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    7/28/2007

    Dominique Guillet (Kokopelli) : Agriculture bio et réchaufement climatique. Réflexions sur le rapport 2007 de la FAO

     Agriculture Biologique
    et lutte contre le réchauffement
    climatique
     
    La FAO vient d’annoncer officiellement, lors de son dernier
    congrès, en début mai 2007, que l’Agriculture Biologique
    peut nourrir toute la planète!
    7
    Selon la FAO, non seulement l’Agriculture Biologique
    peut-elle nourrir la planète entière mais, en plus, sans impact
    sur l’environnement et en limitant considérablement
    la problématique du réchauffement climatique.
     
    Comment les différents gouvernements vont-ils réagir face
    à une telle assertion?
     
    De deux choses l’une:
    1. Ou la direction de la FAO a perdu complètement la tête
    et ses experts ont succombé à une crise de passéisme aigu
    ou bien ont été soudoyés par une puissance occulte qui
    cherche à détruire les fondements de la société occidentale,
    moderne, progressiste et civilisée. Dans ce cas, il
    semble extrêmement urgent que les états membres cessent
    immédiatement de financer cette institution internationale
    dont les ramifications s’étendent sur toute la planète et qui
    risquent de déstabiliser le monde civilisé. En effet, la FAO,
    ou Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et
    l’Agriculture, est une organisation représentant 189 États
    membres (plus la Communauté Européenne): elle est fi-
    nancée par les contributions de ses membres et elle emploie
    3600 personnes sur toute la planète.
    13
    2. Ou bien la FAO a totalement raison. Et cette possibilité
    donne froid dans le dos car elle implique que depuis 60 années,
    les multinationales de l’agro-chimie avec la complicité
    de certaines administrations corrompues au sein
    des états, ont délibérément menti et ravagé la sphère
    planétaire en promouvant une agriculture hautement
    toxique qui a
    :
    - empoisonné l’humanité et les animaux domestiques avec
    des milliers de pesticides.
    12
    - empoisonné les nappes phréatiques et les cours d’eau.
    - détruit la quasi-totalité de la biodiversité alimentaire.
    - produit une alimentation exempte de substances nutritives.
    - instauré une insécurité alimentaire généralisée, en particulier
    dans les pays pauvres.
    - détruit la petite paysannerie.
    - détruit les forêts tropicales pour installer des monocultures.
    - provoqué une érosion irréversible et des processus de
    désertification planétaire.
    11
    - épuisé les ressources en eau.
    - libéré de très grandes quantités de CO2 dans
    l’atmosphère.
    Si la FAO a raison, on comprend pourquoi le président de
    l’Académie Nationale des Sciences, Roger Heim, déclara
    en 1963, dans sa préface à la traduction française de
    l’ouvrage de Rachel Carson “Le Printemps Silencieux”:
    « On arrête les “gangsters”, on tire sur les auteurs de
    “hold-up”, on guillotine les assassins, on fusille les despotes
    - ou prétendus tels - mais qui mettra en prison les
    empoisonneurs publics instillant chaque jour les produ
    its
    que la chimie de synthèse livre à leurs profits et à leurs
    imprudences?»
     
    Qui mettra en prison les empoisonneurs publics?
    En attendant de trouver une réponse, que nous espérons
    rapide, à cette question essentielle, faisons le point sur les
    déclarations de la FAO qui constituent une véritable déclaration
    de guerre à l’agrochimie.
    Selon cette institution vénérable, les avantages de
    l’Agriculture Biologique sont innombrables. En effet,
    cette forme d’agriculture respectueuse de l’environnement
    permet:
    - de nourrir toute la planète avec des aliments sains, hautement
    nutritifs et exempts de poisons.
    - d’économiser les réserves en eau.
    - de limiter l’érosion des sols et de permettre une percolation
    totale des eaux de pluie.
    - de préserver la biodiversité alimentaire en gardant
    précieusement les variétés traditionnelles qui sont plus
    résilientes et donc plus capables de s’adapter aux bouleversements
    climatiques.
    - de générer des circuits courts et de promouvoir la sécurité
    alimentaire.
    - de sauvegarder la petite paysannerie traditionnelle.
    - de régénérer l’agro-foresterie traditionnelle.
    - de lutter contre le réchauffement climatique en supprimant
    les fertilisants chimiques et les pesticides et en fixant
    le carbone dans le sol de par sa teneur augmentée en
    matière organique.
    - etc.
    L’agriculture va être un des secteurs les plus fragilisés par
    des bouleversements climatiques drastiques alors que les
    glaciers fondent, que les températures montent, que certains
    océans ne peuvent plus absorber le CO2 et que les
    réserves alimentaires de la planète sont au plus bas suite à
    des sécheresses répétées, à une pénurie généralisée en eau
    douce et à la promotion des nécro-carburants.
     
    Quelle est la responsabilité de l’agriculture conventionnelle
    moderne dans la problématique du réchauffement
    climatique?
    Selon l’agronome Claude Bourguignon,
    “par le gaz carbonique
    qu’elle rejette, l’agriculture intensive contribue
    pour un tiers au réchauffement de la planète.”
    Selon Jean-Marc Jancovici,
    4 “si l’on tient compte de tous
    les gaz à effet de serre pris en compte dans les négociations
    internationales, et pas seulement du CO2, alors la
    répartition change : c’est l’agriculture qui arrive en tête!
    ( avec 26 %). Cela est notamment dû aux émissions de gaz
    dits mineurs (CH4, N2O) qui sont respectivement dus à
    l’élevage bovin et à l’utilisation des engrais”.
    Certains spécialistes des sols considèrent que la perte d’1%
    de matière organique dans le sol équivaut à une libération
    de 20 tonnes de dioxyde de carbone, ou CO2, par hectare.
    Ainsi, la perte de matière organique dans les grandes
    plaines des USA, depuis le début de son agriculture, a
    t-elle générée plus de CO2 que toutes les automobiles
    produites dans ce pays!
    Selon le Professeur Pimentel de l’Université de Cornell
    aux USA (un spécialiste de l’érosion de sols), l’agriculture
    intensive US libère tous les ans 420 millions de tonnes de
    CO2 (sur les 6 milliards de tonnes libérées annuellement
    dans le pays
    3).
    Selon le CITEPA
    5 en France, l’agriculture et la sylviculture
    seraient responsables à hauteur de 16% des 534 millions
    de tonnes de CO2 libérées dans l’atmosphère en 2005, à
    savoir 86 millions de tonnes de CO2.
    Non seulement les sols de l’agriculture intensive ne peuvent-
    ils plus stocker le CO2 mais, en plus, ils en sont une
    source considérable. Pourquoi? Tout simplement parce
    qu’ils sont morts. Selon l’agronome Français Claude
    Bourguignon:
    “Sur l’ensemble de l’Europe, environ 90% de l’activité biologique
    des sols cultivés a été détruite par l’agriculture
    intensive. Je dis bien : détruites. Les zones les plus ravagées
    sont l’arboriculture et la vigne. Or l’activité biologique
    des sols est indispensable pour l’écosystème. Le sol est
    une matière vivante : sur trente centimètres d’épaisseur,
    il concentre 80 % des êtres vivants de la planète. Les vers
    de terre, à eux seuls, pèsent plus lourd que tous les autres
    animaux du monde réunis. Mais les sols abritent aussi des
    bactéries, des champignons et une myriade d’organismes
    qui se nourrissent de la matière organique. Or en Europe,
    le taux de matière organique du sol est passé de 4% à 1,4%
    en cinquante ans...
    En France, 60 % des sols sont frappés d’érosion. Actuellement,
    nous perdons en moyenne quarante tonnes de sol
    par hectare et par an.”
    2
     
    En fait, certains sols betteraviers en France, par exemple,
    perdent 100 tonnes de sol par hectare et par an. Cela signi-
    fie qu’il faut 2000 ans pour réparer 20 années d’agriculture
    intensive betteravière si on laisse la nature reprendre ses
    droits.
    L’agriculture intensive moderne est génératrice de cancers,
    de désertification et de réchauffement climatique.
    L’Agriculture Biologique offre-t-elle réellement la possibilité
    de réduire le réchauffement climatique?
    Il faut se tourner vers les USA et le Rodale Research Center 1
    au coeur de la Pennsylvannie pour obtenir une réponse
    étayée scientifiquement à cette question. Le Rodale Research
    Center a mis en place en 1981 une expérimentation
    portant sur 3 terrains cultivés: le premier en agriculture
    conventionnelle chimique, le second en agriculture biologique
    avec légumineuses et le troisième en agriculture
    biologique avec fumier. Il a publié ses premiers résultats
    au bout de 23 ans en 2003:
    - aucune augmentation de carbone dans le sol du terrain en
    agriculture chimique.
    - une augmentation de carbone variant de 15 à 28 % dans
    les deux autres terrains, la plus grande augmentation étant
    obtenue avec le fumier.
    Le Rodale Research Center
    6 en déduit la capacité de fixer
    par année et par hectare 3,7 tonnes de CO2 en agriculture
    biologique. Et ce sans prendre en considération les réductions
    en émissions de CO2 dues aux besoins énergétiques
    inférieurs de l’agriculture biologique que le Professeur
    David Pimentel, de l’Université de Cornell dans l’état de
    New-York aux USA, estime à 63% des besoins énergétiques
    de l’agriculture chimique.
    Selon ces calculs, si la totalité de la surface agricole
    US, (à savoir 200 millions d’hectares) était reconvertie à
    l’agriculture biologique, cela annulerait les émissions de
    CO2 de 158 millions d’automobiles US chaque année.
     
    La surface agricole française s’étend sur 33 millions
    d’hectares (à savoir 60 % du territoire), dont 62 % sont occupés
    par des terres arables et plus du tiers par des prairies
    permanentes.
    Pour la France, selon ces mêmes données, la reconversion
    à l’agriculture biologique des 20 millions d’hectares
    de terre arable générerait une fixation de l’ordre de 74
    millions de tonnes de CO2 alors que l’agriculture conventionnelle
    et la sylviculture sont créditées actuellement
    d’une émission de 86 millions de tonnes de CO2.
    La British Royal Society a estimé que le 1,2 milliard
    d’hectares de terre arable de la planète pouvait séquestrer
    de 6,1 à 10,1 milliard de tonnes de CO2, à condition bien
    sûr de pratiquer des formes d’agriculture durable.
    L’écrivain agricole Australien Grame Sait estime que
    “si nous pouvions accroître de 1,6 % la matière organique
    sur les 8,5 % de la surface planétaire qui est cultivée,
    nous pourrions séquestrer sans problème les 100 ppm
    supplémentaires de CO2 que l’humanité a libérés dans
    l’atmosphère.”
    14
    Quant au second gaz à effet de serre, le protoxyde d’azote
    ou N2O, nous n’avons pas d’études précises permettant de
    chiffrer sa réduction par une reconversion à l’agriculture
    biologique. Rappelons que ce gaz est généré par l’épandage
    et le processus de dégradation dans les sols des engrais
    azotés ainsi que par le tassement des sols lié à un travail
    du sol intense.
    Quant au troisième gaz à effet de serre, le méthane, ou
    CH4, il est généré par la fermentation entérique des ruminants
    et les fosses à lisier. Nous serions enclins à remettre
    en question la consommation inconsidérée de viande dans
    les pays occidentaux. La consommation de viande, au
    niveau planétaire, rappelons-le, est passée de 44 millions
    de tonnes en 1950 à 265 millions de tonnes en 2005. Et
    cette tendance ne fait que s’amplifier.
    Rappelons également qu’il faut, en agriculture intensive,
    près de 100 000 litres d’eau pour produire 1 kilo de viande
    de boeuf
    11 et que l’Amérique latine est ruinée par la
    culture du soja transgénique pour produire de la viande
    consommée par les nantis de la planète.
     
    En conclusion, s’il est vrai que le CO2 n’est pas le seul gaz
    à effet de serre imputable à l’agriculture intensive, il reste
    que sa séquestration par l’agriculture biologique permet
    non seulement de limiter le réchauffement climatique mais
    accroît aussi de façon incroyable la fertilité des sols. Nous
    ne pouvons pas développer cet aspect dans le cadre limité
    de cet article mais nous pouvons d’ores et déjà renvoyer le
    lecteur à une technique amazonienne
    9 connue sous le nom
    de Terra Preta
    8, que l’antenne de Kokopelli a pu expérimenter
    dans le sud de l’Inde avec des résultats spectaculaires
    et qui permet de plus de “séquestrer” le carbone sur de
    très longues périodes de temps.
    10
     
    On ne peut que remercier la FAO pour ses prises de position
    radicales quant à la nécessité de reconvertir l’agriculture
    à des pratiques écologiques. Il est vrai qu’il lui a fallu
    quelques dizaines d’années pour en arriver à cette conclusion!
    Les documents de travail que la FAO vient de publier lors
    de son congrès international de mai 2007 sur l’Agriculture
    biologique constituent une base de travail excellente pour
    toute institution désireuse sincèrement de mettre en place
    une agriculture durable.
    Nous ne doutons pas que le gouvernement de Messieurs
    Sarkozy-Juppé, dans le cadre de sa révolution écologique,
    va se saisir de cette occasion unique pour interdire de suite
    tous les pesticides, toutes les chimères génétiques, tous les
    fertilisants de synthèse et promouvoir la reconversion de
    la totalité de la surface cultivée française à des pratiques
    d’agriculture biologique.
    Et pourquoi pas de promouvoir la protection de la biodiversité
    alimentaire, ce qui permettrait à l’Association Kokopelli
    de respirer un peu et de ne plus être harcelée de
    procès à répétition parce qu’elle distribue des variétés anciennes
    non inscrites sur le catalogue national.

    Dominique Guillet. Le 1er juin 2007.

    1.http://www.newfarm.org/depts/NFfield_trials/1003/carbonsequest.shtml
    2.http://cequilfautdetruire.org/article.php3?id_article=907
    3.http://www.lecho.be/actualite/telex/article.
    asp?Id=2940888
    4.http://www.manicore.com/
    5.http://www.citepa.org/emissions/nationale/Ges/ges_
    co2.htm
    6.http://www.strauscom.com/rodale-whitepaper/
    7.http://www.fao.org/organicag/ofs/docs_fr.htm
    8.http://fr.wikipedia.org/wiki/Terra_preta
    9.http://www.annadana.com/actu/new_news.cgi?id_
    news=166
    10.http://www.annadana.com/actu/new_news.cgi?id_
    news=159
    11.http://www.liberterre.fr/gaiasophia/agriculture/deserti-
    fication/index.html
    12.http://www.pesticides-lelivre.com/
    13.http://www.fao.org/index_fr.htm
    14. Acres. USA. June 2007. The cruel winds of change
     
    7/26/2007

    OGM

    Pour ceux que le sujet intéresse, je vous transfère un texte absolument fondamental sur les OGM que je viens de découvrir sur internet via le site d'Inf'Ogm.
     
    Tout y est clairement explicité : qu'est ce qu'un OGM, différences entre sélection massale / tripatouillages du génome, interactions aux niveaux politique / économique / scientifique / haute finance / organismes officiels de contrôle et homologations / ... qui ont crée la situation actuelle en France et un rapport de force totalement en faveur des OGM en dehors de toute objectivité sur le sujet ; évaluation risques / bénéfices réels ou escomptés ... Bref, pour moi qui ai suivi les formations et conférences Conf', Greenpeace, Christian Vélot (CNRS), Marc Dufumier (INRA), P. Rabhi, D. Guillet ... je trouve que ce document présente et explicite le sujet sous tous ses aspects et avec une grande rigueur intellectuelle.
    Après sa lecture, vous ne pourrez plus dire "je ne savais pas ..." ! Cette trentaine de pages exaltantes va compenser 20 ans de désinformation sur un sujet de société majeur, alors qu'on nous saoule avec un Grenelle de l'Environnement qui promet encore une fois de n'être qu'un simulacre de prise en compte de l'avenir environnemental de ce pays.
     
