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5/20/2009 Le Monde - Grippe A : il faut en finir avec les usines à virus, par Marie-Christine Blandin et José BovéGrippe A : il faut en finir avec les usines à virus, par Marie-Christine Blandin et José Bové Point de vue, LE MONDE | 20.05.09 | Face à un risque d'épidémie voire de pandémie d'une nouvelle forme de grippe mutante, manifestement plus virulente que les grippes habituelles, il est légitime que les pouvoirs publics s'attachent, dans un premier temps, à mettre en place des dispositifs destinés à limiter la propagation de la maladie. Mais comment ces dispositifs pourraient-ils être efficaces à long terme si les institutions nationales et internationales ne s'interrogent pas sur tout ce qui peut favoriser les mutations dangereuses des virus compatibles avec l'espèce humaine ? Nous ne pouvons pas nous contenter de "gérer la crise", en attendant les suivantes. Nous avons au contraire la responsabilité directe de mettre fin aux dérives meurtrières de l'élevage industriel et hors sol, si aseptisé qu'il constitue un dangereux réceptacle reproducteur et multiplicateur pour de nouvelles formes de virus et de bactéries résistantes aux antibiotiques. Les élevages industriels de porcs et de volailles sont de véritables bombes sanitaires à retardement, au même titre que des bouteilles de gaz dans un incendie, et leur éradication est aussi urgente pour l'humanité que celle de l'arsenal de telle ou telle dictature. Le choix d'élevages hors sol et de logiques industrielles implique nécessairement de forts risques pathogènes. En effet, animaux et humains ne peuvent survivre dans ces conditions qu'en recourant à une panoplie pharmaceutique considérable : tout éleveur industriel de volailles ou de porcs doit soumettre ses animaux à des traitements antibiotiques pratiquement continus, d'autant plus forts que la concentration et le stress des animaux sont importants. Qui oserait nier que de telles conditions favorisent la mutation adaptative constante des virus et des bactéries ? Il n'est guère surprenant qu'une étude de l'Inserm (Aubry-Damon et coll.) ait montré récemment la présence de bactéries résistantes aux antibiotiques chez les salariés d'élevages industriels de porcs. Mais ces élevages ne stimulent pas seulement la résistance bactérienne et virale, ils sont aussi de véritables terrains d'entraînement favorisant les recombinaisons et, le cas échéant, la duplication en nombre et la diffusion des agents pathogènes. Des scientifiques de l'Agence nationale des instituts de santé publique des Etats-Unis l'ont expliqué : "Parce que les élevages fortement concentrés ont tendance à rassembler d'importants groupes d'animaux sur une surface réduite, ils facilitent la transmission et le mélange des virus" (Journal of Environmental Health Perspectives, 14 novembre 2006). De ce fait, les recombinaisons au sein même des virus porcins ou aviaires sont considérablement accélérées, et la probabilité de voir apparaître de nouvelles formes hautement pathogènes monte en flèche. L'apparition d'épidémies humaines résulte pratiquement toujours du passage d'un virus à travers la barrière interespèces (celle qui fait qu'une maladie des moutons n'est pas une maladie humaine, par exemple). Or la barrière entre le porc et l'homme est ténue, de même que celle qui sépare les volailles des porcs. C'est ainsi que les épidémiologistes redoutent depuis longtemps le mécanisme selon lequel un virus aviaire se transmet aux porcs, puis acquiert chez ces derniers la capacité de se transmettre du porc à l'homme. C'est la raison pour laquelle l'Union européenne a édicté des règles interdisant une trop grande proximité entre un élevage hors sol de volailles et un élevage hors sol de porcs. A ce titre, il n'est guère surprenant de constater que la nouvelle forme de grippe A(H1N1), appelée désormais grippe A, combine des éléments de virus aviaires, porcins et humains : il s'agit presque d'un cas d'école. Un triste cas d'école, prévisible et évitable - si on ne laissait pas les intérêts économiques prendre le pas sur les évidences éthologiques (les animaux ne sont pas faits pour être élevés dans des conditions concentrationnaires) et sur la logique sanitaire. Plusieurs articles et diverses sources attribuent l'origine de la présente épidémie à l'usine porcine de La Gloria, dans l'état mexicain du Veracruz. Qu'elle provienne ou non de cet élevage, la stratégie de l'autruche, voire l'omerta, pratiquée par le groupe Smithfield Foods, auquel il appartient, illustre le comportement criminel