Corinne's profilecoPhotosBlogListsMore ![]() | Help |
|
4/25/2009 Admirer le lilas en fleur et oublier le sécateur ...... Un article rafraichissant, de saison, ... qui change un peu des nouvelles égrenées par les medias depuis la rentrée : entre parachutes dorés, bouclier fiscal, et résultats boursiers insolents pour les uns vs plans sociaux, perpectives de chômage durable, de lendemains qui déchantent, de pouvoir d'achat qui fond comme neige au soleil pour les autres ... Allez : une grande bouffée de lilas odorant ... et retrouvons nous tous dans la rue le 1er mai prochain !!
Admirer le lilas en fleur et oublier le sécateurLE MONDE | 25.04.09 | Les lilas sont en fleur et embaument. Mauves, violets, blancs, pourpres, simples ou doubles, ils portent d'innombrables grappes aux fleurs souplement relâchées. S'il ne pleut pas, elles vont faner sans rouiller, ce qui enlaidit cet arbuste qui peut atteindre de grandes proportions, vivre très longtemps et supporter bien des outrages. Le lilas pousse facilement. Il lui faut juste une terre qui ne soit ni détrempée l'hiver ni desséchée l'été. Le calcaire ne lui fait pas peur, sauf bien sûr si le sol est vraiment trop crayeux et sec ; les terres acides, si elles sont fertiles, lui conviennent très bien aussi. Hélas !, celles qui sont sableuses sont souvent très sèches l'été et très pauvres en éléments nutritifs ! Dans les premiers temps, le lilas boude, surtout s'il a été planté déjà grand. Il peut ainsi, les deux premières années, ne faire que de petites pousses. Ensuite, il poussera vite, si on le laisse tranquille et s'il est content là où il est.
Curieusement, les drageons prélevés en automne au pied d'un vieux spécimen, hauts d'une cinquantaine de centimètres et immédiatement replantés, poussent parfois très vite.. Le lilas aime le soleil, mais il supporte la mi-ombre. Planté au nord, ou à l'ombre portée de grands arbres, il se développera, mais ses fleurs seront éparses et sa charpente fluette aura tendance à lui donner une silhouette dégingandée. Bon garçon, le lilas peut pousser en haies sauvageonnes, associées à des arbustes de taille semblable, comme le cytise jaune, le sureau doré ou pourpre ou l'arbre de Judée, cette autre splendeur printanière dont les fleurs rose vif s'épanouissent, comme celles du cacaoyer, à même les grosses branches et le tronc ! Il peut aussi dans un grand, très grand jardin, constituer des bosquets admirables. Et le lilas ne classe pas son propriétaire : ornement du jardin des rois, il est le héros des jardinets modestes où il s'acoquine avec le myosotis, la rose et les giroflées. Il est partout chez lui et sait même passer par-dessus les murs pour envahir ruelles et terrains vagues. Chez un voisin ami, un splendide lilas mauve a élu domicile au sommet d'un haut mur de pierre monté à la chaux. Une graine déposée là par un oiseau a germé, voici une trentaine d'années : les murs à l'entour sont d'ailleurs une pépinière de petits ifs, d'herbes à verrue, de la plante qui porte le joli nom de ruine romaine... L'arbuste s'est développé, ses racines se sont frayé un chemin entre les pierres. Aucune sécheresse ne l'a fait crever et l'on devine que ses racines puisent l'eau par capillarité dans la terre, très humide à cet endroit-là, à travers le mur. Il fait environ 1,50 mètre de hauteur, bonsaï naturel que personne n'a envie de retirer ou de tailler. Le secret pour avoir un beau lilas consiste à ne pas le tailler si l'on ne sait pas comment s'y prendre et surtout à ne jamais couper des grandes branches pour en faire des bouquets. C'est un massacre inutile qui défigure l'arbuste pour des années et des années. Seules des branchettes peuvent être prélevées avec une quinzaine de centimètres de bois sur des arbustes vieux. Les pépiniéristes en vendent en ce moment de jolis pieds en conteneur et en fleurs, ce qui permet de choisir la couleur. Alain Lompech
4/24/2009 Miss.Tic, tatoueuse de villes (Le Monde)
J'ai souhaité partager avec les lecteurs de ce blog ce portrait de Miss.Tic paru dans Le Monde, portrait d'une artiste de la rue que j'adore, dont je traque désespérement les graphes sur les murs de Paris, depuis des années...J'ai découvert ses oeuvres éphémères au début des années 1990, dans mes années étudiantes.Découvrir au hasard d'une balade dans Paris, sur un bout de mur gris et tristounet les maximes étonnantes de Miss.Tic, ses jeux de mots remplis de poésie, ses créatures affriolantes, quel régal ... Miss.Tic, on ne sait jamais où tu vas apparaître, et ça aussi ça fait partie de ta magie, du bonheur de te rencontrer au détour d'une rue, d'un recoin sombre et improbable ...