    Bien sûr qu'il y a d'autres scandales écologiques et environnementaux actuellement, tels celui de l'eau potable, ou celui des agro-carburants (et certainement pas bio !!!) ... mais celui des OGM est d'autant plus important qu'à ce jour, ses résultances en terme de santé publique notamment et d'impact sur la biodiversité ne sont absolument pas quantifiables ! Une fois encore le principe de précaution est jeté aux orties, à croire que le scandale des farines animales n'a servi à rien !
     
     liens vers "Les OGM : Modifiez génétiquement votre avis (I et II)"
     

    http://www.e-torpedo.net/article.php3?id_article=283

     http://www.e-torpedo.net/article.php3?id_article=294


    Liens conseillés pour approfondir : sites de Kokopelli, Liberterre, blog de Pierre Rabhi 


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    OGM : occupation du port de St-Nazaire pour dénoncer l'importation de soja OGM destiné à l'alimentation du bétail

    Les Faucheurs Volontaires d'OGM occupent le port de Saint-Nazaire


    Les Faucheurs Volontaires d’OGM occupent actuellement le terminal agro-alimentaire du port autonome de Nantes - Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) pour dénoncer l’importation massive de Soja génétiquement modifié et la contamination qui en résulte, indique aujourd'hui un communiqué du collectif. En réaction à l’annonce publique par le Gouvernement des 21.000 ha de maïs OGM en France en 2007 destinés à l’alimentation animale, une centaine de faucheurs volontaires bloquent plusieurs points d’accès du terminal et de ses entreprises, a précisé le communiqué. Les faucheurs empêchent le chargement et déchargement des camions. L'assemblée Générale des Faucheurs Volontaires d'OGM a eu lieu ce week-end à Riec-sur-Belon dans le Finistère en présence de José Bové. Les faucheurs y avaient réaffirmé ''leur souhait d’un moratoire sur les OGM''.
     

    7/25/2007

    Mon soutien à l'association Kokopelli et à son combat pour la liberté des semences et la non brevetabilité du vivant

    Manifeste pour la Liberté des Semences de Vie

    de Raoul Jacquin et Dominique Guillet

    La semence, essence même de la vie, est aujourd’hui menacée. La semence, la voix de nos ancêtres, est le fruit de 12 000 années, ou plus, de co-évolution entre l'Homme, la Terre et la Plante. La semence est aussi le fruit de 12 000 années, ou plus, de domestication réciproque: l'homme a domestiqué la plante tout autant que la plante a domestiqué l'homme. Ce processus co-évolutif a engendré un patrimoine végétal et culturel, très diversifié, qui est le bien commun de toute l'humanité. Cet héritage court aujourd’hui le risque d’être confisqué par une infime minorité.

    L’aliénation de la semence par l’agro-industrie constitue un danger sans précédent pour l’indépendance alimentaire et pour la santé des peuples. Les vendeurs de pesticides bricolent dans leurs laboratoires ou dans leurs champs, brûlés par la chimie, des hybrides dégénérescents ou des chimères génétiquement modifiées, qu’ils osent appeler semences. Ces semences industrielles sont malades: elles ne peuvent vivre sans pesticides, sans engrais chimiques ou sans manipulations génétiques. Polluantes pour l’environnement, elles sont le point de départ de déficiences nutritionnelles, d'aliments-poisons, de cancers et autres maladies de dégénérescence chez l'homme et chez l'animal.

    Afin d'obtenir le monopole de ce qui appartient à tous, les lobbies de la pétro-agro-chimie, aidés par l'Etat, veulent supprimer le droit inaliénable de chacun de ressemer sa récolte.

    L'agriculture toxique est une invention récente des industriels de la guerre et de la chimie, soutenus par une caste de technocrates qui a réduit à néant les paysanneries traditionnelles. L'humanité s'est nourrie pendant 12 000 années, ou plus, de plantes saines et savoureuses issues de semences de vie, de semences de terroir, de semences croissant dans des écosystèmes naturels et vivants.

    Comme les générations qui nous ont précédés, nous avons le devoir de transmettre à nos enfants, et aux enfants de nos enfants, la possibilité d’orienter et de choisir leur avenir.

    L'Association Kokopelli oeuvre ainsi à la protection de la biodiversité alimentaire, à la promotion de pratiques agro-écologiques et au recouvrement par les jardiniers et par les paysans du droit à produire leurs propres semences.

    L'Association Kokopelli est aujourd'hui menacée dans sa survie par les attaques du lobby semencier et de l'Etat. Au travers de Kokopelli, ces attaquent visent à détruire le droit de protéger et de partager les semences.

    L'Association Kokopelli est aujourd'hui menacée dans sa survie par des législations nationales ou internationales qui sont une invention récente des états et du lobby de la semence industrielle et de l'agro-chimie, et qui font du droit à la protection et au partage des semences, un délit.

    Nous exigeons pour tous les paysans, maraîchers, jardiniers, semenciers et associations oeuvrant à la protection de la biodiversité alimentaire:

    - la liberté de protéger les semences de vie, de terroir, de population.

    - la liberté de reproduire ces semences.

    - la liberté de refuser, pour ces semences, tout enregistrement, tout catalogue national, tout brevet, tout droit de propriété intellectuelle.

    - la liberté de donner, d'échanger et de commercialiser ces semences.

    - la liberté de créer de nouvelles variétés de semences adaptées à un terroir, adaptées à une vie culturelle, adaptées à des pratiques agro-écologiques.

    - la liberté de refuser les chimères génétiques, source de contamination.

    - la liberté de partager et d'échanger, en toute coopération et réciprocité, les savoirs et les savoir-faire issus de millénaires d'agriculture traditionnelle.

    - la liberté d'utiliser, de commercialiser, de conseiller et d'enseigner toute technique et pratique agro-écologique (purin d'ortie, extraits fermentés, etc) respectueuse de l'Homme et des écosystèmes.

    Nous exigeons, en fait, tout simplement, le droit inconditionnel de transmettre la biodiversité et la fertilité aux générations futures.

     

     

     

     

      

    7/20/2007

    pollution des eaux par les pesticides en ile de France


    Pollution de l'eau par les pesticides en IDF
    Une des principales nappes d'eau potable d'Ile-de-France est dans un état critique
    LE MONDE | 16.07.07

    Dans le département rural et verdoyant de Seine-et-Marne, la crise de l'eau ne se voit pas. Pourtant, les habitants de ce département en pleine explosion démographique ont dû s'habituer aux économies. L'état de la nappe souterraine du Champigny figure parmi les plus préoccupants de France. Depuis février 2006, des restrictions d'usage de l'eau sont imposées sans interruption dans plus du tiers des communes du département. Malgré les pluies récentes, l'état de crise renforcé, qui déclenche les mesures d'économies les plus sévères, devrait être déclaré fin juillet.
    La nappe, qui alimente un million de personnes en Ile-de-France, atteint son plus bas niveau historique. Les habitants du département ne sont pas les seuls concernés : si la moitié des consommateurs habite la Seine-et-Marne, l'autre loge à Paris et dans la petite couronne, héritage de l'époque où la capitale a construit son réseau d'approvisionnement en puisant aux meilleures sources et où la grande banlieue n'existait pas.

    Non seulement la quantité d'eau est insuffisante, mais sa qualité est très dégradée. Peu profonde, la nappe est particulièrement vulnérable aux pollutions d'origine agricole. Dans ce département céréalier, les résidus de pesticides et de nitrates présents dans l'eau souterraine crèvent les plafonds réglementaires. Depuis dix ans, 15 % des habitants du département sont alimentés en permanence par une eau dépassant ces seuils et 80 % connaissent régulièrement des interdictions de consommation pour les femmes enceintes et les nourrissons. Les collectivités locales doivent donc aujourd'hui se battre en même temps sur deux fronts, pour préserver à la fois la quantité et la qualité de l'eau.

    Les marges de manoeuvre pour économiser sont limitées. 90 % des volumes prélevés sont utilisés pour l'eau potable. Or l'efficacité des restrictions imposées aux particuliers est "très difficile à mesurer", relève Cécile Rousseau, responsable du service de la police de l'eau à la direction départementale de l'agriculture et de la forêt. Malgré tout, évolution plutôt satisfaisante, la courbe de consommation baisse de 1 % à 2 % par an, tandis que la population augmente dans les mêmes proportions.

    La solution la plus efficace pour préserver la nappe consiste à diversifier l'approvisionnement. Déjà, 10 000 m3 d'eau sont prélevés chaque jour dans la Seine. Cette quantité passera à 30 000 m3 quand l'état de crise renforcé sera déclaré. Cependant, la potabilisation de l'eau de la Seine revient plus cher. Le prix à la production passe de 0,25 à 0,50 euro par m3. Autant dire que les collectivités de Seine-et-Marne voient d'un oeil de plus en plus critique l'exportation de l'eau du Champigny hors du département.

    Pour améliorer la qualité de l'eau, les communes doivent aménager de nouvelles infrastructures. L'agglomération de Melun vient d'ouvrir une unité de production d'eau potable qui permettra d'éliminer les pesticides. De son côté, le conseil général tente, dans le cadre du plan départemental de l'eau lancé en septembre 2006, de mener une action préventive. La méthode peut donner des résultats spectaculaires. La petite commune de Verneuil-l'Etang a, par exemple, réussi à diviser par dix les quantités de produits chimiques employées, grâce à la formation de son personnel, au désherbage thermique ou au paillage des massifs de fleurs.

    Le conseil général tente également d'agir auprès des industriels, et surtout des agriculteurs, qui restent les principaux utilisateurs de produits polluants. Selon Hervé Durand, directeur départemental de l'agriculture et de la forêt, quelque 350 agriculteurs, sur 2 600, emploient des méthodes moins gourmandes en pesticides, "dans une trop grande discrétion".

    Hubert Huygue en fait partie. Depuis qu'il a adopté ces techniques (allongement des rotations, abandon des labours), ses rendements ont légèrement chuté, mais ses marges, elles, ont augmenté, grâce aux économies sur les produits. "Cela demande une bonne maîtrise technique, une prise de risque plus grande, explique M. Huygue. Et il faut être prêt, psychologiquement, à faire dix quintaux de moins que ses voisins." La plupart n'ont pas encore passé ce cap.



    Gaëlle Dupont

    --------------------------------------------------------------------------------
    Références

    Les bilans de l'Institut français de l'environnement font apparaître une contamination généralisée des eaux par les pesticides, dont la présence est détectée dans 80 % des stations de mesure en rivière et 57 % en eaux souterraines. La moitié du territoire est classée "zone vulnérable", en raison d'une concentration des eaux en nitrates supérieure à 40 milligrammes par litre.



    Selon une étude de 2005 menée par Jean-Claude Lefeuvre, professeur au Muséum national d'histoire naturelle, 50 % à 75 % des masses d'eau en France sont dégradées, et seulement 25 % atteindront probablement un bon état général en 2015 - comme l'exige la directive-cadre européenne - si des mesures complémentaires à la législation nationale et européenne ne sont pas prises.





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    7/19/2007

    Effondrement

     
    Cet article, qui m'a semblé très pertinent, est paru dans "Le Monde" d'aujourd'hui. Il vient corroborer
    les conclusions d'un livre passionnant qui est sorti l'année dernière : "Effondrement" de Jared
    Diamond ; dans ce livre, l'auteur et son équipe ont étudié l'effondrement de plusieurs sociétés
    anciennes provoqué ou accéléré par les dommages causés par eux-mêmes à leur environnement
    lors du développement de leur civilisation (surexploitation, méconnaissance de milieux fragiles 
    ayant pour conséquence des dommages irréversibles, ...).
     
    Ce texte est hélas vraiment d'actualité, si l'on considère les conclusions alarmantes de toutes
    les études réalisées dernièrement quant à l'état de notre Environnement, et le fait que nos technologies
    modernes, qui ont beaucoup gagné en efficacité - mais aussi en terme de pollution -par rapport à celles
    utilisées dans les sociétés anciennes, accélèrent et aggravent d'autant les atteintes que nous lui portons.
     
    Même si Lao-Tseu a limité ainsi la portée de l'expérience dans sa pensée : "l'expérience est une
     lanterne que l'on porte sur notre dos, et n'éclairant que le chemin déjà parcouru", ... il est peut être
    temps, que nous nous penchions sur ce chemin déjà parcouru par nos ancêtres, pour comprendre leurs
     erreurs d'alors à la lueur de nos connaissances actuelles, se dire que celà peut et est même en train de
     se re-produire, ... et ancrer dans nos cerveaux retors, le fait que les dommages que nous avons causés
     et continuons à causer à l'Environnement, constituent une menace grave pour notre survie.
    Sans la prise rapide de mesures drastiques, suivies, sérieuses, nous courrons à notre perte ... comme
     celà causa autrefois la chute de civilisations passées ; L'impact de ces chutes fut alors limité par le fait
    que les sociétés et les dommages étaient circonscrits dans l'espace. Mais du fait de la mondialisation,
    cette fois-ci, nous n'aurons pas cette chance !
     
    Alors si vous n'êtes pas sensibles à la perte de biodiversité, aux effets du changement climatique, de la
    pollution sur la santé et la Vie en général, aux menaces de pénuries en eau douce, de certaines matières
    premières (minerais, pétrole, ...) et autres ressources naturelles (poissons, espèces végétales, ...),
    peut-être le serez vous plus si l'on vous apporte la preuve qu'aujourd'hui même le devenir de l'espèce
    humaine est menacé !
     
     
     
     
    Une étude lie changement climatique
    et guerre en Chine ancienne
    LE MONDE | 16.07.07 |
     








     
    Les crises climatiques sont-elles un facteur de conflit ? Discutée de longue date, cette question n'a jamais été tranchée. Une étude à paraître dans le numéro d'août de la revue Human Ecology apporte des arguments sérieux à ceux qui pensent que les changements climatiques poussent les sociétés à la guerre. "Les fluctuations de température affectent directement l'agriculture et l'horticulture, exacerbent les désastres naturels, et peuvent influencer la virulence des maladies végétales, animales et humaines, expliquent David D. Zhang, de l'université de Hongkong, et ses coauteurs. Dans les situations de stress écologique, la guerre pourrait devenir le moyen ultime de redistribuer des ressources en diminution."

     

     
    Pour démontrer cette hypothèse, les chercheurs ont croisé deux séries de données historiques chinoises. De 880 avant J.-C. à 1911, les dynasties successives ont entretenu une chronique précise des guerres et révoltes paysannes qui ont affecté leur empire. Les auteurs ont retenu les 899 conflits enregistrés dans l'est de la Chine entre 1000 et 1911. Sur cette période, plusieurs séries d'enregistrements climatiques existent avec une bonne précision, basées sur l'analyse des anneaux de croissance des arbres.
    Les auteurs ont regroupé les fréquences de conflits par décennie, distinguant deux régions, le sud et le nord de la Chine orientale. Le nord, plus froid, abrite surtout des cultures de blé, tandis que le sud, au climat tropical, est le royaume de la riziculture. Ils ont ensuite cherché s'il existait une corrélation entre la fréquence des guerres et les cycles de phases froides et chaudes identifiées par les paléoclimatologues. "Les résultats montrent que les fréquences les plus élevées de "nombre total de guerres", "guerres dans le sud", et "rébellions", étaient significativement corrélées avec les plus basses anomalies de température des phases étudiées", disent les chercheurs.

