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    8/31/2007

    Libération / 31/08/07 : tribune de Micheal MOGLIA

    Rebonds / Libération
    édition de vendredi 31 août 2007
     
     
    Une mémoire de poisson rouge
     
    Par Michaël Moglia, membre du conseil national du PS, collectif des socialistes pour le renouveau de la gauche.
     
    Les jeunes lions parient sur l’oubli de ce qu’ils ont été pour s’abstraire de leurs responsabilités.
    Après les éléphants, leurs éléphanteaux et la gazelle étaient apparus triomphants au soir même du second tour des élections législatives, les jeunes lions devenus en quelques semaines poissons rouges : pas plus de trois minutes de mémoire.
     
     
    Autoproclamés rénovateurs, ils auraient, alors que le processus d’analyse de la séquence écoulée proposé par le premier secrétaire ne fait que débuter, réponse à tous les maux qu’ils auraient eux-mêmes identifiés. Selon de vieilles méthodes éculées consistant essentiellement à parier sur l’oubli de ce qu’ils ont été ou ont défendu il y a quelques semaines encore, ils pensent s’abstraire de leur propre responsabilité. Pour nos poissons rouges, la lourde défaite, quoique logique, de Ségolène Royal, serait due à l’inorganisation du Parti socialiste, à la plupart de ses responsables qui auraient manifesté peu d’entrain à la soutenir et à un programme jugé peu crédible.
     
    Sur la forme, les «rénovateurs» n’ont pas de mots assez durs contre ceux qui ont animé le parti, ces dernières années, en ayant en ligne de mire principale François Hollande. Pensant qu’une fois de plus la communication peut l’emporter sur le fond, ils multiplient basses attaques, petites phrases et slogans. Il y a quelques jours encore n’est-ce pas Manuel Valls qui souhaitait, sur les ondes d’une radio nationale, curieuse proposition, faire imploser le parti ?
     
    Le Parti socialiste, tant contourné, méprisé lors de la campagne présidentielle, n’aurait plus aucun crédit à leurs yeux. Nous sommes nombreux et principalement depuis le 21 avril 2002 à avoir mis le doigt sur les dysfonctionnements dont souffre le PS : notabilisation, absence de renouvellement de ses animateurs, décrochage d’avec sa base idéologique. Dommage que ceux qui se veulent aujourd’hui l’avant-garde aient, lors des précédents congrès, systématiquement préféré signer de molles synthèses permettant au premier secrétaire de poursuivre sa tâche.
    Il est ainsi étonnant de voir Gaëtan Gorce, néorénovateur lui aussi, si virulent aujourd’hui, alors qu’il mit systématiquement toutes ses forces, jusqu’à ce jour, au service de la majorité, contribuant par là même à maintenir le système qu’il dénonce désormais si facilement.
     
    Réclamant des «têtes» pour mieux y mettre la leur (?), ils n’en sont pas à une contradiction près. Qui, si ce n’est le rénovateur Arnaud Montebourg, permit, en retirant sa candidature lors de l’élection du président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, la réélection de Jean-Marc Ayrault, pourtant à ce poste depuis une décennie maintenant ?
     
    Ce curieux attelage de responsables, n’ayant a priori en commun que leur année de naissance, aurait également réglé les questions de fond. Tous trois partagent l’analyse de Ségolène Royal selon laquelle les propositions volontaristes de généralisation des 35 heures et d’augmentation du pouvoir d’achat par le Smic à 1 500 euros nous auraient menés à la défaite. Tous trois ont pourtant approuvé, comme elle d’ailleurs, en le votant, le projet des socialistes qui contenait ces mesures de justice sociale. Les 35 heures, mesure phare du gouvernement Jospin, ne furent-elles pas défendues à l’époque par Manuel Valls, conseiller en communication du Premier ministre ? Gaëtan Gorce, tout comme Arnaud Montebourg, n’a-t-il pas soutenu et voté ce texte à l’Assemblée nationale ? Ce dernier, tout comme moi, n’a-t-il pas milité, lors des congrès de Dijon puis du Mans, en faveur de leur généralisation ? Quant à porter le Smic à 1 500 euros, lorsque l’on est militant socialiste et qu’on aspire à la fonction suprême, que peut-on trouver de si «peu convaincant» dans cette proposition qui apparaît comme une évidence aux yeux de ceux qui attendent tant de la gauche une fois au pouvoir ? Faut-il rappeler que dans notre pays plus de 16 % des salariés touchent le Smic ? Ce sont donc trois millions de personnes qui perçoivent moins de 1 000 euros par mois en échange de leur travail.
     