Ma phrase préférée de Miss.Tic qui me poursuit depuis toutes ces années : "Quand on vous voit, on vous aime ... Quand on vous aime, où vous voit-on ?" Miss.Tic, tatoueuse de villesLE MONDE | 16.04.09 |
TINA MÉRANDON POUR "LE MONDE" L'artiste Miss.Tic. Elle a une façon bien à elle d'écarter les questions qu'elle juge sans importance. Avec douceur, la moue dubitative, le regard noir de l'enfant qui prépare une bêtise, elle fait mine de ne rien avoir à dire. C'est ainsi qu'elle décourage toute tentative analytique sur son pseudonyme. Miss.Tic n'est autre que la signature - trouvée dans un vieil album de Picsou - qu'elle a décidé d'adopter, dans les années 1980. C'est devenu son nom. Une identité choisie. La seule qui apparaisse sur l'interphone de son immeuble, à la porte de son atelier du 13e arrondissement de Paris, sur ses toiles et les façades urbaines. Même ses amants, qui étaient les seuls à avoir le droit de murmurer son prénom, disent, depuis 2002 (allez savoir pourquoi ?!), Miss.Tic. "Il n'y a plus que le fisc et les flics qui connaissent ma véritable identité." Beaucoup plus joueuse et pudique que soucieuse de cultiver le mystère, ce petit bout de femme aux longs cheveux noirs, née à Paris en 1956, se méfie des fouineurs qui ramènent tout à l'intime, se ruent sur le pathétique. "Je sais qu'au vu de certains épisodes de ma vie, je fais rapidement Cosette. Je ne veux pas en faire un fonds de commerce." Deux livres sont récemment parus sur elle. Miss.Tic. Je prête à rire mais je donne à penser (Grasset 2008), qui réunit textes et dessins de l'artiste ; et Miss.Tic, femme de l'être, de Christophe Genin (éd. Les impressions nouvelles, 2008), qui étudie son itinéraire et son travail avec retenue. Cela lui va bien. Toujours "droite dans ses talons aiguilles", plutôt que dans le ressassement. Miss.Tic est définitivement du côté de la vie. Elle le sait depuis longtemps. Elle n'a que 10 ans quand un accident de voiture tue plusieurs membres de sa famille, dont sa mère. Le drame ne fait qu'aiguiser un peu plus son désir d'agir, d'avancer, de considérer l'existence comme une chance inouïe. "Vous savez, perdre quelqu'un est difficile, mais c'est tout de même l'autre qui meurt", dit-elle, paraphrasant l'épitaphe du surréaliste Marcel Duchamp. Six ans plus tard, quand son père décède, elle quitte Orly et ses cités, sur un Solex. Direction Paris où elle loue une petite chambre de bonne dans le 6e arrondissement. Elle rêve du Saint-Germain-des-Prés de Boris Vian et de Juliette Gréco, ne trouve que des endroits ringards qui "puent le tabac et la vieille bière". En 1980, elle rejoint son copain aux Etats-Unis où, durant deux ans, dans les milieux underground du hip-hop, de la drogue et de l'alcool, la jeune fille tombe dans les excès, s'éloigne d'elle-même. Retour à Paris. Les bandes des Frères Ripoulain et de Vive la peinture (VLP) détournent les affiches, peignent les murs et les palissades. D'abord spectatrice, elle finit par rejoindre le mouvement. "J'aimais bien cette démarche populaire, cette approche pratique de l'art." Elle sort d'une rupture amoureuse difficile. Son premier pochoir sera l'ultime message adressé à l'homme aimé. "Je voulais lui donner une réponse intelligente, mais pas hystérique." Elle bombe "J'enfile l'art mur pour bombarder des mots coeurs". Signe Miss.Tic et, pour incarner son texte, dessine son autoportrait. L'intéressé la (et se) reconnaîtra. Trente ans plus tard, il suffit de mettre bout à bout ses phrases et ses silhouettes de femmes sexy - en robe noire, soutien- gorge et porte-jarretelles, ou nues et offertes, ligotées et soumises - pour retracer son parcours, entendre les soupirs et les désirs qui l'ont traversée. "Je ne me suis pas laissé défaire", "Prends mes jambes à ton cou", "Fais de moi ce que je veux", "Avec l'amour le