    LA CHUTE DE LA DYNASTIE MING

    Ils expliquent ensuite, se référant aux grandes périodes historiques telles que la chute de la dynastie Ming au XVIIe siècle, renversée par les Mandchous lors du "petit âge glaciaire", comment les crises agricoles liées aux périodes de refroidissement ont fréquemment poussé les peuples ou les guerriers du nord du pays à envahir le sud. "Dans une perspective macro-historique, ce sont les oscillations de la production agricole provoquées par les changements climatiques de long terme qui ont conduit les cycles historiques paix-guerre de la Chine", écrivent-ils.
    La tentation est grande de faire le parallèle avec la situation présente. Que les crises identifiées dans cette étude se produisent pendant les périodes froides, alors que la planète est aujourd'hui entrée dans un réchauffement moyen, ne change pas fondamentalement la donne. En effet, les analyses prospectives du rapport présenté au printemps par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat concluent que le réchauffement se traduira par une dégradation des productions agricoles dans les pays tropicaux.
    Les auteurs observent que "même si la production agricole ne devient pas un problème dans les sociétés développées, la réduction des autres ressources, telles que l'eau douce, la disponibilité de terres agricoles, les sources d'énergie et les matières premières, peut vraisemblablement déclencher plus de conflits armés". Ce travail scientifique sonne comme un avertissement aux responsables politiques : le changement climatique n'est pas seulement un enjeu économique, mais bien stratégique.
     
    Hervé Kempf
    Article paru dans l'édition du 17.07.07.

     
    7/18/2007

    Happy Birthday Nelson !!!!

    Neslon Mandela à l'honneur
    pour ses 89 ans

      NOUVELOBS.COM | 18.07.2007 | 

     Des leaders politiques mondiaux aux légendes du football, de nombreuses personnalités sont présentes pour rendre hommage au héros de la lutte anti-apartheid.  

    Nelson Mandela (AP)
    Nelson Mandela (AP)
    L'ancien président sud-africain, Nelson Mandela, a 89 ans, mercredi 18 juillet. Pour son anniversaire, célébré comme chaque année dans toute l'Afrique du Sud, des gloires du football, des stars de la musique et les "sages" du village planétaire feront le déplacement.
    La journée de mercredi marquera le lancement d'un vaste projet humanitaire autour de plusieurs anciens responsables politiques de premier plan, dont Nelson Mandela, mais également l'ancien président américain, Jimmy Carter, ou encore l'ancien secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan.
    Sous l'impulsion du milliardaire britannique, Richard Branson, et du chanteur Peter Gabriel, ils projettent de mettre en commun "leur sagesse, leur indépendance et leur intégrité pour se pencher sur les principaux problèmes de la planète", selon le communiqué des organisateurs. Ils devraient se saisir des guerres dans le monde, du problème du sida ou encore du réchauffement climatique.
     
    Match de gala
     

    L'ancien président Bill Clinton participera également aux cérémonies et un match de gala réunira plusieurs stars du foot mondial autour du Brésilien Pelé, du Camerounais Samuel Eto'o ou encore du champion du monde 1998 Christian Karembeu. Une fête pour les enfants clôturera la semaine de festivités mardi prochain.
    Nelson Mandela a été un des principaux dirigeants du mouvement contre l'apartheid et a passé près de trente années de sa vie en prison. Il a été libéré en 1990 et a participé à organiser la fin de la ségrégation raciale en Afrique du Sud avant de devenir président du pays, de 1994 à 1999. Il a reçu le prix Nobel de la paix en 1993. (avec AP)

     

    Eléments de biographie de Nelson Mandela
    Véritable légende vivante, Nelson Mandela, qui a lutté contre l’oppression raciale en Afrique du Sud, est indéniablement l’un des plus grands leaders politiques et spirituels de notre temps. Il est révéré partout dans le monde comme une force vitale dans la lutte pour les droits humains et l’égalité raciale. Nelson Mandela a été de 1994 à 1999 le premier Président sud-africain démocratiquement élu, qui a amené son pays à se défaire du pouvoir d’une minorité et à gagner le respect de la communauté internationale à travers le processus de réconciliation. Depuis son départ en retraite, il milite dans un certain nombre d’organisations à caractère social et humanitaire.

    Né le 18 juillet 1918 à Tembu, un petit village du Transkei dont son père était le chef, Nelson Rolihlahla Mandela a été le premier membre de sa famille à aller à l’école. Son engagement politique a commencé pendant ses années d’études à l’Université Fort Hare. Après avoir rallié le parti du Congrès national africain (ANC) en 1942, il s’est farouchement opposé au gouvernement de la minorité blanche, a été arrêté pour son activisme anti-apartheid en 1962, puis emprisonné jusquʼen 1990. Son image internationale de combattant de la liberté a fait du slogan « Libérez Nelson Mandela » le cri de ralliement des manifestants anti-apartheid dans le monde entier. En 1991, il a reçu avec le Président de Klerk qui avait ordonné sa libération le Prix Félix Houphouët-Boigny de l’UNESCO pour la paix. Deux ans plus tard, tous deux ont partagé le Prix Nobel de la paix.

    Nelson Mandela a été nommé Ambassadeur de bonne volonté de l’UNESCO le 12 juillet 2005 à la Fondation Nelson Mandela, à Johannesburg (Afrique du Sud). Ce titre lui a été conféré « en reconnaissance du combat extraordinaire qu’il a mené contre l’apartheid et la discrimination raciale, dans son pays et dans le monde entier, de son attachement à la réconciliation entre les différentes communautés, de son engagement sans relâche en faveur de la démocratie, de l’égalité et de l’éducation, de son soutien à tous les opprimés de la Terre et de sa contribution exemplaire à la paix et à la compréhension ».

    Fondation Nelson Mandela : http://www.nelsonmandela.org/


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    Incidents sur une centrale nucléaire au Japon suite au dernier tremblement de terre (suite des révélations ...)

    La centrale de Kashiwazaki-Kariwa reste fermée après le séisme

    18.07.07




    KASHIWAZAKI-KARIWA, Japon (Reuters) - La municipalité de Kashiwazaki-Kariwa, dans le nord-ouest du Japon, a maintenu la fermeture de la plus grande centrale nucléaire au monde, où des fuites radioactives se sont produites après le séisme de lundi.

    L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) est prête à aider le Japon dans son enquête au sujet de ces fuites, a déclaré son directeur général, Mohamed ElBaradeï, lors d'une réunion à Kuala Lumpur.


     
    La compagnie qui gère la centrale, Tokyo Electric Power Co. (TEPCO), a fait état de 50 problèmes relevés dans les installations à la suite du tremblement de terre.

    TEPCO a admis avoir sous-estimé dans un premier temps la quantité d'eau radioactive qui a fui de la centrale. Cette mauvaise estimation était due à une erreur de calcul.

    La compagnie, citée par l'agence de presse Kyodo, souligne toutefois que la quantité d'eau radioactive rejetée dans l'océan ne dépasse pas le niveau de sécurité établi par les autorités japonaises. TEPCO avait évoqué une fuite de 1.200 litres.

    La fuite de substances radioactives et l'incendie dans la centrale nucléaire ont relancé le débat autour de la sécurité de la technologie nucléaire, dont l'archipel tire un tiers de son électricité.

    Les autorités n'ont pas caché leur inquiétude au sujet du temps de réaction de Tepco. "Je crois que l'on ne peut faire fonctionner les centrales nucléaires qu'avec la confiance de la population", a déclaré mardi le Premier ministre Shinzo Abe aux journalistes à Tokyo.

    RETARD DE COMMUNICATION

    "De ce fait, si un événement se produit, il faut qu'ils en rendent compte dans le détail et avec rapidité. Nous devons les amener à refléter fidèlement cet incident", a-t-il ajouté.

    La fermeture de la centrale en plein été, période où la demande en électricité est traditionnellement forte, pourrait poser problème.

    La société assure que la fuite n'a eu aucune conséquence sur l'environnement mais le retard dans la communication risque d'accroître la crise de confiance à l'égard des opérateurs nucléaires. Tepco et une entreprise concurrente avaient déjà reconnu il y a quelques mois avoir dissimulé plusieurs accidents.

    Ajoutant au trouble, elle a fait savoir mardi qu'une petite quantité de matière radioactive avait été rejetée dans l'atmosphère. Une centaine de fûts de déchets faiblement contaminés ont en outre été renversés et le contenu de certains d'entre eux s'est répandu.

    L'un des accidents les plus graves survenus au Japon s'est produit en 1999 à la centrale de Tokaimura, où une réaction en chaîne accidentelle a causé la mort de deux personnes. Une fuite de vapeur sous pression a par ailleurs fait quatre morts, cinq ans plus tard, dans une autre centrale de l'archipel, qui compte 55 réacteurs.

    Treize autres unités sont en construction et les autorités japonaises n'ont pas l'intention de renoncer à une énergie qui fournit 30 à 40% de l'électricité consommée dans le pays.

    7/17/2007

    Mariannne liste les clubs de réflexion, courants politiques d'opposition à Sarkozy

    Les think tanks qui veulent compter dans l'opposition républicaine face à Sarkozy

    Nouveaux clubs de réflexion, fondations, écuries présidentielles : Marianne2007.info vous propose une liste des lieux où se reconstruit l'opposition républicaine.


     

    LES NOUVEAUX CLUBS

    Les think tanks qui veulent compter dans l'opposition républicaine face à Sarkozy
    « Gagner en 2012 »
    Orientation : PS
    Avec : Guillaume Bachelay (qui prendra, à la rentrée, la place de Laurent Fabius au bureau national du PS), Laurent Baumel (responsable national aux études du PS, proche de Dominique Strauss-Kahn)
    Objectifs : rédéfinir les valeurs de la gauche, dépasser les points de clivage qui ont divisé les socialistes et inventer de nouvelles façons de militer.
    Site Web : http://www.gagner-2012.net/

    « La Forge »
    Orientation : PS
    Avec : Benoît Hamon (député européen, secrétaire national à l'Europe du PS) et « des intellectuels, des politiques, des responsables syndicaux… »
    Objectifs : « répondre à l'agenda du gouvernement par un harcèlement culturel contre les présupposés libéraux ».
    Ouverture prévue : à la rentrée

    « Agir pour l'égalité XXème »
    Orientation : PS
    Avec : Michel Charzat (maire PS du XXème arrondissement de Paris), Laurent Fabius
    Objectifs : « participer activement à la refondation de la gauche, pour que la gauche cesse d'être une anti-droite et propose des alternatives crédibles ».

    Les think tanks qui veulent compter dans l'opposition républicaine face à Sarkozy
    « Gauche avenir »
    Orientation : PS-PCF
    Avec : Marie-Noëlle Liennemann (députée européenne PS), Francis Wurtz (député européen PCF), Claude Cabanes (journaliste à l'Humanité), Gilles Candar (historien)
    Objectifs : « reprendre pour la gauche française le combat des idées et offrir une perspective culturelle, voire civilisationnelle ».
    Site Web : http://www.gaucheavenir.org

    Les think tanks qui veulent compter dans l'opposition républicaine face à Sarkozy
    « Maintenant, à gauche ! »
    Orientation : PCF-LCR :
    Avec : Clémentine Autain (apparentée PCF), Christian Piquet (LCR courant minoritaire)
    Objectifs : rapprocher « altermondialistes, communistes, militants de la gauche radicale, écologistes, syndicalistes, féministes, républicains de gauche » afin de conquérir une « majorité à gauche » ,« hors de toute ambiguïté sociale-libérale ».
    Site Web : http://www.maintenantagauche.org/

    « Mémoire des luttes »
    Orientation : « think tank de la gauche radicale de gouvernement »
    Avec : Bernard Cassen (Attac), Ignacio Ramonet (Le Monde diplomatique)
    Objectifs : « Redéfinir un socle idéologique à opposer au projet néolibéral, comme à ses variantes sociales-libérales dans la perspective de la conduite d'une action gouvernementale ». L'association Mémoire des luttes, créée en 2000 et jusqu'ici en sommeil, se réactive dans le cadre d'une collaboration avec la revue Utopie critique.
    Site Web : à venir

    « E3D »
    Orientation : Modem - Cap21 - Ex-Verts
    Avec : Corinne Lepage (présidente de Cap21, Modem), Jean-Luc Benhamias (ex-secrétaire national des Verts, Modem)
    Objectifs : Créer un espace de discussion et de débat pour tous les acteurs de l'écologie politique.
    Site Web : à venir



    CEUX QUI SE REFONDENT

    Les think tanks qui veulent compter dans l'opposition républicaine face à Sarkozy
    « Pour la République sociale »
    Orientation : PS-PCF
    Avec : Jean-Luc Mélenchon (sénateur PS)
    Objectifs : « Refonder une alternative de gauche à la domination matérielle et culturelle du capitalisme de notre époque » et fonder un Linkspartei à la française, sur le modèle du parti dirigé par Oskar Lafontaine, rassemblant des socialistes, des communistes et des altermondialistes.
    Site : http://www.pourlarepubliquesociale.org/


    LES PLUS PRODUCTIFS ET LES PLUS INTELLECTUELS

    Les think tanks qui veulent compter dans l'opposition républicaine face à Sarkozy
    « La République des idées »
    Orientation : social-démocrate
    Avec : Pierre Rosanvallon (professeur au collège de France, co-créateur avec François Furet de la Fondation Saint-Simon dissoute en 1999)
    Objectifs : constituer un atelier intellectuel pour « faire avancer l'idée d'une modernisation politique » dans une « logique d'échange et de confrontations d'idées neuves » avec une large capacité de diffusion.
    La République des idées publie des essais dans la collection éponyme, au Seuil, qui rencontre un franc succès.
    Site Web : http://www.repid.com/

    Les think tanks qui veulent compter dans l'opposition républicaine face à Sarkozy
    « Fondation Res Publica »
    Orientation : République, mondialisation, dialogue des civilisations et des nations
    Avec : Jean-Pierre Chevènement
    Objectifs : constituer un réservoir d'idées pour nourrir les politiques publiques à long terme. Reconnue d'utilité publique en décembre 2005, la Fondation Res Publica a déjà organisé plus de vingt colloques. Plus de 10 colloques sont déjà programmés à partir de la rentrée.
    La Fondation Res Publica parraine des ouvrages dans la collection « L'idée républicaine » aux éditions Fayard.
    Site web : http://www.fondation-res-publica.org/

    Les think tanks qui veulent compter dans l'opposition républicaine face à Sarkozy
    « Fondation Copernic »
    Orientation : PCF-LCR-altermondialiste
    Avec : Évelyne Sire-Marin (magistrate, syndicaliste) et Yves Salesse (Haut-fonctionnaire)
    Objectifs : donner des outils intellectuels à « toutes les organisations politiques, syndicales et associatives ainsi qu'à toutes celles et tous ceux qui ne se résignent pas à l'ordre néo-libéral » pour « remettre à l'endroit tout ce que le libéralisme fait fonctionner à l'envers ».
    La Fondation Copernic publie ses notes aux éditions Syllepses.
    Site Web : http://www.fondation-copernic.org/

    Les think tanks qui veulent compter dans l'opposition républicaine face à Sarkozy
    « Politique Autrement »
    Orientation : « Politique Autrement » souhaite se placer en dehors des clivages partisans, tout en précisant que ses intervenants « excluent tout extrémisme de droite comme de gauche, toute politique ne respectant pas l'autonomie de la société et des individus. »
    Avec : Jean-Pierre Le Goff, président de « Politique Autrement », philosophe et sociologue.
    Objectifs : Réfléchir aux conditions d'un renouveau de la démocratie et de la citoyenneté dans les sociétés développées.
    Site Web : http://www.politique-autrement.org/



    LES ECURIES PRESIDENTIELLES DU PS

    Les think tanks qui veulent compter dans l'opposition républicaine face à Sarkozy
    « A gauche en Europe »
    Avec : Dominique Strauss-Kahn
    Objectifs : « élaborer un corps de doctrine pour la social-démocratie et un projet pour la France et l'Europe de demain », avec Dominique Strauss-Kahn.
    Site Web : http://www.gauche-en-europe.org/

    Les think tanks qui veulent compter dans l'opposition républicaine face à Sarkozy
    « Rassembler à Gauche »
    Avec : Laurent Fabius, Claude Bartolone
    Objectifs : « fédérer les camarades de toutes les sensibilités autour d'une volonté de voir le Parti Socialiste réaffirmer son ancrage » à gauche, autour de la personnalité de Laurent Fabius.
    Site Web : http://www.2007lagauche.net/

    Les think tanks qui veulent compter dans l'opposition républicaine face à Sarkozy
    « Désirs d'avenir »
    Avec : Ségolène Royal
    Objectifs : participer à la création du courant de Ségolène Royal à travers, entre autres, la création d'un réseau de e-militants, et « inventer le socialisme du XXIè siècle ».
    Site Web : http://www.desirsdavenir.org/

    Cette liste ne prétend pas être exhaustive. Si vous estimez qu'un club de réflexion mérite d'y être ajouté, faites-le nous savoir !