    Nous sommes tous d’accord, aujourd’hui, c’est une évidence, pour dire qu’il nous faut revoir profondément notre logiciel idéologique. Comment pourrait-il en être autrement après une telle défaite ? Mais cet aggiornamento signifie-t-il l’abandon de ce qui fait de nous des socialistes ? Nos propositions, si identitaires, sont-elles amenées à être remplacées, sous couvert de modernité, par des mesurettes démagogiques si éloignées des préoccupations de ceux qui souffrent le plus ? Mettre un drapeau aux fenêtres en chantant la Marseillaise restera certainement l’exemple le plus frappant de cet abandon du fond au profit de la forme.
     
    De plus, les «rénovateurs» nous demandent de tenir compte de la droitisation de la société française, élément d’explication supplémentaire, selon eux, de la victoire de Nicolas Sarkozy. S’il y a droitisation, c’est bien du côté du Parti socialiste qu’il faut regarder. Courant derrière Nicolas Sarkozy, qui lui-même courait après Jean-Marie Le Pen, Ségolène Royal n’a eu de cesse de faire campagne sur des thèmes inhabituels pour la gauche (sécurité, nation, immigration), délaissant, parfois même remettant en cause, les fondamentaux du socialisme.
    Cette stratégie fut perdante. D’abord parce qu’en mettant en avant les thématiques de la droite, Ségolène Royal et son staff de campagne les ont légitimées, ensuite parce que le dialogue privilégié entamé avec François Bayrou, nommé Premier ministre avant même le second tour, eut pour conséquence un mauvais report de voix des électeurs de gauche et d’extrême gauche.
    Loin des formules à l’emporte-pièce ou des bons mots si faciles, ce dont le Parti socialiste a besoin dans les semaines et les mois à venir, c’est d’avoir le courage de la vérité. Avoir le courage d’affronter lucidement, en commençant par le reconnaître, le verdict des urnes et de redéfinir, sur la base de nos valeurs, nos orientations. Il nous faut également, impérativement, doter notre appareil politique de nouvelles procédures de délibération et d’organisation. Pour ce faire, il faut ouvrir grand les portes et les fenêtres, associer à nos travaux les syndicats, les associations, les citoyens, toutes celles et ceux intéressés par notre démarche de reconstruction, de refondation. Le programme est ambitieux, indispensable, les Français, attachés au pluralisme, le souhaitent. Les électeurs de gauche, qui se désespèrent si souvent du Parti socialiste, nous le demandent.
    Les poissons rouges, en travaillant un peu leur mémoire, ont leur place dans cet immense chantier. Il faudrait qu’ils acceptent, s’ils veulent être constructifs, d’arrêter de faire monter les enchères de la provocation, de vouloir, dans le but d’épater les militants, toujours sauter plus haut, en prenant le risque, un jour, de tomber du bocal.
     


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    8/30/2007

    Actualité Laurent Fabius su 30/08/07 : Libération (tribune), France Inter

    Fabius, le "sage actif"

    Par Ivan PORSPODER
    leJDD.fr
    >> En marge de l'agitation du Parti socialiste qui tourne à la cacophonie et à la veille de l'université d'été à La Rochelle, "un show médiatique" auquel il ne participera pas, Laurent Fabius a fait sa rentrée. L'ancien Premier ministre, dans une tribune publiée par Libération et sur l'antenne de France Inter, s'est placé au-dessus de la mêlée.

    Laurent Fabius veut incarner une opposition réfléchie. (Reuters)Laurent Fabius veut incarner une opposition réfléchie. (Reuters)
     
    Laminé par Ségolène Royal dans la course à l'investiture socialiste pour la présidentielle et relativement discret pendant la campagne électorale, Laurent Fabius n'avait véritablement refait parler de lui qu'entre les deux tours des législatives en évoquant, judicieusement pour son camp, la TVA sociale qui allait faire perdre quelques sièges à la majorité. Depuis, l'ancien Premier ministre s'était abstenu de commenter le délitement du PS ou l'omniprésence de Nicolas Sarkozy.

    Sur le premier sujet, pas question pour Laurent Fabius de se mêler au spectacle "pas très ragoûtant" offert par la gauche. "On comprend bien qu'après une défaite il y a un moment où on ressent une difficulté mais là, les divisions, les confusions, les attaques personnelles, je n'aime pas ça". Sur le fond en revanche, Laurent Fabius a bien l'intention de faire entendre sa voix et d'incarner l'opposition. Ainsi, tandis que Ségolène Royal est occupée à essuyer les critiques de ses camarades socialistes et que Dominique Strauss-Kahn s'éloigne du débat national, l'ancien Premier ministre revendique un statut de "sage actif" au PS.