temps passe vite avec le temps l'amour passe moins souvent"... Sa vie, elle n'a cessé de la raconter sur la face des murs. Précisant au fil de ses jeux de mots et de leurs indécences pudiques les traits d'un caractère bien trempé. "Souvent une chose et son contraire, pudique et provocatrice ; grande généreuse qui déteste les bons sentiments", souligne son assistante et amie, Christine Gabin, dite "La Gabin". "Miss.Tic est avant tout quelqu'un d'extrêmement réglo, pragmatique dans sa manière d'aborder sa vie et son art." Une femme séductrice et libre, féministe évidemment mais pas militante. "Je suis une grande amoureuse, une nymphomane monogame qui change souvent d'homme", s'amuse-t-elle au souvenir de ses nombreux amants, ses quelques grandes histoires d'amour et ses deux mariages. Les hommes : omniprésents dans sa vie, quasi absents de ses pochoirs. "Je ne sais pas les dessiner. Quand j'essaie, ils ont tous la tête de Ken (le fiancé de la poupée Barbie)." Femme mais pas mère. Elle n'a jamais eu envie d'enfant - "J'aime trop jouer pour m'intéresser au jeu des autres." Et l'a inscrit joyeusement, comme à son habitude, à la bombe : "Protégeons les enfants utilisons des préservatifs." Elle a connu l'époque tranquille des rues sombres dont elle peignait les murs sans teinte pour tenter d'égayer le passant. Puis la loi qui se durcit au tout début des années 1990, la traque des policiers, les nuits au poste et... le procès de trop. En 1999, elle est condamnée à verser 22 000 francs (3 385 euros) au propriétaire d'un immeuble sur lequel elle avait écrit "Egérie et j'ai pleuré". "Cela m'a fait réfléchir. Je voulais continuer de travailler mais autrement. Je me suis consacrée à l'illustration, l'édition. Pour la rue, j'ai demandé des autorisations." Miss.Tic, qui s'était offert la plus ouverte des galeries, la rue, se voit refuser par des galeristes. Mais tous ne réagiront pas ainsi. Dès 1986, pas une année ne passe sans qu'elle soit exposée, en France et à l'étranger. Le Victoria and Albert Museum de Londres et le Fonds d'art contemporain de Paris ont acquis des oeuvres de Miss.Tic. Les marques la réclament, Kenzo, Louis Vuitton, Lamarthe... Puis le théâtre et le cinéma, pour dessiner des affiches. "Il y a de l'humour, de la santé, de l'intelligence dans la création de cette artiste qui a magnifiquement su ne pas se laisser enfermer dehors", admire la comédienne Andréa Ferréol. Miss.Tic aime bouger, s'adapter, douter, travailler. Son oeuvre suit le mouvement. "Contrairement à beaucoup d'artistes qui viennent de la rue, elle a su créer un langage et le faire évoluer, remarque Pierre Cornette de Saint-Cyr, commissaire-priseur et président du Palais de Tokyo, à Paris. En tatouant la peau des villes, elle s'est inscrite dans le prolongement des affichistes du mouvement néoréaliste fondé par Pierre Restany." Et de tout ce trajet, s'il ne devait rester qu'une seule chose, ce serait probablement les mots. Ils sont au commencement de tout. Chez elle, les bibliothèques débordent. Littérature, philosophie, psychanalyse, sociologie... "Devenir simple, c'est compliqué." Les livres l'y ont aidée. Véronique Cauhapé
Parcours 1956 1976 1985 1986 2000 2007 2009 4/12/2009 Un nouveau Front populaire, par Paul Quilès et Marie-Noëlle LienemannUn nouveau Front populaire, par Paul Quilès et Marie-Noëlle Lienemann