     
    Vendredi 13 Juillet 2007 - 15:27
    Anna Borrel

    Séisme au Japon : futs radioactifs tombés ...

    Séisme au Japon: des fûts faiblement radioactifs sont tombés à la centrale de Kashiwazaki Kariwa

    AP | 17.07.2007 |  

     

    Un responsable de la compagnie électrique a confirmé mardi que des barils contenant des déchets faiblement radioactifs sont tombés dans la centrale nucléaire de Kashiwazaki Kariwa lors du séisme de lundi qui a secoué la côte nord-ouest de l'archipel nippon.

    Kensuke Takeuchi, un porte-parole de la centrale de Kashiwazaki Kariwa, a confirmé que ces fûts avaient été renversés. Toutefois, il a refusé de donner de plus amples détails notamment s'il y a un risque de fuite.

    L'agence Kyodo News a rapporté que les autorités japonaises enquêtaient sur une éventuelle nouvelle fuite dans cette centrale nucléaire. Des responsables ont déclaré que plusieurs fûts empilés contenant des déchets faiblement radioactifs sont tombés au cours du séisme d'une magnitude préliminaire de 6,8 sur l'échelle de Richter et certains de ces fûts ont été retrouvés ouverts, selon Kyodo qui cite des responsables de Kashiwazaki, l'une des villes les plus touchées près de l'épicentre.

    La centrale de Kashiwazaki Kariwa est la plus importante du monde en termes de capacité de production. Cinquante-cinq réacteurs fournissent environ un tiers de l'électricité du Japon.

     

    7/15/2007

    Garden Party du 14 juillet '07 à l'Elysée

    Voilà quelques photos prises à la Garden Party à l'Elysée de cette année où j'ai pu me rendre pour la première fois.
    Superbe endroit, cadre magnifique, un peu impressionnée quand même ....
    Plein d'uniformes, plein de flics en civil avec flingue sous la veste, au début plein de vieilles rombières ripolinées et couvertes de bijoux ... là je me suis dite "ben quelle drôle d'idée j'ai eu d'accepter de venir dans ce monde ! qu'est ce que je fiche là !!!" ... j'osais même pas sortir l'appareil photo, peur de faire touriste de base .... et puis zut, c'est pas tous les jours qu'on peut accéder à ce lieu !!
    Alors j'ai fait comme les autres ... sauf que je n'ai pas voulu faire de photo avec un militaire en uniforme ou à coté d'une personnalité (hormis celle grâce à qui je suis venue) ... il y avait plein de nanas qui se faisaient photographier avec des militaires, des légionnaires ...
    Et puis pas de photos de personnalités non plus, c'est gênant je trouve ... sauf le bouffon de Doc Gynéco, anachronique comme présence, non ??? Alors celui-là je l'ai immortalisé ... pour la partie "culturelle" de la journée, version Sarko (on a les références qu'on peut !!!) dommage il fumait pas un pet' !!!
    J'ai pu saluer Fadella Amara. Dans quel bourbier elle est allée se mettre ... Elle n'avait pas l'air super à l'aise, en train de se faire remonter les bretelles d'une façon totalement gougeate par un ex-ministre socialiste qui lui rappelait qu'elle lui devait tout, qu'elle n'était rien par elle-même, et que sans certains soutiens elle ne serait jamais parvenue à rien ; très élégant le monsieur !!! 
     
    Bon sinon, beaucoup de monde (5000 personnes uniquement venues sur invitation), ... et beaucoup de chaises roulantes (par rapport au nombre de participants) ... je n'ai appris qu'après, que Sarko avait demandé que l'on invite en priorité des accidentés de la vie ... Il fait du social à "pas cher" !!!!
    Je trouve que ça a un petit coté Marie-Antoinette, "ils ont faim, ils demandent du pain ? qu'on leur donne donc de la brioche !" ...
    Là c'est pareil, "ils ne trouvent pas de travail, ni de logement ??? qu'on invite donc des handicapés pour montrer à quel point on est humain et social!".
    ... Pour la revalorisation des bas salaires, par contre, allez vous brosser !!
     
     
     
     
    7/10/2007

    article agoravox du 10/07/07 : quartiers et déclassement social

    Quartiers : la crainte de déclassement social des classes moyennes
     
    Dans l’analyse immédiate de la crise des quartiers populaires en France, la politique de la ville fait ici figure de coupable facile. Les arguments ne manquent pas qui critiquent l’incapacité des pouvoirs publics à empêcher la constitution de ghettos sociaux et ethniques aux portes des grandes villes françaises. Mais une série de recherches récentes montre que le renforcement des ghettos français s’explique d’abord par le comportement de fuite des classes moyennes et supérieures qui ne veulent pas prendre le risque de la mixité sociale. Par leurs choix résidentiels et scolaires, les Français, et plus précisément les classes moyennes, tentent de conjurer le risque de déclassement social et de maintenir l’espoir d’une ascension future. Et renforcent, bien malgré eux, la ghettoïsation de certains quartiers.

    UN REJET SOCIAL

    L’économiste Eric Maurin a montré que toutes les couches de la population s’évertuaient à trouver un "entre soi" protecteur. "De fait, le "ghetto français" n’est pas tant le lieu d’un affrontement entre inclus et exclus que le théâtre sur lequel chaque groupe s’évertue à fuir ou à contourner le groupe immédiatement inférieur dans l’échelle des difficultés. A ce jeu, ce ne sont pas seulement des ouvriers qui fuient des chômeurs immigrés, mais aussi les salariés les plus aisés qui fuient les classes moyennes supérieures, les classes moyennes supérieures qui esquivent les professions intermédiaires, les professions intermédiaires qui refusent de se mélanger avec les employés, etc.", écrit le chercheur dans Le Ghetto français (Seuil, 2004, 95 pages).

    Les choix résidentiels s’effectuent dans cette logique mais avec l’obstacle, considérable, du prix des logements, notamment en région parisienne. Les stratégies d’évitement des écoles situées dans les quartiers populaires représentent une alternative plus simple, qu’il s’agisse du recours à l’enseignement privé ou du contournement de la sectorisation des collèges publics dont la suppression de la carte scolaire inaugurée par le nouveau gouvernement ne fera qu’aggraver encore plus les différences de traitement et d’accessibilité à une éducation de qualité. A Paris, au moins 40 % des familles évitaient, avant la réforme du ministre d’Etat Xavier Darcos concernant l’assouplissement de la carte scolaire, leur collège de rattachement de manière légale, tandis qu’une proportion inconnue s’en détournait en usant de moyens illégaux (fausse domiciliation, par exemple).

    Le calcul des familles est rationnel, difficilement critiquable, dans la mesure où l’environnement social est un facteur déterminant dans la réussite scolaire. Mais les conséquences de ces décisions individuelles sont désastreuses d’un point de vue collectif. Le sociologue Georges Felouzis a ainsi montré que les stratégies d’évitement scolaire amplifient, de manière considérable, la ségrégation ethnique découlant des politiques d’urbanisme.

    A partir d’une enquête sur l’académie de Bordeaux, le sociologue montre que, pour les établissements ghettos, les stratégies d’évitement des familles multiplient par 2, voire 2,5, la proportion d’élèves issus de l’immigration, par rapport à la population des quartiers concernés, pourtant eux-mêmes "ghettoïsés". Au final, 10 % des établissements étudiés par M. Felouzis scolarisent 40 % des élèves issus de l’immigration, tandis que les plus favorisés en comptent moins de 1 %, ce qui conduit le sociologue à parler d’ "apartheid scolaire", titre de son dernier ouvrage (Seuil, 2005, 233 pages).

     

    LA FIN DU MELTING-POT À LA FRANÇAISE

    Face à l’acceptation théorique de la mixité sociale, mais à son refus concret par les intéressés, les pouvoirs publics ne peuvent pas grand-chose pour redonner confiance dans les établissements populaires. La sectorisation des collèges montrait certes ses limites, mais aucune solution alternative sérieuse n’a jusque-là été proposée, suppression de la carte scolaire y compris. La constitution de classes de niveau, pour retenir les élèves issus de milieux favorisés, est pratiquée dans certains collèges, mais reste interdite par les textes officiels. Les expériences de création de filières d’excellence paraissent intéressantes pour attirer les meilleurs élèves mais n’ont pas, pour l’instant, dépassé le stade expérimental. Le renforcement des moyens attribués aux zones d’éducation prioritaires semble le plus efficace, mais suppose, de l’avis des experts, un recentrage sur le cœur du problème, et non pas, comme aujourd’hui, sur 20 % des élèves.

    Au-delà de la gestion de crise, les difficultés actuelles ne se résoudront donc pas dans les cités. Fondamentalement, la question essentielle est celle de la perte de confiance ou, plus grave, du rejet, par la société, de la mixité sociale. Qui peut encore s’opposer au rejet social de ce principe ? Sûrement pas les élites politiques, intellectuelles et médiatiques qui évitent depuis longtemps de subir les conséquences de la mixité sociale.



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    20 minutes du 10/07/07 : mise au point de B. HAMON sur le "choix" de DSK par Sarko

    Enfin un commentaire officiel du PS qui explique la réalité des faits !!
    Il était temps de mettre enfin à jour cette nouvelle manipulation de l'information et des medias par Sarkozy, et dans laquelle tout le monde plonge faute de connaitre un minimum le fonctionnement des institutions internationales (... et c'est pas une tare ! c'est suffisamment compliqué pour qu'on s'y perde, mais là, en l'occurrence les ficelles étaient un peu grosses et le PS aurait pu et dû désamorcer cette fanfaronnade de Sarko dès le départ !) !
    NON Sarko n'est pas décisionnaire, NON la candidature de DSK n'a strictement rien à voir avec une quelconque trahison ou un quelconque ralliement au gouvernement Fillon ! OUI évidemment que DSK a les compétences pour occuper ce poste ! .. et OUI bien sûr ce serait bon pour la France (et pour le PS aussi !) qu'il soit nommé à la direction du FMI !

    Voilà, c'était mon billet d'humeur du jour ; vous trouverez ci-dessous la nouvelle AFP-20Minutes + un peu d'info sur le FMI, pour ceux que celà intéresserait ...
    Communiqué de Benoit Hamon à diffuser sans modération pour clarifier la situation ! merci !
     

    DSK au FMI: Sarkozy veut "tirer profit" d'un choix qui n'est pas de lui, selon le PS Benoît Hamon

    Le député européen socialiste Benoît Hamon, le 22 mai 2007 à Bezons

    Vincent Nguyen AFP/Archives ¦ "On a besoin de Dominique Strauss-Kahn dans la rénovation du Parti socialiste, comme on a besoin de tous les socialistes, on a besoin qu'ils soient à l'intérieur du PS et qu'ils consacrent leur énergie à faire cette rénovation plutôt qu'à en parler, et seulement en parler", a dit M. Hamon au nom du PS, lors du point de presse hebdomadaire du parti. 

    Benoît Hamon, député PS européen, a reproché mardi à Nicolas Sarkozy de vouloir "tirer un profit" politique de la candidature de Dominique Strauss-Khan à la direction du FMI, alors que l'idée ne vient pas de lui mais du président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker.
    Sur France 2, le responsable socialiste a tenu à dire que la candidature de l'ancien ministre socialiste de l'Economie au FMI "n'a rien à voir avec les ralliements au gouvernement" de personnalités issues de la gauche.
    Il a ajouté que "cela repose sur un consensus des dirigeants européens entre eux".
    Selon Benoît Hamon, Nicolas Sarkozy n'est pas à l'initiative de cette candidature, contrairement à "ce qu'il dit". "Il essaie de tirer un bénéfice intérieur d'une proposition de candidature qui avait été faite d'abord par Jean-Claude Juncker, Premier ministre luxembourgeois et patron de l'Eurogroupe. Il essaie de tirer un profit d'un choix qui n'a pas été le sien initialement", a-t-il affirmé.
    Interrogé sur l'ouverture pratiquée par Nicolas Sarkozy, Benoît Hamon a rappelé que "le PS n'est pas dans l'ouverture". "Un certain nombre de personnalités ont accepté d'aller remettre en cause leurs engagements de campagne pour travailler avec Nicolas Sarkozy. Je suis pour qu'on ait la plus grande fermeté vis-à-vis de ce type de comportement", a-t-il dit.
    Pour lui, "ceux et celles qui décident aujourd'hui de collaborer à la politique de la droite (...) se mettent naturellement en congé du PS".
    Il a ajouté qu'à ses yeux, "ce ne serait pas une bonne idée" que Jack Lang accepte de siéger dans la commission sur les institutions.
    Cette commission va "écrire une réforme qui dans la pratique a déjà commencé, c'est-à-dire l'hyperprésidentialisation", a-t-il estimé.
    Par ailleurs, le député européen a souligné qu'avec les "14 milliards de cadeaux fiscaux" accordés aux "plus aisés" Nicolas Sarkozy aurait pu financer des logements sociaux, revaloriser le Smic ou encore augmenter le budget de la justice.
    "Celles et ceux qui ont voté pour nous, eux, ne seront pas satisfaits dans leurs conditions d'existence des conséquences de cette politique", a affirmé ce proche de François Hollande.
    Benoît Hamon a ajouté n'avoir "aucune indulgence" vis-à-vis de cette politique. Nicolas Sarkozy "va donner 14 milliards de cadeaux fiscaux notamment aux plus aisés. Il ne revalorise pas en contrepartie l'allocation de rentrée scolaire. Il aurait pu financer le doublement du budget de la justice, financer 120.000 logements sociaux, il ne le fait pas et ne revalorise pas le Smic", a-t-il dénoncé.
    Le coût du "paquet fiscal", discuté à partir de ce mardi à l'Assemblée, a été estimé à "plus de 13 milliards d'euros" par la ministre de l'Economie Christine Lagarde en année pleine.
    En outre, selon M. Hamon, le chef de l'Etat est "incapable" de "démontrer que l'argent économisé par les plus aisés va amener des emplois, de l'investissement".
    "Quand vous donnez 100 euros à quelqu'un qui est riche, en général il les épargne. Quand vous donnez 100 euros à quelqu'un qui est modeste, en général, il les consomme et cet argent est utile", a-t-il ajouté.

    Vincent Nguyen AFP/Archives ¦ "On a besoin de Dominique Strauss-Kahn dans la rénovation du Parti socialiste, comme on a besoin de tous les socialistes, on a besoin qu'ils soient à l'intérieur du PS et qu'ils consacrent leur énergie à faire cette rénovation plutôt qu'à en parler, et seulement en parler", a dit M. Hamon au nom du PS, lors du point de presse hebdomadaire du parti. 


    © 2007 AFP
    20Minutes.fr avec AFP, éditions du 10/07/2007 -

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    Le FMI en un clin d'œil

    Le Fonds monétaire international a été créé en 1945 pour promouvoir le bon fonctionnement de l'économie mondiale. Basé à Washington D.C., il est gouverné par ses 185 États membres — soit la quasi-totalité des pays du monde — devant lesquels il est responsable.

    Qu'est-ce que le Fonds monétaire international ?

