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    6/20/2009

    Loi de programmation militaire : Comment faire taire les militants  (POLITIS)


    Article de la revue Politis - jeudi 11 juin 2009, par Claude-Marie Vadrot


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    (pour les abonnés: http://www.politis.fr/article7307.html)


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    Sinon en clair ci-dessous:


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    > Comment faire taire les militants 

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    > > La ministre de l'Intérieur, sur suggestion de l'Élysée et de quelques parlementaires, prépare en secret un arrêté fondé sur un projet de loi signé du Premier ministre et du ministre de la Défense, prêt depuis le mois d'octobre 2008. Il s'agit de la loi 1216 de programmation militaire pour 2009-2014 : un texte plutôt banal s'il ne prévoyait, dans son article 5, de réorganiser et de redéfinir tout ce qui touche à la sécurité intérieure. Ce qui, une fois la loi votée, autorisera la publication d'un ou plusieurs décrets permettant de poursuivre notamment les militants écologistes et associatifs lorsque, par leurs actions, écrits ou propos, ils mettront en cause« les intérêts de l'État ». Dans ces « intérêts » seraient notamment inclus ce qui concerne les centrales, les transports nucléaires et le stockage des déchets, mais aussi ce qui touche aux installations industrielles et aux stockages classés « Seveso », qu'il s'agisse d'usines manipulant des substances dangereuses ou d'aires abritant des cuves de produits chimiques. Ce texte aurait aussi comme conséquence d'aggraver les peines encourues par les faucheurs d'OGM, car il permettrait de poursuivre les individus et les associations mettant en cause les intérêts économiques stratégiques de la France. 
     
    Dans l'exposé des motifs de la loi, on trouve en effet ce paragraphe: « Les attributions, déjà codifiées, des ministres de la Défense, de l'Intérieur, des Affaires étrangères, de l'Économie et du Budget sont redéfinies en fonction des différentes politiques qui entrent dans leur champ de compétence et concourent à la stratégie de sécurité nationale. Au-delà de ces modifications, et dans le prolongement des orientations du Livre blanc, des attributions particulières en matière de sécurité nationale du ministre de la justice et des ministres chargés de la Santé, de l'Environnement, des Transports, de l'Énergie et de l'Industrie sont codifiées. »
    > > 
    > > Au nom de la sécurité nationale, le décret en préparation permettrait donc de placer sous la protection de cette dernière toutes les actions et informations liées, par exemple, à l'environnement et aux infrastructures contestées par les associations de protecteurs de la nature et les organisations écologistes. De la même façon, tout ce qui concerne le changement climatique pourra entrer dans les informations classifiées interdites de divulgation. Classification qui, d'une part, sera bien entendu à la discrétion souveraine du gouvernement en place et qui, d'autre part, sera opposable à la fois aux militants, aux associations et aux juges d'instruction. S'ils existent encore. Les écolos ne sont bien sûr pas les seuls visés: ce texte à tout faire permettrait de poursuivre tous les agissements  « déviants ».
    > > 
    > > II deviendrait donc plus difficile d'exercer une contestation écologique. Ce dispositif pourrait être complété dès l'automne par une circulaire ou un décret - ce n'est pas encore décidé - qui compliquerait la tâche des citoyens et des associations de protection de la nature voulant attaquer des décisions de l'État et des collectivités territoriales devant les tribunaux administratifs. Les élus se disent lassés des remises en cause de permis de construire ou des tracés de routes. Depuis plusieurs années, les associations de maires demandent au gouvernement une restriction de la contestation « administrative » pour abus de pouvoir et non-respect des règles d'enquête publiques. En oubliant de rappeler que le recours aux tribunaux administratifs est souvent la seule arme des écologistes et des associations de protection de la nature.
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    > > Entre les possibilités de criminalisation de la contestation écologique et les restrictions aux recours administratifs, si ces deux réformes entrent en vigueur, l'écologie devrait peu à peu cesser de gêner le pouvoir. Pour l'instant, il est encore, au moins, possible de l'écrire sans encourir le risque d'être poursuivi... pour outrage au gouvernement. 
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    > > Claude-Marie Vadrot
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    6/18/2009

    La mascarade de Versailles


    Sur le blog de Paul Quilès
     
    Le Conseil politique du club Gauche Avenir, réuni ce jour (17 juin 2009), regrette que toutes les forces de gauche n’aient pas réussi à adopter une position commune devant la mascarade de la venue de Nicolas Sarkozy au Congrès de Versailles.  Cette division montre encore plus l’urgence du lancement d’un « comité de rassemblement des forces de gauche et de l'écologie », pour coordonner la riposte politique et, au-delà, pour préparer une alternative à la droite.  (communiqué du club Gauche Avenir)
                                                                         