de ces groupes industriels. Alerté sur le développement de pathologies respiratoires à proximité du super-élevage porcin, Smithfield Foods a d'abord refusé toute enquête et envoyé des leaders locaux en prison. Puis, lorsque l'enquête sanitaire fut imposée, le groupe a nié contre l'évidence tout lien avec son élevage. Cette attitude, qui se reproduit hélas à travers le monde, permet de dissimuler le danger pathogène des élevages industriels. Mais ne fait qu'augmenter le risque, en empêchant de prendre les précautions adéquates ! Comment peut-on tolérer que les autorités roumaines ou indonésiennes ne puissent même pas entrer dans les élevages industriels que les groupes américains ou européens ont implantés sur leurs sols, et encore moins y mener la moindre enquête sanitaire ? Les institutions internationales et nationales n'ont pas tiré les leçons du précédent de la grippe aviaire H5N1. Les tentatives d'incriminer la faune sauvage et les petits élevages de plein air, ainsi que les migrateurs, comme sources de l'épidémie a priori, se sont révélées des impostures. Pourtant, le mécanisme de son apparition et de sa diffusion était déjà édifiant : naissance dans une région d'immenses poulaillers concentrationnaires, dissémination à travers le monde par les circuits intégrés de l'élevage industriel (vente de poussins, aliments spécialisés utilisant les déchets contaminés, etc.), puis contamination dramatique de la faune sauvage faisant peser des risques sur la biodiversité. Seule l'étape de la transmission d'homme à homme a été pour l'instant évitée. Comment pouvons-nous accepter que cinq ans plus tard le même scénario se reproduise, avec, de plus, une mutation permettant la transmission interhumaine, même si, pour l'instant, il s'agit d'une forme assez bénigne ? Pourtant, les solutions existent. A très court terme, il est indispensable que les autorités sanitaires de tous pays puissent enquêter au sein des élevages industriels, et les régenter si nécessaire. A moyen terme, les usines de porcs et volailles doivent être interdites : leur élevage peut être organisé au sein de petites unités autorisant la sortie des animaux, avec une densité cohérente n'imposant pas la surmédication (et même interdisant l'usage d'antibiotiques dits "de précaution"). C'est d'ailleurs toute l'économie paysanne qui y trouvera avantage. Par ailleurs, notre consommation excessive de viande peut être largement réduite. Ainsi non seulement nous cesserons de construire des usines à virus, mais nous limiterons le gaspillage de protéines végétales et la déforestation des forêts tropicales (provoquée aujourd'hui par le besoin d'aliments pour élevages industriels). C'est l'ensemble de la planète qui y trouvera bénéfice. Marie-Christine Blandin, sénatrice (Verts), rapporteur du rapport sur la grippe aviaire José Bové, agriculteur paysan, candidat d'Europe-Ecologie aux européennes Article paru dans l'édition du 21.05.09.
Votre correspondant a choisi Hotmail et profite d'un stockage quasiment illimité. Créez un compte Hotmail gratuitement ! 5/18/2009 RUE 89 : Le grand retour de Karl Marx et de son « Capital »Le grand retour de Karl Marx et de son « Capital »Par Zineb Dryef | Rue89 | 16/05/2009 |
Le monde relit Marx. Les éditeurs constatent un boom des ventes du « Capital ». La bouée des temps de crise ? ![]() ![]() L'automne dernier, les éditeurs allemands enregistraient une progression importante des ventes de « Das Kapital » (Premier livre, 1867). A la foire de Francfort, un professionnel expliquait que cet ouvrage se vendait mieux depuis la début de la crise financière : « En 2005, j'en ai vendu 500 exemplaires, puis 800 en 2006, et 1300 en 2007. Sur les neuf premiers mois de l'année 2008, j'en suis déjà à 1500. Les chiffres en valeur absolue ne sont pas impressionnants, mais la progression, si. »Le ministre des Finances allemand lui-même s'est déclaré nouveau lecteur de Karl Marx. Dans une interview accordée mi-septembre à l'hebdomadaire Der Spiegel, il a reconnu que « certaines parties de sa théorie ne sont pas si fausses ». En France, après Jacques Attali qui s'est interessé à Marx en 2005, Alain Minc, difficilement soupçonnable de marxisme, s'est proclamé « dernier marxiste français ». Comme beaucoup, il relit « Le Capital » en ces temps de crise. Si les chiffres sont loin de placer le pavé de Karl Marx en tête des meilleures ventes, « Le Capital » fait un joli retour en librairies. Gallimard l'a réedité au mois de juin 2008 en poche et considère que les ventes sont « bonnes ». Plus de 6000 exemplaires ont été vendus