    Le Fonds monétaire international — connu également sous le nom de «FMI» ou «Fonds» — a vu le jour en juillet 1944, à une conférence des Nations Unies qui s'est tenue à Bretton Woods (New Hampshire, États–Unis). Les 45  gouvernements alors représentés voulaient établir un cadre de coopération économique conçu pour prévenir le retour aux politiques économiques désastreuses qui avaient contribué à la Grande Dépression des années  30.

    Le FMI en chiffres

    • Nombre de pays membres : 185 pays.
    • Services du FMI : 2.716 employés environ, originaires de 165 pays
    • Total des quotes-parts : 317 milliards de dollars EU (au 31 juillet 2006)
    • Encours des prêts : 28 milliards de dollars EU à 74 pays, dont 6 milliards de dollars à des conditions concessionnelles à 56 pays (au 31 juillet 2006)
    • Assistance technique : 429,2 personnes-années durant l'exercice 2006
    • Consultations achevées au titre de la surveillance : 128 pays au cours de l'exercice 2006, avec la publication volontaire des rapports des services du FMI pour 122 pays
    L'article I des Statuts du FMI énonce les principaux buts de l'institution :
    • promouvoir la coopération monétaire internationale;
    • faciliter l'expansion et la croissance équilibrées du commerce mondial;
    • promouvoir la stabilité des changes;
    • aider à établir un système multilatéral de paiements;
    • mettre ses ressources (moyennant des garanties adéquates) à la disposition des pays confrontés à des difficultés de balance des paiements.

    Activités du FMI

    Plus généralement, le FMI est chargé d'assurer la stabilité du système monétaire et financier international — le système international de paiements et de taux de change des monnaies nationales qui rend possible le commerce entre pays. Le FMI poursuit les objectifs suivants : promouvoir la stabilité économique et prévenir les crises; contribuer à la résolution des crises, lorsqu'elles se produisent; promouvoir la croissance et alléger la pauvreté. Pour atteindre ces objectifs, il exerce trois fonctions essentielles : surveillance, assistance technique et opérations de prêts.
    • Le FMI s'attache à promouvoir la croissance et la stabilité économique à l'échelle mondiale — et, partant, à prévenir les crises économiques — en encourageant les pays à adopter des politiques économiques saines.
      La surveillance comprend le dialogue que le FMI entretient régulièrement avec chaque État membre et les conseils de politique économique qu'il leur fournit. À intervalles réguliers (habituellement une fois l'an), le FMI évalue en profondeur la situation économique de chaque pays. Il examine avec les autorités les mesures les plus propices à la stabilité des taux de change, à la croissance et à la prospérité de l'économie. La décision de publier les rapports d'évaluation du FMI appartient à chaque pays membre concerné : l'écrasante majorité des pays choisissent la transparence et diffusent au public des informations détaillées sur la surveillance bilatérale dont ils font l'objet. En outre, le FMI s'appuie sur les informations obtenues au cours des diverses consultations pour dresser des bilans et tracer des perspectives au plan régional et mondial. Il publie ces travaux deux fois par an dans les Perspectives de l'économie mondiale et le Rapport sur la stabilité financière dans le monde.
      Le FMI offre aux pays membres une assistance technique et une formation — gratuitement dans la plupart des cas — pour les aider à renforcer leur capacité de conception et d'application de politiques efficaces. L'assistance technique porte notamment sur la politique de finances publiques, la politique monétaire et de change, le contrôle et la réglementation du système bancaire et financier, et les statistiques.
    • Le FMI est aussi un fonds auquel les pays membres peuvent avoir recours en cas de difficultés de balance des paiements, pour contribuer à leur redressement.
      Par ses concours financiers, le FMI donne aux États membres le répit dont ils ont besoin pour remédier à leurs problèmes de balance des paiements. Un programme économique appuyé par le FMI est conçu par les autorités nationales en coopération étroite avec les services de l'institution, et les concours financiers restent subordonnés à la réalisation effective de ce programme.
    • Par ailleurs, le FMI se consacre activement à la réduction de la pauvreté dans le monde entier, soit de façon indépendante, soit en collaboration avec la Banque mondiale et d'autres institutions.
      Le FMI accorde une assistance financière par le biais de son mécanisme de prêts concessionnels — la Facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) et la Facilité de protection contre les chocs exogènes (facilité PCE) — ainsi qu'au moyen d'allégements de dette dans le cadre de l'Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (Initiative PPTE) et l'Initiative d'allégement de la dette multilatérale (IADM).
      Dans la plupart des pays à faible revenu, cette assistance repose sur les documents de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP). Préparé par les autorités nationales — en consultation avec la société civile et les partenaires extérieurs pour le développement —, le DSRP présente le cadre global de la politique économique, structurelle et sociale mise en œuvre pour promouvoir la croissance et réduire la pauvreté dans le pays concerné.

    Gestion et organisation du FMI

    Le FMI doit rendre compte aux gouvernements de ses pays membres. Au sommet de la pyramide institutionnelle se trouve le Conseil des gouverneurs, qui comprend un représentant de chacun des 185 pays membres. Tous les Gouverneurs se réunissent une fois par an, à l'occasion de l'Assemblée annuelle du FMI et de la Banque mondiale; 24 d'entre eux siègent au Comité monétaire et financier international (CMFI), qui se réunit deux fois l'an. La gestion courante du FMI est assurée à Washington par un Conseil d'administration composé de 24 membres, dont les activités sont guidées par le CMFI et appuyées par les services professionnels du FMI. Le Directeur général dirige les services du FMI et préside le Conseil d'administration. Il est assisté de trois Directeurs généraux adjoints.
    Le FMI reçoit ses ressources de ses pays membres, essentiellement par le biais du paiement de leurs quotes-parts, dont le montant dépend généralement de la taille respective de leur économie. Le montant total des quotes-parts est le facteur le plus important qui détermine la capacité de prêt du FMI. Les dépenses annuelles de fonctionnement du FMI sont principalement financées par la différence entre les recettes d'intérêts (sur l'encours des prêts) et les versements d'intérêts (sur les «dépôts» de quotes-parts).
    Des renseignements complémentaires sont disponibles sur le site Internet du FMI www.imf.org.


     



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    7/9/2007

    Le concept de "décroissance" par Serge Latouche





    Le pari de la décroissance

    latouche1.JPGSus à la « rationalité » économique.  Reconnu pour ses nombreux travaux, l’économiste français Serge Latouche démonte pied à pied le dogme de la croissance. Et juge perverse la notion de développement durable. Une « illusion » doublée d’un « mythe » que les élites occidentales refusent de questionner alors que la planète est au bord du crash.

    Les tables du café « Le Métro », place Maubert, se confondent avec le planisphère. En filigrane, la carte du monde y imprime les contours d’une globalisation que l’homme récuse. Capitaine de la relocalisation de l’économie, Serge Latouche aimer jeter sur le papier  l’encre de ses idées « révolutionnaires » dans ce port d’attache situé à une encablure de son appartement parisien. Avis de tempête : à l’heure où le climat planétaire se dérègle, l’économiste au long cours dresse un réquisitoire contre la société de consommation.

    Votre dernier ouvrage (1), Le pari de la décroissance, met en pièce le discours dominant fondé sur la nécessité de croissance pour satisfaire nos besoins…

    La croissance, c’est une théorie économique. La décroissance c’est un slogan qui veut casser la langue de bois car on ne s’interroge pas assez. Pourquoi faudrait-il plutôt croître que décroître ? On prend pour fin ce qui ne peut être qu’un moyen. La croissance pour satisfaire nos besoins, cela a sans doute du sens. Mais cette croissance est tel un fleuve en crue. La décroissance, c’est la décrue nécessaire de ce cours d’eau qui inonde tout. Si on voulait être rigoureux, il faudrait parler d’a-croissance. C’est-à-dire rompre avec une religion, un culte, une croyance, une foi qui nous imprègne tous. On a été formaté par cet imaginaire du « toujours plus », de l’accumulation illimitée, de cette mécanique qui semblait vertueuse et qui maintenant apparaît infernale par ses effets destructeurs sur l’humanité et la planète. La nécessité de changer cette logique est de réinventer une société à échelle humaine, une société  qui retrouve le sens de la mesure et de la limite qui nous est imposée parce que, comme le disait mon confrère Nicolas Georgescu, « une croissance infinie est incompatible avec un monde fini ».Le groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution sur le climat vient justement de repréciser la menace climatique en rappelant la nécessité de diminuer de 80 % notre dépendance aux énergies fossiles, d’ici 40 ans, pour éviter la catastrophe… 

    Cela apporte-t-il de l’eau au moulin de votre "théorie" de la décroissance ?

    Le concept de décroissance a deux sources : une source anthropologique qui est la critique ancienne de l’économie, de la modernité et de la base originelle de « l’homo economicus » et qui a eu son heure de gloire dans les années soixante-dix. Le message d’Yvan Illich, dont je me considère comme un disciple, c’est que nous vivrions mieux si nous vivions autrement. Autrement dit, il est souhaitable de sortir de ce système qui nous mène à la catastrophe. Le deuxième volet de la théorie de la décroissance, lié à l’écologie et au rapport du club de Rome, notamment, c’est qu’elle est impérative pour des raisons physiques. Il faut donc mêler les deux : le souhait et la nécessité. On peut vivre très bien autrement. C’est pour cela que mon dernier livre est un pari au sens pascalien du terme. Cela vaut le coup, on a rien à perdre, on a tout à gagner.

    La décroissance, c’est l’utopie du XXIe siècle ?

    L’humanité obéit à deux moteurs essentiels, l’idéal, d’abord. Même chez les pires crapules, il y a toujours une aspiration à un mieux et à un monde meilleur. C’est important de promouvoir une utopie comme but. Le deuxième ressort, c’est la contrainte. Et les menaces sont réelles à ce sujet. Le pari de la décroissance, c’est un pari sur l’avenir et l’humanité. Que l’humanité éclairée par l’utopie concrète combinée avec les contraintes soit incitée à prendre la voie d’une démocratie écologique plutôt que celle d’un suicide collectif. Comme tout pari, c’est loin d’être gagné. Mes professeurs d’économie parlaient de cercles vertueux de la croissance et évoquaient le triangle « gagnant, gagnant, gagnant ». Mais non, il y a des perdants. Et la nature est clairement perdante. Le dérèglement climatique actuel, c’est « seulement » l’effet de la prédation du Tiers-Monde et des trente glorieuses. Donc, cela signifie qu’on ne ressent pas encore l’effet des émissions que nous relâchons aujourd’hui dans l’atmosphère. Il est urgent d’engager un cercle vertueux de la décroissance.

    Pour formuler cette utopie, vous allez à rebrousse-poil de ce qui fait consensus aujourd’hui. Le développement durable est une notion invoquée comme un recours par tous les acteurs et vous dites qu’il ne peut mener qu’à une impasse…

    Le développement durable a une fonction magique et incantatoire. On voit bien que la rupture nécessaire, ce n’est pas la rupture tranquille de Nicolas Sarkozy. C’est une vraie rupture avec la logique d’un système qui nous a mené dans une impasse. Il convient de faire l’analyse du système, voir pourquoi nous en sommes là et puis d’en changer. On vivrait mieux si on en sortait de ce système dont nous sommes toxico-dépendants.

    Comment ? 

    Dans le problème de la drogue, il y a les drogués et les drogueurs. Ces derniers, on les connaît, se sont regroupés au sein du Conseil mondial pour le développement durable qui regroupe tous les plus gros pollueurs de la planète. Soit deux mille firmes transnationales. Et les drogués, c’est nous. Le problème, c’est que les drogués ont du mal à ne plus fréquenter leur dealer plutôt que d’entreprendre une cure de désintoxication. Et comme les drogueurs ne veulent pas que les drogués se libèrent, rien de tel, dès lors, que de l’euphorisant. Le développement durable est la plus géniale invention sémantique pour tromper les gens. C’est promettre le beurre et l’argent du beurre. On sait très bien que c’est notre développement et le mythe de la croissance qui se sont mis en place au XVIIIe siècle nous amènent dans le mur. Mais notre société, qui ne veut pas changer les choses, préfère changer le mot en collant au développement un adjectif : le développement n’est pas soutenable et contre toute évidence on affirme que l’on va pouvoir soutenir un développement durable.

    Vous parlez de bricolage, de concept antinomique et même d’une imposture…

    Le développement durable est pervers parce que de l’extrême droite à l’extrême gauche, des politiques aux hommes d’affaires, des syndicats aux médias, tout le monde se met d’accord sur ce concept. Or, le fait qu’il y ait une telle unanimité devrait être suspect car il est difficile de concilier des intérêts aussi antagonistes que ceux de la bourse et de la classe ouvrière…

    Que proposez-vous à la place ?

    Il convient d’abord de changer les valeurs et de décoloniser l’imaginaire du développement comme disait Castoriadis. Et que s’articule un nouvel imaginaire capable de remplacer celui de la société de consommation et du toujours plus. Le développement durable, c’est toujours plus, avec juste un petit peu moins ! 

    L’opinion est-elle prête à accepter la décroissance « raisonnable, sereine et conviviale » que vous proposez ?

    Dans les débats que j’ai eu avec les hommes politiques, certains me disent on est d’accord avec ce que vous dites, mais comment faire passer cela dans l’opinion. Ils me disent : jamais nos électeurs n’accepteront la décroissance. Mais aucun n’a pensé leur demander ! On refuse le débat démocratique alors qu’une grande partie de la population y aspire : que l’on songe aux organismes génétiquement modifiés, au nucléaire, aux nanotechnologies, les débats sont confisqués. En Suisse, contre la majorité des hommes politiques, les citoyens ont dit non aux OGM… Les hommes politiques, frileux ou manipulés par les lobbies, renvoient la responsabilité à l’opinion pour ne pas prendre leur propre responsabilité. La société dans laquelle nous vivons renforce cette tendance à la schizophrénie.

    Vous plaidez pour une réduction drastique du temps de travail. Et le reste du temps, on fait quoi ?

    On redécouvre la vie. Le travail est un  mot emprunté à un instrument de torture. Et le travail, aujourd’hui, c’est encore la contrainte, ce n’est pas l’oeuvre au sens artisanal ou artistique  du terme. Non, le travail c’est la galère. Il faut s’embaucher chez un patron parce que nous avons été expropriés de nos moyens de production. Et la vraie vie commence souvent en dehors du boulot. Dans l’Antiquité, on discutait des affaires de la cité. Pour nous, retrouver du temps, cela consisterait à savoir si cela vaut mieux d’utiliser des technologies qui rendent la vie plus humaine. Il y avait trois dimensions de l’activité éveillée de l’homme : l’animal qui travaille, l’oeuvre et l’activité politique. Et en dehors de cela, la vie contemplative, le rêve, la méditation ou le plaisir de ne rien faire occupaient une grande place. On ne serait plus capable, aujourd’hui, de jouir du plaisir de ne rien faire et d’écouter pousser le riz comme on dit au Laos. Il convient de reprendre possession de la vie et du temps : redécouvrir la lenteur, les autres dimensions de l’activité humaine. De ce point de vue, les 35 heures ont été catastrophiques, parce que cela a amené un grand nombre de personnes à consommer plus de loisirs marchandisés plutôt que de retrouver du temps pour eux et s’investir dans la vie sociale.

    Vos propositions ne risquent-elles pas d'accroître les inégalités et le chômage ? 

    Au cours des deux derniers siècles, les gains de productivité ont été multipliés par trente et le temps de travail officiel a été diminué par deux. L’emploi salarié, lui, a été augmenté par 1,75. Il serait temps de transformer les gains de productivité en augmentation de l’emploi et en diminution du temps de travail. A l’époque de mes études, mes professeurs parlaient des cercles vertueux de la croissance qui se sont montrés au fil du temps singulièrement pervers. Avec l’obligation de réduire notre empreinte écologique, nous sommes engagés dans une guerre pour la survie de l’humanité. Et la logique de guerre est une logique de rationnement. S’il n’y a plus d’eau, on la rationnera, ce qui engendrera une politique de redistribution. Moins de 20 % de la population mondiale consomme 86 % des ressources de la planète. Nous sommes déjà dans l’inégalité criarde. Il faudrait trois planètes si chaque être humain vivait comme un Européen.