                                                                                             *************
            Tout en m'associant naturellement à ce communiqué, je regrette pour ma part la solution décidée par le PS (écouter N.Sarkozy et partir au moment du débat). Cette position "mi-chèvre, mi-chou" ne présente que des inconvénients. 
           Elle fait une fois de plus la preuve de la division de la gauche, alors qu'un solution commune était envisageable. 
           Elle donne un sentiment de révérence à l'égard de celui qui a tordu les institutions à son profit et qui veut faire croire qu'il a "amélioré" la démocratie, en venant parler au Parlement, devant lequel il n'est pas responsable! 
           Elle valide finalement la dérive hyperprésidentielle du régime, engagée depuis quelques années et qui vient de subir, avec l'actuel président, une accélération dangereuse.
         Cette mascarade de Versailles aurait dû être pour toute la gauche une occasion solemnelle de la dénoncer. Une occasion ratée.....
                                                                        Paul Quilès


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    6/7/2009

    Européennes : résultat du FRONT DE GAUCHE


    Jean-Luc Mélenchon, tête de liste du Front de Gauche aux européennes dans le Sud-Ouest, a déclaré dimanche sur France 2 que "la gauche est dans le trou".
     
    Photographe : Raymond Roig AFP/Archives :: Jean-Luc Mélenchon, tête de liste du Front de Gauche, le 28 mai 2009
    photo : Raymond Roig , AFP
    "Le score du PS est la démonstration du fait que la stratégie qu'il propose ne vaut rien", a-t-il affirmé.
    "Deux ans après la victoire de Nicolas Sarkozy, en pleine crise du capitalisme, qui marche en tête ? L'UMP. Nous sommes obligés de regarder cela en face", a-t-il lancé.

     
     

    Le pari gagné de Jean-Luc Mélenchon

    Cédric Omet | Marianne 2 // dimanche 07 Juin 2009 à 21:18 |
     

    Contester le système tout en faisant partie. Un paradoxe dont s’est joué le leader du Front de gauche dans cette campagne européenne, les résultats parlent pour lui. Il sera à Strasbourg, et en bonne position pour négocier dans la perspective des élections régionales.



     

    En s’auto-excluant du Parti socialiste, Jean-Luc Mélenchon a envoyé un signal fort à ses camarades en novembre dernier. Les compromis socialistes étaient devenus pour lui des compromissions. Il a, par sa rupture personnelle, entériné symboliquement une rupture plus latente entre le Parti socialiste et les gens de gauche. Il a crédibilisé l’idée selon laquelle la section française de la seconde Internationale s’était égarée en chemin, flirtant parfois avec le centre ou la droite. Et quand ses discours de campagne parlaient d’ouverture, c’était son ouverture à lui, dont il assène qu’elle est sans exclusive à gauche, à savoir du NPA au PS. Un positionnement qui a au moins le mérite de la clarté.


    Le Front de gauche et ses « déjà » deux victoires

    Mélenchon et son Front de Gauche ont d’ores et déjà réalisé lors de ces élections deux performances. D’une part, faire exister une gauche réformiste et radicale que le PCF n’arrivait plus à incarner, en témoigne sa lente décrépitude électorale. Le vote pour le Front de gauche incarne ainsi un vote contestataire. Mélenchon semble en effet avoir réussi à incarner l’idée qu’il était possible de faire partie du système, et d’en sortir en le contestant, sans avoir rien changé ou presque de son discours… De fait, il a redonné du crédit à une idée devenue impensable ces dernières années, la possibilité qu’une autre gauche de gouvernement existe.



    D’autre part, le Front de gauche a réussi à reconfigurer l’échiquier politique de la gauche en profondeur. Avant les élections européennes, cet échiquier était divisé en deux. D’un côté, il y avait un Parti socialiste dominant outrageusement des alliés plus que faibles à gauche : Mouvement Républicain et Citoyen, Parti Radical de Gauche, Parti Communiste. De l’autre, une gauche radicale refusant par principe l’exercice du pouvoir : NPA (ex-LCR), Lutte Ouvrière, Parti des Travailleurs. La présence médiatique et militante du Front de gauche a d’ores et déjà bouleversé la disposition de ce champ politique. D’un côté, en réduisant les écarts avec le Modem, il somme le Parti socialiste de choisir ses alliances. De l’autre, en faisant exister « cette gauche alternative mais de gouvernement », il exige du NPA de faire un choix entre le camp de la Réforme et celui de la Révolution, sous peine de faire retomber le mouvement dans la marginalité.



    Un p’tit tour et puis s’en va ?

    La politique a horreur du vide. Mélenchon l’a compris. Lorsqu’il a quitté le PS, il affirmait de façon lancinante : « je crée un parti, pas une assurance vie… ». Et de laisser les observateurs de l’époque perplexes sur la manière de contester un système dont il faisait partie jusqu’au cou. En créant le Front de gauche avec le PCF, il aura au moins réussi à incarner le temps d’une campagne la possibilité de la contestation chez les réformistes de gauche. Reste à savoir désormais ce qu’il en sera lundi, à l’heure où il faudra s’asseoir à la table des négociations en vue des régionales 2010. 



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