites signer la
    > pétition :
    > http://petition2.yeppa.org/index.php
    >
    >
    > Principaux points du projet de loi sur les OGM, adopté mercredi par
    > l'Assemblée :
    >
    > PRINCIPES GENERAUX
    >
    > - La liberté de consommer et de produire avec ou sans OGM, sans que cela
    > nuise à l'intégrité de l'environnement et à la spécificité des cultures
    > traditionnelles et de qualité, est garantie dans le respect des principes
    > de précaution, de prévention, d'information, de participation et de
    > responsabilité en vigueur.
    > - Les OGM ne peuvent être cultivés, commercialisés ou utilisés que dans le
    > respect de l'environnement et de la santé publique, des structures
    > agricoles, des écosystèmes locaux et des filières de production et
    > commerciales qualifiées sans OGM.
    >
    > HAUT CONSEIL DES BIOTECHNOLOGIES
    >
    > - Le Haut conseil a pour mission d'éclairer le gouvernement sur toutes
    > questions intéressant les OGM ou toute autre biotechnologie.
    > -Il peut se saisir d'office, à la demande de l'Office parlementaire
    > d'évaluation des choix scientifiques et technologiques, ou à la demande
    > d'un député ou d'un sénateur, des associations de défense des
    > consommateurs ou de protection de l'environnement.
    > - Il rend un avis sur chaque demande d'agrément, déclaration, ou demande
    > d'autorisation en vue de l'utilisation confinée ou de la dissémination
    > volontaire d'OGM
    > - Il est composé d'un "comité scientifique" et d'un "comité économique,
    > éthique et social". Son président est un scientifique, choisi en fonction
    > de ses compétences et de la qualité de ses publications.
    >
    > COEXISTENCE DES CULTURES
    >
    > -Les parcs nationaux et les parcs naturels régionaux peuvent, avec
    > l'accord unanime des exploitants agricoles concernés, exclure la culture
    > d'OGM sur tout ou partie de leur territoire.
    > - Lorsque cela est nécessaire à la protection d'un signe d'identification
    > de la qualité et de l'origine, cette protection peut être renforcée.
    > -Les conditions techniques relatives aux distances sont fixées "par nature
    > de culture". Elles doivent permettre que la présence accidentelle d'OGM
    > dans d'autres productions soit inférieure au seuil établi par la
    > réglementation communautaire.
    >
    > DELIT DE FAUCHAGE ET RESPONSABILITE
    >
    > -Le fait de détruire ou de dégrader une parcelle de culture OGM autorisée
    > est puni de deux ans d'emprisonnement et de 75.000 euros d'amende. La
    > peine est portée à trois ans et 150.000 euros pour une parcelle destinée à
    > la recherche.
    > - Tout exploitant agricole, autorisé à mettre en culture un OGM et à le
    > mettre sur le marché, est responsable, de plein droit, du préjudice
    > économique résultant de la présence accidentelle de cet OGM dans la
    > production d'un autre exploitant agricole, dont les apiculteurs.
    >
    > DISPOSITIONS DIVERSES
    >
    > - L'autorité administrative établit un registre national, indiquant la
    > nature et la localisation des parcelles culturales ensemencées d'OGM. Les
    > préfectures assurent la publicité de ce registre par tous moyens
    > appropriés, notamment sa mise en ligne sur l'internet.
    > - Création d'un Comité de surveillance biologique du territoire, composé
    > de personnalités désignées, compétentes dans l'écotoxicologie, les
    > sciences agronomiques, ou la protection de l'environnement et des
    > végétaux.
    >
    >
    > Autre info
    >
    > Pour ceux qui n’ont pas encore vu le film de Marie-Monique Robin, Le
    > monde selon Monsanto séances de rattrapage sur les chaînes suivantes
    >
    > • Dimanche 13 avril à 14 h LCP –assemblée nationale
    > • Samedi 19 avril à 9h45 Arte
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    4/9/2008

    La flamme vacillante des JO de Pékin

    Après ce passage mouvementé d'une flamme quelque peu vacillante, après toutes ces agitations politico-médiatiques, je souhaite apporter quelques réflexions sur la situation actuelle du Tibet, et ses retombées sur les prochains JO de Pékin …

    D'abord, quant à l'intervention très longue et circonstanciée de J-L Mélenchon :
    J'apprécie en général les prises de position de J-L Mélenchon, mais là, si son analyse globale est fondée, celle expliquant les valeurs et l'histoire du Tibet est en revanche " arrangée ", biaisée et remplie de mauvaise foi, de raccourcis bien pratiques pour créer des amalgames qui entérinent sa vision personnelle.
    Moi aussi je pense que nous devons défendre sans relâche la notion de laïcité qui est un des piliers de notre République, mais pour autant je ne porte pas des œillères et je peux envisager qu'il existe d'autres modes de fonctionnement de la société, d'autres fondements que ceux adoptés par notre pays. Refuser cela, c'est avoir une pensée raciste, légitimer la ségrégation, avoir une vision "colonialiste" du monde.
    Les propos qu'il tient sur le Dalaï Lama en particulier, me semblent injustes et insultants ; qu'il ne l'aime pas, soit, mais cela n'engage que lui, et les propos acrimonieux qu'il a tenus n'apportent rien au débat d'idées !