sur un tirage de 8000. Ce retour s'est amorcé au début des années 2000. « Les Luttes de classe en France », publié par Gallimard en 2002, a été un succès d'édition : 57 000 livres vendus. « A l'époque, plus personne ne voulait entendre parler de Marx », relève Eric Vigne, directeur littéraire du secteur Essai chez Gallimard. Lorsqu'il décide de lancer une réedition du « Capital » en 2008, c'est d'abord pour combler un manque : « Cet ouvrage majeur était indisponible en poche. Or, c'est un auteur qui mérite d'être lu. Souvent, ce sont des maisons d'éditions militantes qui le donnent à lire, ça peut être rebutant. Pour le numéro 500 de la collection Folio, j'ai voulu faire un petit clin d'œil avec Marx. L'important pour moi est de donner à lire ce texte de façon neutre, sans interprétation politique. Le principe de cette collection est un retour au texte. »Eric Vigne reconnaît que le contexte de crise participe au succès du livre mais il souligne que « Le Capital » est avant tout un classique sûr : « Nous avons publié “Le Léviathan” d'Hobbes il y a quatre ans. Nous avons vendu 45 000 exemplaires. Le succès s'explique par le besoin pour les lecteurs de revenir aux textes plutôt qu'aux publications critiques. »Si cet engouement pour Marx est trés médiatisé, l'économiste Yann Moulier-Boutang rappelle que ce retour à Marx remonte à plusieurs années, notamment aux Etats-Unis : « Dès l'instant où l'on a connu des crises graves, à partir de 1997, beaucoup de gens se sont interessés à Marx. En réalité, ce retour est cyclique comme l'a expliqué Daniel Lindenberg dans “Le marxisme introuvable'. Dès qu'il y a un événement grave, on revient à Marx. Face à cette situation, explique Yann-Moulier Boutang, émerge un troisième capitalisme : le capitalisme cognitif. » Le directeur de la revue Multitudes prépare un ouvrage « Société pollen » relatif à cette question. Dans un article intitulé « Marx au XXIème sicèle : une histoire triste d'adieu au socialisme ou autre chose ? », publié en 2008, Yann Moulier-Boutang évoque une « situation marxienne ». Se disent « marxiens » ceux qui n'adhérent pas au dogme marxiste-léniniste mais qui se réclament de la méthode de Marx, une méthode qui permet de comprendre ce qui est au cœur du capitalisme : « Ce que l'on croyait être un régime stable apparaît désormais comme totalement instable. Les règles de la finance, le cœur du capitalisme et la finalité de la production sont totalement remises en cause. Aujourd'hui, les antagonismes sociaux sont forts. La situation est suffisamment grave pour ne plus calculer le futur en calculant les traînes du passé. Pour éclairer les néophytes, le philosophe Daniel Bensaïd a, lui, récemment publié un « Marx, mode d'emploi ». Dans son introduction, il explique que sa démarche a été motivée par la crainte que la « banalisation médiatique » ne rende « inoffensif celui qui voulut semer des dragons ».Dans un entretien accordé à Mediapart, il explique que les grands forums sociaux de ces dernières années ressemblent à une « renaissance utopique », à un grand moment de bouillonnement d'idées. Autre démarche originale, actuellement exposée au Grand Palais (Paris) à l'occasion de la triennale d'art contemporain, la pièce « Le Capital illustré » de l'artiste Jean-Baptiste Ganne. On parle beaucoup de cette adaptation photographique du livre principal de Karl Marx. Lui s'en amuse : « Une autre de mes pièces, l'ensemble du “Don Quijote” de Cervantès en code morse lumineux et en espagnol, est exposée. Peut-être qu'on y verra “un retour de Cervantès”. »Jean-Baptiste Ganne a réalisé cette oeuvre entre 1998 et 2002. Quatre années qu'il a consacré à arpenter différents lieux pour y trouver des correspondances avec les grands thèmes du « Capital » : un défilé de mode pour la spectacularisation de l'industrie du textile, un hippodrome pour la circulation de la monnaie… Le résultat est saisissant. Il précise avoir réalisé sa pièce à la lumière des textes de Guy Debord. Ancien élève du philosophe Etienne Balibar à Nanterre, Jean-Baptiste Ganne a longtemps été fasciné par « Le Capital » : « C'est un monde en soi. J'ai travaillé sur Marx à une époque où il n'était plus à la mode. Il était mis de côté alors que son analyse est valable. Les outils marxiens permettent de réflechir. Pas plus aujourd'hui qu'hier d'ailleurs. Il n'est pas d'actualité, sa pensée est actuelle. Les analystes reviennent à lui pour expliquer la crise actuelle mais dans les réponses apportées, j'ai plutôt l'impression d'un retour à Keynes… »