    Vous remettez en cause le système. Les individus sont aussi responsables à ce niveau…

    Lorsque j’ai rempli les cases de mon empreinte écologique, je me suis aperçu qu’il y avait quelque chose qui clochait dans cette affaire : l’empreinte écologique de la France était inférieure à une planète jusque dans les années soixante-dix, maintenant nous sommes à trois planètes comme la Belgique. Moi, j’étais déjà un adulte à cette époque-là : est-ce que je mange trois fois plus de viande, est-ce que je consomme trois fois plus de vêtements, d’eau ou d’électricité aujourd’hui ? Non. Que s’est-il passé ? La viande que je consomme maintenant ne provient plus de troupeaux élevés sur les prairies de Normandie ou du Charolais ; elle provient d’animaux élevés avec des tourteaux de soja qui sont faits sur les brûlis de la forêt amazonienne et qui sont mélangés avec des farines animales de mais qui rendent les vaches folles. Le yaourt que l’on fabriquait chez soi, on ne peut plus le faire parce que le lait est trafiqué et parcourt parfois  9000 km en avion ! Les vêtements produits à Lille sont désormais faits à base de fibres en provenance de Honk Kong. Ce n’est pas notre consommation qui a explosé, il ne faut donc pas culpabiliser les gens mais changer le système et s’attaquer aux drogueurs.

    Par quels moyens ? 

    Par tous les moyens possibles : par le vote, la désobéissance civile, les fauchages d’OGM… Il y a mille moyens possibles pour remettre en question la logique de globalisation. Il faut exiger la relocalisation de l’économie. Il est absurde d’importer de l’eau d’Italie par camion et d’y exporter la nôtre de la même manière. On raconte cette histoire désopilante d’un camion qui transportait des tomates élevées sous serre en Hollande et qui a percuté, sur la nationale 7, un camion qui transportait des tomates d’Espagne vers la Hollande.

    Ceux qui font le choix de réduire leur empreinte et de vivre autrement apparaissent encore comme des extra-terrestres…

    Comme disait Aristote, celui qui vit en dehors de la cité est soit un dieu soit un démon. C’est une démarche qu’il est difficile d’entreprendre en solitaire. On a besoin d’être conforté. par les autres. Des initiatives d’actions collectives se font jour un peu partout. Le fait que l’on forme une petite société à l’intérieure de la grande est très important pour conforter ces choix, sinon, cela s’essouffle très rapidement. L’ivresse joyeuse de l’austérité volontaire, comme disait Illich, est nécessaire. Mais il faut aider les gens à découvrir ou renouer avec cela.

    Que vous inspire le pacte écologique de Nicolas Hulot ?

    Il y a un décalage entre les faibles engagements demandés aux hommes politiques et les analyses du pacte.  Une chose fondamentale manque : c’est l’analyse de la logique de fonctionnement des drogueurs. Nous avons trois pousse au crime dans cette logique du consommer toujours plus. Primo, la pub. Deuzio, l’obsolescence programmée et tertio, le crédit. La pub, c’est le deuxième budget mondial qui pousse les gens à être mécontent de ce qu’ils ont et n’ont pas. Elle a pour but de rendre les gens toujours plus insatisfaits. Cette tension psychologique pèse 500 milliards d’euros de dépenses annuelles. C’est donc 500 milliards de pollution matérielle si l’on songe à nos boîtes aux lettres, 500 milliards de pollution visuelle à travers les écrans publicitaires et ces panneaux qui saccagent les vues, 500 milliards de pollution auditive à travers les émissions et finalement 500 milliards d’une pollution mentale et spirituelle qui s’insinue partout.

    Vous prônez l'interdiction de la pub ? 

    Tout programme politique qui voudrait initier cette rupture devrait imposer une limitation très forte des dépenses de publicité, ce qui aurait pour effet une dépollution mentale. Quand on veut se sevrer de la drogue, cela ne se fait pas du jour au lendemain, même si on sait qu’à la fin on ne piquera plus à la morphine.

    Le pacte de Nicolas Hulot propose notamment de transformer l’économie du tout jetable en une éco-économie fonctionnelle basée principalement sur la location des biens, leur réutilisation, leur recyclage et la mise en place de services susceptibles d’utiliser beaucoup de main d’œuvre…

    Ces analyses sont excellentes. Chaque mois, une trentaine de navires américains vont déverser des ordinateurs usagers en Afrique. On envoie à la poubelle des téléviseurs, des magnétos, des téléphones portables que personne ne peut réparer parce que c’est plus cher que d’acheter du neuf . Et pour cause, tout ce matériel est  fabriqué par des travailleurs que l’on paie avec un lance pierres en Asie et qui voyage avec du kérosène détaxé. Une quantité de métiers intéressants et qui ont disparu pourraient se développer sur base d’un autre modèle. Même mes lunettes sont programmées pour êtres jetées. Une des branches a cassé hier et mon oculiste m’a dit, « Ah ! non cela ne se répare pas, elles sont faites pour durer deux ans ».

    Vous prédisez la faillite de la société de crédit… 

    Dans la société de précarité actuelle, de moins en moins de gens ont des revenus suffisants pour renouveler leurs achats. On les pousse donc à s’endetter. Le crédit fait marcher la machine du côté des entrepreneurs, qui empruntent pour investir et doivent dès lors dégager de la marge et produire plus pour rembourser. Au niveau des consommateurs, les Français viennent de crever le plafond. On est à plus de 80 % du produit intérieur brut d’endettement. Il est vrai qu’on a encore beaucoup à faire pour rattraper les Américains qui sont à plus de 200 % d’endettement. Mais un pas supplémentaire vient d’être franchi en ce sens puisque des crédits hypothécaires à 50 ans sont désormais ouverts. On pourra bientôt faire un investissement qui sera payé avec le revenu de l’an 3000.

    C’est l’endettement… durable !

    On sait qu’il n’y aura peut-être plus de planète et par conséquent plus d’humanité dans un siècle ou deux. C’est la fuite en avant : certains Américains s’endettent, se mettent en faillite, se rendettent ensuite… C’est une des raisons pour lesquelles le système financier bancaire va s’écrouler parce que cela atteint une limite. Les banques s’y retrouvent encore en se rattrapant sur la bête. Mais il y a un moment ou cela ne fonctionne plus parce qu’il y a trop de tricheurs. Les banques commencent d’ailleurs à s’inquiéter et si elles s’arrêtent, le système s’écroulera. Tous les économistes, en privé, concèdent que cela va s’écrouler à un moment ou l’autre. On sait bien que les arbres ne peuvent pas monter jusqu’au ciel.

    Vous prônez la révolution des mentalités. Y a-t-il des révolutions sans mort ?

    Cela se fera probablement dans la douleur mais on peut concevoir un processus pacifique de changement. On n’applique pas le principe du pollueur payeur car aujourd’hui, c’est le pollué qui paie. Si, élu président, j’applique ce programme à la lettre dans les huit jours qui suivent mon élection, je risque de me faire assassiner ! Mais la violence n’est pas le fait de ceux qui veulent une société plus juste et plus humaine. A moins que de considérer que de taxer les pollueurs, c’est faire violence aux pollueurs à partir du moment ou ils ont pris l’habitude de faire payer les autres.

    Le pays du sud n’entendent pas modérer leur croissance et leur consommation énergétique et aspirent au même bien-être que nous. La Chine deviendra pourtant bientôt le premier pollueur mondial…

    Nous avons déréglé la planète et nous avons un devoir d’exemple. Ce serait indécent d’aller dire aux Chinois qu’ils doivent changer. Quantitativement, ils émettront bientôt plus de gaz à effet de serre que les Etats-Unis, mais pas par tête d’habitant. Moi je suis relativement optimise parce que je pense que les Chinois sont un peuple qui a une culture millénaire très forte et ils ne souhaiterons pas la voie américaine. Ils sont déjà très conscients des problèmes. Deux  guerres de l’opium ont forcé la Chine a sortir de son coco et on désespérait du développement du capitalisme en Chine après 50 ans de communisme. Maintenant que ça y est, ce la paraît aux yeux de certains catastrophique alors que l’Occident a tout fait pour cela. L’inconscience de ceux sui ont propagé le virus est incommensurable. Ce qui est clair, c’est que demain,  la Chine  dictera sa loi au monde. Si la planète doit être sauvée, c’est parce que les Chinois l’auront décidé. Personnellement, j’ai tendance à faire plus confiance aux Chinois qu’aux Américains pour sauver la planète.

    Et l’Inde ?

    Là, il y a des vrais mouvements écologistes, des vraies luttes… Ce n’est pas un hasard si un des livres de Vandana Shiva a été publié avec le même titre qu’un de mes ouvrages, « Survivre au développement ». Le signal d’alarme est tiré en Inde depuis longtemps. On pourrait retrouver chez Gandhi le message de la décroissance. Gandhi disait : « Il nous faut vivre plus simplement tout simplement pour que les autres puissent vivre ». L’Inde et la Chine portent en elles le destin de la planète. A nous nous de faire notre part du boulot pour démondialiser l’économie. La fin du pétrole engendrera une relocalisation des économies, ce que ni veut pas dire un repli sur soit. Keynes disait : « Les idées doivent circuler le plus librement possible et en revanche, les capitaux et les marchandises le moins possible. »

    On est loin de la mondialisation heureuse d’Alain Minc…

    Quelle mondialisation heureuse ? L’Afrique réussit à survivre avec moins de 2 % du produit mondial. Quelque 600 à 700 millions d’Africains vivent avec rien, en dehors de l’économie. Ils ne vivent pas bien. Ce ne sont pas des gros consommateurs même s’ils nous exportent des aliments pour animaux au plus fort des famines. Mais ils ont cette capacité extraordinaire de se débrouiller grâce aux réseaux de solidarité. En mettant en commun leur extrême pauvreté et précarité, ils arrivent à survire et à rire. Je suis toujours frappé par l’extraordinaire vitalité de la population  qui démontre que l’on peut vivre hors de l’économie et que le lien est plus important que le bien. Cela nous montre que si nous ne sommes pas assez sages à temps, il faudra apprendre à l’être dans des conditions difficiles et que nous pourrons retrouver la leçon de l’autre Afrique. Que le souhaitable rejoindra le raisonnable…

    Vous sentez-vous isolé parmi les économistes ?

    J’ai pris pour devise celle de Guillaume le Taciturne : « Il n’est pas besoin d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer. Cela lui a réussi puisqu’il a porté l’indépendance des Pays-Bas contre Philippe II. Ce n’était pas gagné d’avance et il l’a payé de sa peau.

    Tous mes collègues économistes ne sont pas mauvais. Mais le problème c’est que leur capacité de nuisance se déploie à fond pendant leur active et quand ils prennent  leur retraite ils commencent à afficher un certain repentir. C’est trop tard, on les prend pour des gâteux. Un de mes confrères disait : « Celui qui croit qu’une croissance infinie est possible dans un monde fini est soit un économiste, soit un fou ».

    Propos recueillis à Paris le 13 février 2007 par Christophe Schoune

    (1) Le pari de la décroissance, Fayard 2006, 302 pages, 19 euros.

    Interview publiée en partie dans Le Soir du 19 février 2007

    7/7/2007

    Gauche Avenir / Succès, diversité, initiatives pour la réunion de lancement de « Gauche Avenir »



                              
    >
    SECONDE RENCONTRE DES SIGNATAIRES DE GAUCHE AVENIR 
    > Audition d'Emmanuel Todd le 12 juillet à 18h30
    >
    > Conseil Régional - Salle 100
    >
    33 rue Barbet de Jouy 75007 Paris
    >
    Métro Saint-François-Xavier

    >
    >
    >
    > Thème de l'audition : la gauche face à la mondialisation
     
    Vous pouvez dès à présent nous transmettre vos questions en écrivant à l'adresse suivante : audition@gaucheavenir.org
    >
    >
    Afin de nous faciliter l'organisation de la rencontre, n'hésitez pas, si possible, à nous faire part de votre présence
    en répondant à ce courrier. 

    SUCCES, DIVERSITE, INITIATIVES POUR LA REUNION DE LANCEMENT DE GAUCHE AVENIR
                                               
    > La première réunion des signataires de l’appel « Gauche Avenir » a connu un vif succès, ce mercredi 3 Juillet.
    > Plus de 250 personnes se sont réunies à l’école Boulard (Paris 14ème) pour engager le travail de réflexion sur les valeurs,
    > l’identité et l’actualité de la gauche indispensable à toute refondation, à toute relève après les graves échecs électoraux récents.
    > La soirée a été animée par Ivan Levaï, journaliste, en présence du Maire du 14ème arrondissement de Paris, Pierre Castagnou.
    >
    > Lire la suite sur le site
    >

    >
    Les premières photos de la soirée
    >

    >
     

     Nouveau thème : La place des jeunes dans la société française et dans la gauche    
    >
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    Vos textes seront envoyés aux responsables de rubriques et publiés après leur validation.
     
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    Les dernières contributions des signataires
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    > Les valeurs fondamentales de la gauche
    > La gauche et l'argent, par Patrice Charron
    > Pour une puissance publique au service de l’émancipation, par Marc Sureau
    > Pour une Gauche de gauche, par Jean Bachèlerie
    > Des partageux, les gens de gauche ? Plus que jamais ! par Bruno Cadez 
    > Humanisme, démocratie et liberté, par Jacques Passerat 
    > Les mots et la gauche, par Nicolas Bardi  
    > Un chemin vers un projet humaniste, par Pierre Chardon
    > Vers une Sécurité Sociale élargie et largement ouverte à l'intervention salariale, par Wilfrid Roux-Marchand  
    > Construire l’avenir, par Bruno Dumond 
    > Les Valeurs Fondamentales de la Gauche: Le communisme, par Johann Brunel
    > Gauche Avenir : une initiative qui arrive à point, par Francis Moreau 
    >
    >
    Pour une gauche décomplexée, par Romain Le Dorze  
    >
    >
    Mobilisons-nous, contre la désertification des services publics dans les Campagnes ! par Laurent Dumas
    > et de la section PS du canton de Pionsat    
    >
    >
    Revenir à nos fondamentaux, par Annette Ferrier  
    >
    >
    Placer l’Homme au centre de toutes les préoccupations, par André Thomaso
    >
    >
    L'arbre qui cache la forêt, par Didier Pol    
    > Le clivage gauche/droite
    > Au sarkozysme, s’opposer résolument, par Eric Ferrand
    > Refonder le clivage droite/gauche, par Hervé Le Fiblec 
    > La mise en débat de l'écologie ou la résurgence du clivage gauche/droite, par Christophe Premat
    >

    > Repréciser le clivage gauche/droite, par Stéphane Balouzat 
    >
    >
    Vers une droitisation de la société et de la politique, par Dominique Baillet   
    >
    >
    Sarkozy, l’héritier de Napoléon III, par Dominique Baillet   
    > Quelle base sociale pour la gauche d’aujourd’hui
    > Eternel recommencement ! par Jean-Pierre Leroy
    >
    >
    Réduire l’écart abyssal, par Jean-Jacques Deluchey  
    > La gauche et le monde
    > Ce qu’il ne faut pas retenir de « la Blair attitude », par Matthieu Vittu
    > Les causes profondes de l'échec de la gauche le 6 mai 2007
    > La victoire de Sarkozy n’est pas un accident, par Annie Saboie  
    > La bataille des idées, « l’hégémonie » culturelle
    >

    >
    Travailler plus pour gagner quoi ? par Jean-Marie Kneib 
                                                            
    Santé. Un herbicide hautement cancérigène
    Interview dans le Télégramme de Brest : l’herbicide le plus répandu en Occident est hautement cancérigène.
    À l’occasion de la visite du président de la Société française de biologie à la station biologique de Roscoff, le professeur Robert Bellé a livré les résultats de plusieurs années de recherches. Ses travaux sur les cellules des oursins démontrent que l’herbicide le plus répandu en Occident est hautement cancérigène.