Point de vue publié dans le journal Le Monde du 9 Avril 2009. Pour signer la pétition pour un logiciel de la victoire en 2012, cliquez ici : http://petition.gauche2012.org/index.php?petition=2&signe=oui A crise s'approfondit, les mécontentements se multiplient et l'attente de changement est là, mais la gauche n'incarne, pour l'heure, ni une véritable alternative ni une alternance prometteuse. L'une et l'autre sont pourtant nécessaires, urgentes, indissociables, car l'incertitude des temps et le malaise social peuvent enclencher un cycle bien connu dans l'histoire : désespérance, impasse, peur, révoltes, restauration de l'ordre et durcissement réactionnaire. L'absence d'un débouché politique crédible apparaît comme un danger majeur pour la démocratie. Cependant, rien n'est joué, à condition que les dirigeants de gauche veuillent bien sortir de la léthargie actuelle, en posant, enfin, la question de la stratégie pour gagner la prochaine élection présidentielle. La posture du PS, qui consiste à présenter quelques propositions programmatiques, à chercher à assurer sa position dominante par rapport aux autres candidats de gauche et à compter sur le rejet de Nicolas Sarkozy pour capitaliser les voix de gauche au second tour, s'est avérée par trois fois inefficace. Cela risque de durer si les nombreuses ambitions personnelles, faciles à décrypter et contradictoires, continuent à paralyser tout choix stratégique. Certains proposent de conserver la réponse "classique", en la complétant par l'organisation de primaires, afin de trouver le "bon" candidat censé sauver la gauche. Outre le fait que la méthode n'a pas été suffisante en Italie pour empêcher la défaite et que la culture politique américaine est très différente de celle de la France, chacun mesure bien que le choix des Français ne se fera pas seulement sur la personnalité du présidentiable, mais sur sa capacité à proposer une sortie de crise. De plus, cette méthode fait l'impasse sur la question majeure, qui constitue la condition essentielle de la victoire : l'unité de la gauche. A la présidentielle, c'est toujours le camp le plus uni qui l'emporte. Il s'agira en 2012 de présenter un projet collectif en phase avec les attentes du peuple de gauche. Aucune des forces en présence ne peut prétendre le porter seule, pas même le PS. Sans l'unité, il ne sera pas possible d'élaborer une nouvelle synthèse qui dépasse les antagonismes passés, les rancoeurs accumulées, les procès d'intention plus tournés vers le passé que vers l'avenir. Sans l'unité, les Français demeureront dubitatifs sur la capacité de la gauche à gouverner et à transformer. Il y a urgence à lancer un nouveau Front populaire ! IMPOSER DES MESURES PLUS JUSTES On ne plus s'en tenir à une référence formelle au rassemblement, sans définir comment le réaliser, sur quelles bases, avec qui, selon quel calendrier. Nous proposons, au contraire, une démarche éloignée des tentations mortifères de l'hyperprésidentialisation, qui mette en avant le projet, le programme, de façon à créer les conditions d'une reconquête et d'une victoire. Cette démarche comprendrait : 1 - L'organisation immédiate d'une "convergence des gauches" (politiques, syndicales, associatives, citoyennes) pour faire reculer le gouvernement, imposer des mesures plus justes, présenter une autre logique que celle de Nicolas Sarkozy. 2 - La création d'un "Comité pour un nouveau Front populaire", avec le même souci d'associer, avec les partis, toutes les forces qui s'engagent à gauche. Ce comité préparerait des "Etats généraux de la gauche", dégageant des thèmes fondateurs en vue de la mise au point d'une charte pour l'élection présidentielle, à achever avant mi-2010. 3 - L'élaboration, sur la base de cette charte, du programme d'un candidat unique de la gauche à l'élection présidentielle. 4 - L'organisation de primaires, où les militants des organisations signataires de la Charte seraient consultés, prendrait alors tout son sens. La constitution de ce nouveau Front populaire est la seule voie sérieuse pour organiser la victoire de la gauche en 2012. Les responsables politiques de la gauche seront-ils à la hauteur de cette attente ?
Votre correspondant a choisi Hotmail et profite d'un stockage quasiment illimité. Créez un compte Hotmail gratuitement ! |
|
|