Ailleurs dans le monde, les ventes du Capital connaissent aussi une progression sensible. Au Japon, une version manga romancée du « Capital » est devenue un best-seller. Une comédie musicale inspirée de Marx est en préparation en Chine. Elle mettra en scène des employés qui découvrent que leur patron les exploite. Maximilien Rubel, célèbre marxien, semble avoir été entendu. Lui qui répétait, dit-on : « N'écoutez pas les marxistes : lisez Marx ! » Photo : « The name of ink is Karl Marx » (Taiyofj/Flickr). Coopération, « Le Capital illustré » (DR). Votre correspondant a choisi Hotmail et profite d’un stockage quasiment illimité. Créez un compte Hotmail gratuitement ! Chronique Ecologie du Monde : Paysans, le retour ...Paysans, le retour Ecologie Chronique : LE MONDE | 16.05.09 | Mesdames et Messieurs, J'ai l'honneur et le privilège de vous informer du retour des paysans. La pensée dominante nous a depuis des décennies habitués à penser que l'activité agricole devait être, en termes d'emploi, résiduelle : l'augmentation de la productivité agricole, l'urbanisation des sociétés, l'évolution vers une économie de services rendraient marginal ce qui a fondé l'armature des civilisations pendant des siècles. Une page aurait été définitivement tournée. Les politiques se sont organisées avec obstination autour de cette idée, encourageant l'agrandissement des exploitations sans s'inquiéter de la diminution constante du nombre d'agriculteurs, considérant l'espace agricole comme une simple réserve à l'expansion urbaine, ignorant les effets environnementaux d'une agriculture ultraproductiviste. Mesdames et Messieurs, J'ai l'honneur et le privilège de vous annoncer une bonne nouvelle : les idées d'une époque peuvent mourir, les dogmes peuvent être renversés. Et j'ai donc l'immense plaisir de vous informer qu'en ces temps de marasme mental et politique nous pouvons créer un million d'emplois en Europe, cinq cent mille en France - des emplois de paysans. Effacez, s'il vous plaît, l'esquisse du sourire ironique qui se dessine sur vos lèvres, et écoutez. Entre 1950 et 2007, la productivité du travail agricole a été multipliée par 26 : cela signifie qu'un paysan produit vingt-six fois plus aujourd'hui qu'il y a soixante ans. Cela peut-il continuer ? A l'évidence, non. Et d'autant moins que ce calcul oublie les "effets externes" de cette évolution stupéfiante : érosion des sols, pollution des nappes phréatiques, baisse de la biodiversité, utilisation de masses énormes de pesticides et d'antibiotiques. En réalité, il devient essentiel de réduire ces effets externes, qui ont un coût caché pour la société très important. Cela signifie travailler la terre autrement, y affecter plus de soin et moins de machines. Donc réduire la productivité apparente du travail agricole. Et donc, augmenter l'emploi paysan. Autre point : croyez-vous vraiment que vous allez diminuer le nombre de chômeurs, qui reprend sa courbe ascensionnelle, en fabriquant encore plus d'automobiles, d'avions et d'emballages ? Poser la question, c'est y répondre. Il nous faut bousculer nos schémas mentaux : l'agriculture est un secteur d'avenir. Dans un texte intitulé "L'agriculture : un projet européen pour sortir des crises", et que vous lirez sur Internet, des associations interpellent citoyens et politiques. Ce qu'ils disent, c'est : un million de nouveaux paysans, c'est possible. A condition de changer la politique agricole, de favoriser l'installation des jeunes, de freiner l'étalement urbain et de contrôler la spéculation foncière, de soutenir les nouveaux modes de production écologiques. Mesdames et Messieurs, Merci de votre attention enthousiaste. Courriel : kempf@lemonde.fr Hervé Kempf Vous voulez savoir ce que vous pouvez faire avec le nouveau Windows Live ? Lancez-vous ! 5/15/2009 Malheureuse nature par Patrick Piro - POLITISMalheureuse naturejeudi 14 mai 2009, par Patrick Piro La biodiversité, ce n’est pas seulement les espèces protégées, c’est aussi la nature « ordinaire » Une gageure à l’heure où l’on marchandise même les paysages. La Fête de la Nature, les 16 et 17 mai, sensibilisera à ces questions. Existe-t-il une notion aussi essentielle et absconse que la biodiversité ? Cette chimère lexicale a été inventée pour donner à percevoir l’incroyable profusion des espèces vivantes, du plus discret unicellulaire à la plus menacée des baleines, mais aussi l’inconcevable maillage de relations qu’elles entretiennent entre elles et avec les milieux, sans parler de la cuisine secrète qui se concocte entre les gènes. On appelle aussi ça « la vie »… Cette fin de semaine, des centaines