    Les travaux que vous menez depuis des années prouvent que l’herbicide le plus commercialisé en Europe et aux États-Unis peut provoquer le cancer. En quoi ce produit, utilisé par des millions de personnes, est-il cancérigène ?
    - En termes scientifiques, nous pouvons aujourd’hui affirmer que ce produit est cancérigène parce qu’il engendre un dysfonctionnement du point de surveillance de l’ADN. Le composant actif qu’il contient, dénommé glyphosate, n’est pas le seul élément toxique de cet herbicide. Ce sont les produits de formulation l’accompagnant qui rendent l’ensemble particulièrement dangereux pour la santé. Pour être efficace, le glyphosate doit pénétrer dans les cellules des plantes. L’herbicide, dont nous parlons, est composé d’une formule qui le permet, affectant l’ADN par la même occasion.

    Quel est le rapport avec les risques de cancer chez l’homme ?
    - Ce rapport n’est autre que l’oursin. Les travaux que nous menons, mon équipe et moi-même, ont démontré que le gène de l’oursin est le plus proche de celui de l’homme. Sur un embryon d’oursin, l’herbicide en question est, tout simplement, dévastateur. Ses composants, le glyphosate et les produits de formulation, affectent alors l’ADN de l’oursin, jusqu’à inhiber le point de surveillance.
    Du coup, certaines cellules échappent à la surveillance de l’ADN, conduisant ainsi aux tumeurs et aux cancers (parfois trois à quatre décennies, après le stress initial). Chez l’homme, le processus et les conséquences sont identiques.

    Il suffirait donc d’être en contact avec une goutte de cet herbicide pour être atteint par le cancer ?
    - Dès qu’elles seront possibles, les études épidémiologiques permettront de démontrer l’incidence de ce produit sur les différents types de cancer. En particulier sur les cancers des voies respiratoires puisque le produit pulvérisé contient la formulation à des concentrations très supérieures (500 à 2.500 fois plus) à celles qui engendrent le dysfonctionnement du point de surveillance de l’ADN. Des études anglaises tendent ainsi à prouver que cet herbicide présente un danger pour la santé par voie d’inhalation. Le mieux est encore d’éviter de pulvériser ce produit ou tout autre pesticide. Au pire, il est vivement recommandé de se couvrir entièrement en utilisant cet herbicide, que l’on trouve un peu partout.

    Propos recueillis par Boris Ivanoff pour le Télégramme de Brest.

    Sur la photo : de gauche à droite, Robert Bellé, professeur à la station biologique de Roscoff, Virginie Gouvignon, vice-présidente de l’association des professeurs de biologie de Bretagne, et André Calas, président de la Société française de biologie, ont animé un colloque sur la prévention du cancer, qui s’est tenu, hier à Roscoff. (Photo B. I.)
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    7/5/2007

    Refondation ... suite !! in Le Monde du 06/07/07

    Le nouvel âge du Parti socialiste, par Henri Weber

    LE MONDE








    La refondation n'a que des amis au Parti socialiste, tout le monde s'en réclame et chacun en redemande. Mais que faut-il précisément entendre par là ? La refondation que nous appelons de nos voeux porte à la fois sur les idées, le programme, l'organisation, les pratiques militantes.

    S'agissant des idées, le problème n'est pas de savoir si "le PS veut améliorer la société ou renverser la société", "s'il accepte le marché ou s'il le rejette", comme feint de le croire Alain Duhamel.


    Le PS s'est prononcé, il y a longtemps déjà, pour une économie sociale de marché, régulée par la puissance publique et les partenaires sociaux. Il a fait sien le credo d'Helmut Schmidt : "Le marché autant que possible, l'action de la puissance publique autant que nécessaire." La question à laquelle il se trouve confronté n'est pas "Réforme ou Révolution", mais comment maîtriser et civiliser le nouveau capitalisme.

    La question se pose à toute la gauche socialiste européenne. Elle a appris au XXe siècle à maîtriser et à humaniser un capitalisme national et industriel. Elle est confrontée désormais à un capitalisme mondialisé et dominé par la finance, à une société de plus en plus fragmentée et travaillée par un individualisme désagrégateur. Les valeurs de la gauche réformiste - égalité, solidarité, justice sociale, liberté, laïcité, internationalisme - conservent toute leur acuité. Il en va de même pour les grands objectifs qui incarnent ces valeurs : une démocratie accomplie, une économie maîtrisée, une société plus humaine ; le socialisme, c'est d'abord et avant tout un idéal de civilisation. Mais les moyens et les politiques permettant de réaliser ces grands objectifs sont à réinventer, aux niveaux national, européen, international. Les idées ne manquent pas, mais elles sont plus faciles à énoncer qu'à réaliser. On le voit avec l'idée d'une Europe-puissance, creuset d'une nouvelle renaissance et levier d'une autre mondialisation, maîtrisée et solidaire.

    S'agissant du programme, le PS doit tenir davantage compte des nouvelles conditions historiques de son action : la nouvelle division internationale du travail, le vieillissement de la population, les mouvements migratoires, le réchauffement de la planète, les effets de l'individualisation sur nos sociétés. On ne peut se contenter de conserver les politiques des années 1980, en augmentant simplement les moyens qui leur sont allouées.

    Nous savons que pour reconquérir le plein-emploi, il vaut mieux spécialiser notre économie, la redéployer vers les industries de pointe et les services à haute valeur ajoutée ; l'orienter vers les grands marchés de l'Asie, en croissance rapide ; mieux former notre jeunesse et notre force de travail.

    Cette modernisation implique, certes, la mobilisation des entrepreneurs, des actionnaires et des managers, mais elle exige aussi celle des salariés. Ceux-ci ne doivent pas être les seuls à payer le coût des adaptations nécessaires. C'est à la collectivité nationale et européenne qu'il appartient d'en mutualiser la charge. Nous devons inventer de nouvelles formes de sécurité sociale, de redistribution des richesses, de services publics. Nous devons promouvoir un nouveau pacte social pour le progrès économique, social, culturel, démocratique de nos pays.

    S'agissant de l'organisation, le PS doit se fixer pour objectif la construction du grand parti réformiste moderne dont la gauche et la France ont besoin : un parti qui rassemblerait à lui seul au moins 35 % des électeurs, comme le font la plupart des partis socialistes européens, et qui assumerait toutes les grandes fonctions du parti leader de la gauche : la défense et la popularisation des valeurs, des représentations, des idéaux de la gauche, car c'est d'abord dans les têtes que se gagnent ou que se perdent les batailles politiques. L'association des citoyens à l'élaboration des décisions qui les concernent, ainsi qu'à leur application et à leur évaluation. La sélection démocratique des candidats à tous les mandats et leur formation. Un tel objectif implique de reconstruire le PS de fond en comble.

    Le PS doit augmenter, féminiser, rajeunir, diversifier son corps militant, resserrer ses liens avec les syndicats, les associations, les intellectuels ; impliquer ses sympathisants dans ses débats et son action au moyen notamment des conventions thématiques et de l'Internet.

    Il doit se donner les moyens d'agir sur la formation de l'opinion publique au lieu de la subir, être un "parti-acteur" et non un "parti-reflet". Dans le nouvel âge de la démocratie dans lequel nous sommes entrés, les partis ne sont pas superflus, ils sont, au contraire, plus nécessaires que jamais, comme vient de l'illustrer la dernière séquence électorale. Mais ils doivent profondément rénover leur mode de fonctionnement et leur façon de faire de la politique. Tous les partis socialistes, en Europe, réfléchissent à ces questions. Leurs réponses diffèrent selon leurs spécificités nationales, leur culture historique, leurs tropismes idéologiques.

    La refondation du PS se fera aussi à la lumière de leurs expériences et de leurs innovations.


    Henri Weber, député européen, secrétaire national du Parti socialiste

    Article paru dans l'édition du 06.07.07.

    Rénovation ... in Le Monde édition du 05/07/07


    Repensons, rassemblons, renouvelons la gauche !,

    par des membres du Parti socialiste

    LE MONDE | 04.07.07 | 








    A gauche, le temps de la refondation est venu. Le combat électoral vient de s'achever sur une défaite qui nous commande de repenser, de rassembler et de renouveler la gauche. Cette profonde rénovation doit être un processus maîtrisé, une oeuvre collective, un débat libre, qui ne doit pas s'abîmer dans les divisions et les querelles d'ambitions. La rénovation n'est le monopole d'aucune sensibilité, d'aucun parti, elle est un devoir pour l'ensemble des forces de progrès dans notre pays. Dans l'unité et la liberté, nous avons l'ardente responsabilité de réinventer la gauche.

     
    La crise est, selon Gramsci, le moment auquel le monde ancien disparaît tandis que le monde nouveau peine à naître. C'est ce moment politique que connaissent actuellement le Parti socialiste et la gauche. L'élection présidentielle a été un échec, principalement en raison de notre incapacité à incarner, aux yeux des Français, l'espérance d'un avenir meilleur. Pourtant, malgré la logique du quinquennat et l'hyperprésidentialisme de Nicolas Sarkozy, la déroute annoncée aux élections législatives n'a pas eu lieu. Les Français ont fait le choix d'une opposition efficace, avec à sa tête le Parti socialiste. Nous devons aujourd'hui faire émerger un monde nouveau à gauche, fondé sur de nouvelles idées, de nouvelles pratiques et de nouveaux visages.
    Le premier pilier de la refondation sera de repenser la gauche.
    La droite a, avant tout, remporté la bataille des idées. Face aux nouveaux habits conservateurs de la droite française, la gauche doit proposer un discours cohérent et inédit sur les grands enjeux de notre temps, comme la régulation de la mondialisation, l'efficacité de nos systèmes de protection sociale, le partage du progrès technique ou la réforme de nos institutions.
    Comprendre les difficultés concrètes et les préoccupations quotidiennes des citoyens est une condition nécessaire mais pas suffisante de l'action politique. La politique ne peut se résumer à l'écoute et à la gestion des intérêts particuliers et doit permettre aux individus de mieux vivre ensemble dans la société française. La gauche doit être fière de son identité et de ses valeurs.
    Face à une droite décomplexée, la gauche ne doit pas s'excuser d'être la gauche et doit proposer un projet de société alternatif, crédible et ambitieux. Pour bâtir ce projet, toutes les gauches - intellectuelle, associative et politique - doivent se rencontrer pour échanger, mutualiser leurs idées et leurs expériences.
    Le deuxième pilier de la refondation sera donc de rassembler la gauche.
    En premier lieu, il faudra rassembler le Parti socialiste autour d'un réformisme assumé et résolument ancré à gauche. Il est temps de dépasser les affrontements stériles sur cette question. Depuis longtemps, les socialistes ont accepté le cadre de l'économie de marché. La question est : comment mettre les performances économiques au service des conquêtes sociales, de l'emploi de qualité pour tous et du partage des fruits de la croissance ?
    Le dernier gouvernement socialiste, celui de Lionel Jospin, a concilié, dans son pacte de développement et de solidarité, croissance économique et avancées sociales : création d'un million d'emplois, de la CMU, des 35 heures... Dès lors, la concurrence entre la social-démocratie et le socialisme intransigeant semble anachronique, et ne correspondre ni aux réalités ni aux besoins de notre pays.
    En second lieu, il faudra rassembler la gauche. Nous devons construire l'union autour du Parti socialiste, qui doit être la poutre maîtresse de la maison commune. Nos stratégies d'alliance doivent être actualisées à la lumière des résultats de la gauche à l'élection présidentielle, les plus faibles depuis plus de trente ans. L'union de la gauche, dans toute sa diversité, n'est pas un théorème caduc.
    Néanmoins, comme les élections législatives l'ont démontré, il est indispensable de convaincre les électeurs progressistes du centre de nous rejoindre, en s'adressant directement à eux plutôt qu'aux états-majors du MoDem ou, encore moins, du Nouveau Centre. Ces alliances doivent donner naissance à une nouvelle coalition, dont le coeur doit être un grand Parti socialiste rénové, à même de mener la confrontation avec la droite fédérée dans l'UMP. Dans les mois à venir, nous devrons déployer toutes nos forces, toute notre imagination dans la préparation des assises de la gauche, pour construire cette nouvelle union.
    Le troisième pilier de la refondation sera de renouveler la gauche.
    Si nous voulons créer un grand parti populaire et progressiste, capable de réaliser le rassemblement le plus large, nous devons créer une gauche plus à l'image de la France d'aujourd'hui. Un effort sans précédent devra être réalisé pour reconquérir les milieux populaires. De même, trop peu de jeunes, de femmes siègent à l'Assemblée nationale, et aucun élu issu de l'immigration. La représentation politique est un droit et une nécessité pour la pleine citoyenneté de tous les Français. Le renouvellement et la diversité de nos cadres ne peuvent donc pas être des objectifs incantatoires. En particulier, la nouvelle génération du PS doit accéder aux responsabilités publiques pour préparer l'avenir de la gauche et du pays. La gauche de demain devra s'adresser à toutes les générations, ses responsables doivent donc allier dès aujourd'hui le renouvellement et l'expérience dans leur entreprise de reconstruction.
    En adoptant la démarche proposée par François Hollande, les socialistes viennent d'ouvrir un nouveau cycle politique, celui de la rénovation avant la reconquête. Cette démarche lucide de refondation collective représente une chance historique pour la gauche, celle d'un nouvel Epinay. Pour exercer une opposition active, pour que les Français retrouvent confiance en sa capacité à changer la vie, la gauche doit se remettre en mouvement. Davantage qu'un droit d'inventaire, elle a désormais un devoir d'invention. Repenser, rassembler, renouveler : tels sont nos défis pour inventer le socialisme du XXIe siècle.



    Kader Arif, député européen PS ;
    Harlem Désir,

    Jean Glavany, député PS ;
    Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris ;
    Faouzi Lamdaoui, secrétaire national du PS ;
    Annick Lepetit,

    Stéphane Le Foll,
    Mehdi Ouraoui, délégué national du PS.

    Article paru dans l'édition du 05.07.07.


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    CR Réunion de lancement du club "GAUCHE AVENIR"

    Mes chers Camarades !
     
    Comme je l'avais promis à certains d'entre vous, voici un court aperçu de notre premier rassemblement de Gauche Avenir à Paris ;
     
    Nous nous sommes retrouvés à près de 300 personnes mardi soir à paris, tous très motivés, débordants d'idées, ce que j'ai essayé de retranscrire dans ce court CR. J'espère nous revoir bientôt aussi enthousiastes et encore plus nombreux, ... et c'est pour celà que je vous relaie cette information.
     
    Nous venons de subir un certain nombre de défaites, malgré l'engagement souvent important de nombre d'entre nous sur le terrain ... Nous - et pas seulement nos dirigeants - devons maintenant nous poser, réfléchir, nous remettre sérieusement en question, pour pouvoir aborder l'avenir sous de meilleures auspices ... En tout cas ne rien changer, vouloir continuer comme si rien ne s'était passé serait la pire des options ... L'achèvement de la débacle ...
     
    Je ne résiste pas à la tentation de partager avec vous cette maxime de Lao-Tseu que j'aime tout particulièrement et qui s'accorde si bien à notre projet commun de Gauche Avenir :
     
    "L'expérience est une lanterne que l'on porte sur son dos, n'éclairant que le chemin déjà parcouru"
     
    ... Car certes, il est important voire primordial de connaitre ses bases, ses racines, de savoir regarder en arrière pour faire le point, connaitre ses forces et ses faiblesses, analyser les causes de ses échecs comme de ses succès, mais une fois le chemin parcouru éclairé, il faut en tirer les leçons nécessaires pour se projeter vers l'avenir et repartir plus assurés, mieux préparés, plus forts, mieux armés ... Ne pas se résigner, renouer avec l'audace, aller de l'avant, tel est le projet proposé ...
    La porte vous est ouverte, gens de bonne volonté, soyez les bienvenus !
     