    Quatre points cardinaux

    Son objectif? "Elever le débat" et réfléchir à "comment faire avancer les choses". Car, dit-il, "c'est le rôle des hommes d'Etat". Et de préciser qu'il ne s'interdit rien à l'avenir concernant une nouvelle candidature à l'investiture pour la présidentielle. "2012, 2017, 2022: je ne m'interdis rien du tout mais ce serait ridicule d'aborder cette question aujourd'hui", a-t-il lâché sur France Inter. En attendant ces échéances futures, Laurent Fabius livre sa réflexion dans une tribune publiée par Libération et intitulée Pour une gauche globale.

    Une réflexion qui s'articule autour de quatre points fondamentaux, l'environnement, le vieillissement de la population, le développement social et le financement. Quatre "points cardinaux" pour "fixer un cap" pour l'avenir. A l'instar d'un Al Gore, Laurent Fabius tire ainsi la sonnette d'alarme quant à la dégradation de l'environnement et aux risques majeurs que cela fait courir sur la planète et sa population. La solution? Donner "une priorité absolue reconnue au long terme, à la personne humaine et à la vie, thèmes qui doivent être précisément ceux de la gauche".

    "Les valeurs du Parti socialiste sont très bonnes"

    Concernant l'accompagnement du vieillissement de la population, le socialiste veut faire bouger les choses sur la retraite et la santé, "Posons aux Français la question de fond, celle du degré de solidarité qu'ils souhaitent". Troisième "point cardinal" selon l'ancien Premier ministre, le développement dans le cadre d'une société laïque où l'égalité serait la règle. "Je plaide pour que certains domaines soient «sanctuarisés» et pour un accès universel aux services essentiels : éducation, culture, santé, eau, assainissement. C'est une mission de la gauche d'agir en ce sens par tous les canaux disponibles, notamment l'édiction de normes internationales et la construction de services publics modernes, ainsi que par la généralisation la plus large des sciences et des techniques", affirme-t-il.

    Enfin, pour parvenir à ses fins, Laurent Fabius prêche pour une "gestion publique réformée". A ce sujet, il tacle les choix du gouvernement: "Attendons les premiers résultats pour juger, mais consacrer plus de 10 milliards d'euros chaque année à des mesures fiscales qui ne muscleront vraiment ni la demande (plutôt l'épargne) ni l'offre (ce qui serait pourtant nécessaire) risque de procéder d'un contresens économique pour se terminer par de profonds contre-chocs sociaux."

    Autant de déclarations d'intention qui sont peu susceptibles de créer des controverses au sein du Parti socialiste. Un PS qui doit nécessairement passer par "une reconstruction" mais qui doit rester ancré à gauche. "Les valeurs du Parti socialiste sont très bonnes: elles n'ont pas à être changées. Un certain nombre de ses propositions doivent changer et sa stratégie doit être précisée." C'est sans doute ce que Laurent Fabius appelle la sagesse active...
     
    *  *  *  *  *  *
     
    Pour une gauche globale
    Nous sommes en train de commettre un crime contre les générations de demain.
     
    Par Laurent Fabius, député, ancien Premier ministre.
     
    Libération: jeudi 30 août 2007
     
        Malgré tous les discours, l’avenir et sa préparation sont les sacrifiés de la politique telle qu’elle va. L’agitation tient souvent lieu d’action. L’instantané médiatique sert de ligne d’horizon. L’émotion supplante la réflexion. Or la France et l’Europe ont besoin d’un cap pour le long terme. Et pour fixer un cap, il faut des points cardinaux.
     