d’associations animeront la 3e Fête de la nature, conviant ces particuliers qui entretiennent chez eux un petit coin de nature à y participer. Alors que presque tous les (maigres) efforts publics sont canalisés vers la protection des espèces animales emblématiques – l’ours, le lynx, etc. –, c’est l’occasion d’expliquer que la sauvegarde de la nature « ordinaire » est essentielle à l’équilibre de la vie. Un message hélas encore très peu audible. Si le rapport « Approche économique de la biodiversité et des services liés aux écosystèmes » du Centre d’analyse stratégique, présenté il y a deux semaines, révèle combien la France est « biodiverse », ce n’est que pour tenter de définir une valeur économique à ce pactole, afin de susciter l’intérêt des décideurs pour la biodiversité. Ainsi, on reste perplexe d’apprendre qu’un hectare de forêt « vaut » 970 euros par an, et une prairie 600. Après le succès planétaire du rapport Stern pour calculer le coût du « laisser-faire » en matière de dérive climatique, certains écologistes se rendent à cette logique. Elle est même inscrite au Journal officiel du 12 avril 2009 : adoptant une liste de termes relatifs à l’environnement, au paragraphe « biodiversité », il est souligné que son maintien « est une composante essentielle du développement durable ». À l’ère de l’hypermarchandisation, on ne peut qu’être préoccupé par les tentatives d’administrer désormais à la nature ces vieilles recettes empoisonnées. 5/14/2009 Article site Univers Nature : Le loup : indésirable en Haute-Savoie ?
Bien que considéré comme une espèce protégée par la Convention de Berne, le loup peut, toutefois, faire l’objet d’abattages autorisés, notamment si les autorités concernées estiment qu’il représente une menace pour les activités humaines (troupeaux, etc.). C’est à ce titre qu’une louve a été abattue dans la nuit du samedi 9 au dimanche 10 mai, sur la commune du Petit Bornand en Haute-Savoie. A la suite de plusieurs attaques sur des troupeaux, observées dans cette région, des tirs de prélèvement à l’encontre des loups ont, en effet, été autorisés. Invoquant la responsabilité qu’il incombe à l’administration, à la Chambre d’Agriculture, aux syndicats agricoles et à la Société d’Economie Alpestre d’assurer une cohabitation viable entre l’homme et le loup, la FRAPNA (Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature) Haute-Savoie s’est indignée face à l’absence de mesures effectives destinées à protéger les troupeaux. Selon l’association, « ce tir ne résout rien ». En procédant à des tirs de prélèvements au lieu de mettre en place des mesures efficaces de protection des troupeaux, certes plus onéreuses, on a une fois encore privilégié la solution de facilité. Au jour d’aujourd’hui, l’avenir du loup dans cette région semble pour le moins incertain en l'absence d'un réel volontarisme de la part des éleveurs pour prévenir les attaques (chien de garde, berger, etc.) et non plus attendre l’indemnisation de l’Etat pour les têtes de bétail victimes des loups. Les premiers résultats de comptage des individus présents dans la région ayant été communiqués, on évalue entre cinq et huit loups la présence du canidé dans le massif Bornes-Bargy-Aravis. Or, d’après la FRAPNA Haute-Savoie, la louve récemment abattue pourrait être une femelle dominante. Principale reproductrice de la meute, cette dernière est également la garante du maintien de la hiérarchie au sein du groupe, avec le mâle dominant. En son absence, les individus pourraient se disperser et gagner d’autres territoires proches des zones habitées. Considérant que rien ne pourra se faire sans un changement des mentalités, l’association de protection de la nature appelle à une information plus objective à destination des populations locales et du grand public, visant à « dissiper les peurs irrationnelles qui ont été répandues par un matraquage médiatique irresponsable et malfaisant ». Bien qu’étant régulièrement victime d’actes de braconnage, le sort du loup laisse généralement indifférent, sa côte de popularité n’égalant pas en France celle de l’ours. Pourtant, en prenant soin d’éliminer méticuleusement tout ce qui le dérange, l’homme apparaît comme un redoutable prédateur qui n’a rien à envier au loup. Votre correspondant a choisi Hotmail et profite d’un stockage quasiment illimité. Créez un compte Hotmail gratuitement ! 5/7/2009 Victoire ! L'UE vient enfin de voter l'interdiction du commerce de tout produit dérivé des phoques ; la chasse commerciales aux phoques, c'est FINI !
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