    La vision plus posée, réfléchie, de Paul Quilès ( http://paul.quiles.over-blog.com/ ) m'apparait donc naturellement plus apte à entamer un vrai débat, car il serait vraiment décevant de constater, dans quelques jours, que l'intérêt des Français pour les droits de l'Homme au Tibet, a été éclipsé rapidement, " zappé " par une nouvelle information jugée plus " sensationnelle " et donc plus digne d'intérêt par les medias, qui semblent désormais chargés de délivrer au bon peuple un " prêt à penser " confortable, délivrant bonne conscience et sujets de conversation prémâchés …
     
    Car la véritable question, c'est : pourquoi avons-nous permis que les jeux de 2008 se déroulent en Chine, alors même qu'on connaissait la nature du régime politique de la Chine Populaire ?
    Sommes nous donc si naïfs pour croire, qu'outre la construction d'infrastructures sportives, hôtelières et de communication, la préparation des JO allait aussi accélérer la construction démocratique dans ce pays ?
    Disposons-nous d'un seul exemple dans ce sens ? Certes non, il n'y a qu'à se souvenir des jeux de Berlin …
    Alors, que ces jeux olympiques servent de détonateur, effectivement c'est bien triste pour tous ces sportifs du monde entier qui s'entrainent depuis des années, et attendent ce moment unique de leur carrière depuis longtemps, ...
    Oui, c'est bien triste, mais pour autant, devons nous continuer à fermer les yeux ? Nous repaître d'exploits sportifs et d'images soigneusement maitrisées d'une Chine moderne, actrice de la mondialisation, dynamique économiquement … quand à quelques kilomètres de là, des hommes sont injustement emprisonnés, certains torturés, spoliés de leur terre, interdits de pratiquer leur langue, leur culture ?

    Ensuite il est évident qu'il n'est pas facile de prendre une décision maintenant, à 4 mois de ces jeux : lorsque le CIO et les gouvernements des pays participants ont accepté la candidature de la Chine, ils l'ont fait en pleine connaissance de cause.
    Et boycotter ces jeux constituerait finalement l'aveu tardif de leur - et de notre - peu d'intérêt pour les droits de l'homme alors qu'ils ne cessent par ailleurs de rappeler la symbolique de fraternité des JO, de saine émulation entre sportifs du monde entier, au-delà de tout ce qui fait nos différences le reste du temps … Mais foutaise que tout cela, seuls ont compté, et comptent encore maintenant les retombées financières de la manifestation, la promesse de contrats commerciaux dont elle est porteuse !

    Cela fait des années que des associations de défense des droits de l'homme tentent d'alerter l'opinion publique sur ce qui se passe au Tibet, sans le moindre résultat tangible, car ce sujet n'intéressait - il y a peu encore - ni le grand public, ni les rédactions des grands journaux occidentaux.
    Le scandale éclate maintenant, à la faveur d'émeutes fort opportunément déclenchées ces dernières semaines (mais il y en a eu d'autres, dont on n'a pas parlé, réprimées dans le silence …) ; doit-on s'en réjouir ou le déplorer ?

    Je ne sais pas. Toujours est-il qu'enfin on parle de la souffrance du peuple Tibétain, on soulève le voile sur les injustices et les pillages commis par le gouvernement chinois non seulement sur le territoire tibétain, mais également sur celui de la plupart des autres minorités constituant la Chine Populaire, pour permettre à l'état chinois de poursuivre sa croissance économique à un rythme soutenu.
    La vérité éclate enfin, et il ne faut pas que cette crise se termine sans que des avancées démocratiques ne soient obtenues par les peuples concernés. Ici, c'est notre vigilance citoyenne qui est interpelée.
     
    Bien sur, il ne faut pas seulement avoir une vision angélique de cette crise: ce n'est ni plus ni moins qu'un affrontement "délocalisé" entre la Chine et les USA, pour la suprématie économique et militaire du monde ... mais au milieu, il y a des civils tibétains innocents qui trinquent ... Alors oui, il faut continuer à parler de ce soulèvement tibétain et demander aux Chinois de cesser leurs exactions, même si cela doit gâcher la fête des JO !
    Et je maintiens que condamner les Tibétains et les droitsdel'hommistes qui les soutiennent au motif qu'ils ne sont que des naïfs manipulés par les Etats-Unis, lesquels tentent ainsi de faire obstacle au géant chinois qu'ils n'osent pas affronter en face pour ne pas compromettre la réalisation de contrats en cours, c'est abject.