     
    Amicalement


     REUNION DE LANCEMENT GAUCHE AVENIR DU 3 juillet 07

    Gpe scolaire Boulard : Paris 14e



    Ce court compte-rendu d’une réunion très riche de plus de 2h30 n’a pas vocation à l’exhaustivité ; il est plutôt constitué de points saillants, d’idées phares qui seront le fil conducteur du travail que nous souhaitons entreprendre, et que j’ai relevés. Il précise ce que nous sommes, et ce que nous ne voulons pas être ni devenir …

    Il tend à présenter le projet de ce club de réflexion, ses premiers membres ; j’espère qu’il donnera envie à certains d’entre vous de nous rejoindre dans cette aventure qui débute.

    GAUCHE AVENIR va se développer à travers l’organisation de réunions publiques, de discussion, de lectures, de son site internet sur lequel nous pouvons proposer nos contributions, alimenter le débat ...

    C’est un projet ambitieux, audacieux, dynamique et collectif qui veut à la fois renouer avec nos valeurs sociales et socialistes historiques et se projeter dans la société d’aujourd’hui avec un « logiciel » moderne et actuel ! Le tout en impliquant toutes les forces de gauche : PC, PS, associations, sympathisants, militants …



    * * *



    GAUCHE AVENIR s’est constitué à partir de l’appel lancé par Marie-Noëlle Lienemann et André Laignel (députés européens PS) le 4 juin 07 et relayé par certains medias tels que Marianne.

    Un mois plus tard, nous sommes déjà plus de 1000 signataires de l’appel et lors de la réunion de lancement environ 300 personnes sont présentes (un soir de semaine, début juillet !) ; Certaines venant de province.

    Leur profil : sympathisants de gauche, militants PS, PC et associatifs, jeunes ou vieux, hommes comme femmes (encore beaucoup trop rares à mon goût cependant !!!).


    Entre autres, et outre Marie-Noëlle L. et André L., étaient présents Yvan Levaï (journaliste et « militant à 20 euros » comme il le dit lui-même !), Jean-Claude Gayssot, Gilles Candar (historien), Claude Cabanes (journaliste, PC), Patrick Champagne (sociologue), Alexis Corbières (PRS), Paul Quilès …


    Qu’est ce que Gauche Avenir ?

    • Ce n’est ni un nouveau parti, ni un nouveau courant. Tous les participants sont mis sur un même pied d’égalité, il n’est pas question de faire de GA un outil de promotion autour du culte de telle ou telle personnalité politique et de ses idées (au contraire de la plupart des courants existant au PS).

    • C’est une dynamique unitaire de rassemblement de la Gauche, de toute la Gauche.

    • C’est un club de réflexion (au sens des clubs issus de la Révolution) constitué par des personnes de « bonne volonté » et de sensibilité politique de gauche, qui veulent réaliser ensemble un travail idéologique sur le fonds ;

    • Le travail de GA est sous-tendu par une volonté unitaire forte de rassemblement et d’ouverture à la nouvelle génération et aux femmes. Parce qu’il est clair que pour les prochaines échéances majeures, PC comme PS devront pouvoir présenter une nouvelle génération de candidats pour être crédibles.

    • C’est avant tout un projet ambitieux de conquête : (re)conquête de nos valeurs, de notre socle idéologique ; bataille idéologique et culturelle d’où émergera une idéologie neuve, ambitieuse, porteuse d’espoir, répondant aux aspirations actuelles de la société sans renier nos valeurs historiques qui sont notre richesse.


    Le débat de présentation est mené par Yvan Levaï. Différents intervenants (premiers signataires) ont présenté les sujets et les premières idées de discussion de contributions proposées sur le site de GA, comme devant être notre trame de réflexion ; cette liste n’est pas exhaustive, n’y apparait par exemple pas les idées de parité, mixité, environnement et développement durables ; A la demande générale, ces derniers sujets viendront donc enrichir notre réflexion.


    • Contribution présentée par Gilles Candar :
      bases de notre débat, valeurs historiques à mettre en avant, à mettre à jour : laïcité, enseignement (gratuit et obligatoire, ses apports …), idée de solidarité, internationalisme des idées et des mouvements de gauche.

    • Contribution présentée par P. Champagne :
      réhabiliter le concept de clivage gauche / droite, différentier les valeurs de la gauche et celles de la droite, ne pas se résigner à cette légende de droitisation de la société française (qui est totalement erronée).

    • E. Maurel :
      Internationalisme : état de la gauche en Europe et dans le reste du monde ; étude d’autres modèles actuels (Amérique du sud …)

    Eléments à analyser :

    • le réarmement idéologique très fort effectué par la droite, et qui l’a mené à la victoire ; notamment analyse des « emprunts » faits à nos valeurs et idéologues de gauche (références à Jaurès, Gramsci … ; propos ouvriéristes de Sarkozy …) face à une gauche peu mobilisée et éclatée ;

    • rôle de SR, la candidate - « femme providentielle » : rôle des sondages et media dans tout cela ? Réflexion autour de sa crédibilité ? Analyse d’un projet flou, d’une conduite de campagne erratique et gérée comme une course pour rattraper le candidat UMP …


    • R. Lefebvre :
      3 Questions structurelles :
      1- il faut repenser l’organisation de la gauche (positionnements Gauche / droite, PC / PS) ; comment sortir de la situation actuelle de partis divisés et repliés sur eux-mêmes ? Comment ne plus être des partis d’élus ? comment dépasser le manque de crédibilité des courants ? comment développer les partis ?
      2- question sociologique : quels repères ? identification des différentes classes et reconquête des catégories populaires (parler des classes moyenne et ouvrière n’a plus tellement de sens et ces classements encore utilisés ne représentent plus des populations homogènes ni des réalités terrain)
      3- question idéologique : = base sociale + organisation + message politique -> en sortir une ligne directrice cohérente

    • C. Cabanes :
      constatation de l’affaissement intellectuel de la gauche en 2007 : la gauche est battue sur son propre terrain, à savoir, les questions du travail, des classes sociales, du volontarisme économique, du progrès social, de la protection, sur son vocabulaire usurpé par la droite (ex : « rupture ») ;
      problème du rapport entre le « je » et le « nous »
      il faut reconstruire l’espérance, un esprit collectif nouveau, une dynamique, en s’appuyant sur une pensée du monde d’aujourd’hui, rationnelle et novatrice.
      il faut rompre avec le renoncement et les phrases creuses qui ont ponctué la campagne présidentielle de 2007. Ces modes de fonctionnement nous ont conduit à un échec cuisant alors que nous aurions du et pu gagner.


    GAUCHE AVENIR se veut définitivement un club de pensée et de recherche, collectif, sans étiquette, ouvert aux gens qui veulent réfléchir sur des thèmes clairs, sur l’avenir de la gauche, les valeurs de la gauche, les causes de l’échec de la gauche en 2007.


    Réflexion d’A. Laignel en fin de réunion :

    Il faut être capable de se réapproprier les fondements de la gauche pour se donner l’ambition, la volonté de mener de nouveaux combats.


    Réflexion de P. Quilès :

    L’objectif de GA : c’est de redéfinir le socle de notre refondation, préciser, conforter les bases de la gauche plurielle.



    Il n’est plus temps de faire du replâtrage ; si on ne repart pas sur des bases, sur un socle culturel et idéologique solides, ce serait comme construire une maison sur du sable : quand bien même la maison serait le mieux conçu possible, la plus belle, la plus attrayante, si elle est posée sur un terrain instable, elle s’effondrera à la première occasion.

    En conclusion, hauts les cœurs et en avant !



    Prochaines RV de Gauche Avenir :

    • Sur Paris :
      . le 12/07 (lieu encore non déterminé) : réunion autour d’Olivier TODD (journaliste, écrivain)
      . un autre rendez-vous est prévu autour d’Axel Kahn (scientifique, généticien)

    • Province : des projets de réunions décentralisées sont en cours de réflexion.

    • Egalement, GA souhaite lancer des brochures thématiques ; les premières concerneraient la bataille des idées et la droitisation de la société







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    7/3/2007

    Le Monde / 02/07/07

    Point de vue

    Pour un socialisme contemporain, par la section J.-B. Clément, parti socialiste

    LE MONDE | 02.07.07 |
     







    Les militants socialistes doivent participer activement au diagnostic de la crise du Parti socialiste. Cette analyse ne peut reposer exclusivement sur des représentants les plus médiatisés, dont les avenirs personnels dépendent de l'issue de ce débat. Nous voulons que puisse émerger, par de nouvelles pratiques institutionnelles et intellectuelles, la redéfinition d'un socialisme contemporain prêt à convaincre et à gouverner. Il nous paraît à cet égard décisif de faire entendre la voix de militants, non professionnels de la politique, citoyens engagés à gauche.

    Le PS aujourd'hui est sujet à un double décalage : entre le parti et la société française, entre l'appareil du parti et ses militants. En entretenant un rapport timoré avec son histoire et ses historiens, en délaissant le travail régulier avec les acteurs de la société civile, les chercheurs et les intellectuels, le PS s'est privé de leurs analyses. En confiant sa réflexion à un petit réseau de plumes issues des mêmes parcours professionnels et des mêmes écoles, le PS n'exploite pas la richesse de son potentiel militant et gâche l'intelligence qui existe en son sein. Il l'empêche de devenir collective.
    En détournant au profit des rapports de force numériques entre ses grandes personnalités l'objectif premier de ses congrès, qui devaient arbitrer sur son orientation politique collective, le PS a fini par ridiculiser ses résolutions d'orientation programmatiques. Par effet de porosité, les règles collectives de fonctionnement du PS se sont également délitées. A force de laisser dire "je" au lieu de "nous", le Parti socialiste a du mal à incarner l'alternative crédible à une société d'individualismes et d'intérêts stratifiés. C'est ce système que tente de casser la méthode participative initiée pendant la campagne présidentielle et que nous souhaitons voir prolongée. La dynamique d'ouverture et de renouvellement initiée par l'adhésion de nouveaux militants doit être amplifiée.
    La campagne présidentielle a vu triompher une double crise de la conscience historique et de la conscience politique. La référence à Jean Jaurès, au général de Gaulle, à la "valeur travail", ont circulé comme autant de lieux communs entre tous les partis, rendant illisible le clivage droite-gauche. La mise en scène par la droite d'un gouvernement d'ouverture et les appels de certains socialistes et Verts à évoluer structurellement vers le centre auraient pu l'effacer pour longtemps. De légitimes alliances électorales ne doivent pas conduire à des renoncements idéologiques précipités. En réaffirmant leurs propres valeurs, les socialistes poseront la première pierre de la redéfinition du socialisme contemporain.
    Les citoyens ne demandent plus à la politique un avenir radieux. Ils veulent être en mesure, grâce à l'action politique, de déplacer les contraintes qui pèsent concrètement sur leur vie, de comprendre ce qui conditionne les décisions politiques locales et internationales, présentes et à venir.
    Pour que le désir de politique puisse perdurer, il faut que chacun sache où réside aujourd'hui sa puissance politique. Quand réside-t-elle encore dans l'Etat traditionnel ? Quand relève-t-elle de processus de coopération entre Etats ? Comment cette coopération est-elle régulée ? Comment la faire progresser ? Face à quelles puissances le citoyen est-il vraiment impuissant ?
    Si le travail politique dans des partis n'exclut pas la constitution d'espaces publics de débats et d'action dans des associations, tous ces engagements disséminés s'accompagnent du sentiment diffus de l'impuissance face aux puissances financières et bancaires de la "global politique". L'incertitude domine, et le rapport au futur est davantage régi par la précaution que par l'espérance.
    Cela résulte en grande partie de la confusion entretenue entre une politique qui vise le bien commun et une politique qui gère le vivant sans le protéger au-delà de la survie. A une politique de la peur qui vise la servitude volontaire, le recours à un sauveur, il faut opposer une politique de consolidations réciproques, des espaces publics de solidarité qui supposent des individus singuliers et libres.
    Si la question économique est au centre du projet socialiste, force est de constater que sa formulation ne va plus de soi. Il nous faut moderniser notre discours à l'égard des entreprises. Recouvrant des réalités diverses, elles sont des acteurs économiques et sociaux incontournables. Nous devons à la fois élaborer des contextes favorables à la création de richesse et promouvoir la défense les droits des salariés, ainsi que la reconnaissance, la valeur et la rétribution de leur travail. Plus généralement, nous devons nous émanciper de la tyrannie du court terme, celle qui découle d'une rationalité de rendement qui privilégie les avantages immédiats et épuise les ressources, au détriment d'une rationalité soucieuse de l'avenir. Cela demande la réhabilitation de la notion de bien commun et l'appropriation collective et démocratique des fondements du monde commun que sont, notamment, l'éducation, la santé, la culture et la défense de l'environnement.
    La responsabilité historique des socialistes, sur la base d'une critique intelligente de l'économie mondialisée, est de répondre aux problèmes posés par les formes contemporaines de la pauvreté et de la misère, sans renoncer à en traquer les causes. En appeler au "progrès", fût-il "pour tous" et "dans le respect de chacun", ne saurait suffire ! Il faut esquisser des alternatives crédibles à l'hégémonie du capitalisme financier et spéculatif.
    Nous sommes aux prises avec plusieurs difficultés : le chômage de masse, la pression à la baisse exercée sur les salaires, la précarisation des statuts mais aussi la modification profonde et durable du rapport quantitatif entre actifs et inactifs - étudiants, retraités - au profit de ces derniers.
    L'élaboration d'un discours de gauche ne peut esquiver ces questions et implique de réfléchir à la place du travail au sein de la société, aux formes nouvelles que prend l'exploitation. Pour un très grand nombre, le salariat s'est aujourd'hui transformé en "précariat", de sorte qu'il ne suffit souvent pas de travailler pour gagner de quoi vivre. L'horizon d'une ascension par le travail devient de plus en plus incertain. L'identité des classes moyennes en est bouleversée, ce qui les rend de plus en plus sensibles aux discours qui mettent en avant des perspectives individuelles d'enrichissement et stigmatisent l'assistanat. Elles se sentent et sont les laissées-pour-compte des préoccupations de la gauche.
    La lutte pour défendre les rémunérations n'est pas séparable d'une lutte pour la reconnaissance de la valeur des individus, de leurs compétences, de leurs savoir-faire, au sein des entreprises comme des administrations publiques. La disparité des conditions de travail aggrave les discriminations et les inégalités, alors que les hiérarchies de patrimoine viennent renforcer les hiérarchies salariales.
    Le transfert de pans entiers de la Sécurité sociale vers une gestion assurantielle ou caritative du malheur comporte un risque triple : affaiblissement généralisé des niveaux de protection, creusement des inégalités, retour insidieux d'un paternalisme qui ne dit pas son nom. Le modèle protecteur et redistributif de l'Etat-providence élaboré pour une société industrielle en forte croissance a sans doute vécu. C'est parce que la définition des droits sociaux appartient depuis Jaurès au socialisme français qu'elle doit faire l'objet d'une réactualisation en profondeur. Collectivement, en travaillant, en réfléchissant, rendons le socialisme contemporain aux yeux de nos contemporains !


    Section  J.-B. Clément, parti socialiste, Paris, 18 e arrondissement. Ce texte a été élaboré par une trentaine de militants appartenant à tous les courants du PS. Il a été adopté en assemblée générale par la section Jean-Baptiste Clément (l'une des trois sections du 18e arrondissement de Paris). Bertrand Delanoë en est membre, mais le maire de Paris n'a pas participé à l'élaboration de ce texte.


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