    Notre premier point cardinal, ce devrait être l’environnement. Pour prendre le seul problème du gaz carbonique largement responsable de l’effet de serre et des dérèglements climatiques, en supposant même que nous parvenions à stabiliser les émissions par habitant, celles-ci augmenteront pour des raisons démographiques de 40 % dans les quarante prochaines années. Cela s’appelle une catastrophe. Une stabilisation globale impliquerait de ramener en une décennie les émissions quarante ans en arrière, non seulement pour les Européens, qui s’y sont engagés, mais pour l’ensemble de la planète. On n’en prend pas le chemin ! La conclusion est aveuglante, il existe un besoin urgent, vital au sens propre, d’actions politiques : économiser drastiquement l’énergie et en diversifier les sources ; encourager massivement la recherche et l’innovation ; respecter des normes sévères antipollution dans les domaines industriel et agricole ; révolutionner les transports, l’habitat et la fiscalité vers cet objectif ; adapter nos modes de consommation et d’alimentation ; mettre en place une «organisation mondiale de l’environnement». Aucune de ces tâches n’est compatible avec une approche traditionnelle, confiant au seul marché le soin d’agir. Nous avons besoin d’une régulation nationale et internationale forte, d’une priorité absolue reconnue au long terme, à la personne humaine et à la vie, thèmes qui doivent être précisément ceux de la gauche. A la France, en lien avec l’Europe, d’engager la rupture sur ce terrain-là.
    Le deuxième point cardinal, c’est l’allongement de la durée de vie, le vieillissement. Là aussi, les données chiffrées sont à la fois négligées et implacables. Toujours dans les quarante ans qui viennent, la population mondiale dépassera 9 milliards d’habitants contre 6 aujourd’hui. Cet accroissement sera concentré à près de 40 % sur l’Afrique et à plus de 50 % sur l’Asie, ce qui redistribuera le jeu mondial. Ces bouleversements soulèveront d’immenses problèmes d’environnement - toujours lui -, de croissance, de niveau de vie, de santé, de migrations, d’urbanisme, d’aménagement du territoire.
    La préoccupation du vieillissement recoupe notamment les questions de santé et de retraite. En France, elles n’ont pas été vraiment traitées pendant la campagne électorale. Il est impératif de le faire maintenant. Sur le premier point, c’est d’abord sur l’offre de soins et sur la prévention qu’il faut agir. Sur les retraites, posons aux Français la question de fond, celle du degré de solidarité qu’ils souhaitent. Nous possédons un atout, notre excellente démographie, mais nous connaissons une faiblesse grave, le médiocre taux d’emploi des jeunes et des seniors. Là aussi, l’action est urgente.
    L’exigence du développement partagé et de l’égalité réelle fournit le troisième point cardinal. Chacun constate que notre société se délite sous les coups de boutoir des affrontements entre quartiers, générations, ethnies, religions. Citoyenneté, laïcité, solidarité sont mises en cause alors qu’elles devraient être notre triangle magique.
    L’appartenance pleine à notre communauté nationale doit être assurée par et pour chaque citoyen. Quels que soient son habitation, sa confession, son âge, sa couleur de peau, chacun(e) a droit à une égalité réelle et pas seulement incantatoire. Pour cela, l’action publique doit être rendue plus ciblée et plus efficace. La lutte contre les discriminations doit être renforcée. La laïcité, valeur essentielle de la gauche, constitue un véritable trésor dans un monde miné par la confusion violente entre le domaine de César et celui de Dieu. Nous devons réaffirmer cette laïcité à l’école, pour l’Etat et plus largement pour toute la société. Elle sera convaincante si elle s’accompagne d’égalité en actes. C’est là qu’intervient la solidarité. Précisément, le financement solidaire constitue notre quatrième point cardinal. Pour l’Union européenne, le vieillissement de la population et la mauvaise maîtrise de nos finances publiques aboutiraient, si aucune mesure correctrice n’est prise, à faire passer la part de la dette par rapport au produit intérieur brut de plus de 60 % aujourd’hui au chiffre faramineux de 250 % en quatre décennies. Dans un contexte où la répartition entre riches et pauvres est tragiquement inégalitaire, où le partage est déséquilibré entre capital et travail comme entre actifs et inactifs, et alors même que la marchandisation s’étend, cette question du financement solidaire est décisive.
    Je plaide pour que certains domaines soient «sanctuarisés» et pour un accès universel aux services essentiels : éducation, culture, santé, eau, assainissement. C’est une mission de la gauche d’agir en ce sens par tous les canaux disponibles, notamment l’édiction de normes internationales et la construction de services publics modernes, ainsi que par la généralisation la plus large des sciences et des techniques.
    Le rôle des entreprises et des entrepreneurs privés est crucial, mais nous devons veiller aussi à assurer des moyens d’action efficaces à la puissance publique nationale, européenne et internationale. Ils sont indispensables au respect de l’intérêt général. La gestion publique doit être profondément réformée. Les cas de «maladministration» doivent être sanctionnés. Ils ne doivent pas pouvoir être utilisés pour délégitimer l’intervention et les ressources publiques. Sinon, la crise ira de plus en plus à la crise, le déséquilibre au déséquilibre, et la pauvreté à la pauvreté !
    Cela vaut notamment pour la France. Nos comptes ont viré au rouge cramoisi, et il y a malheureusement lieu d’être interrogatif face aux choix économiques et fiscaux actuels. Attendons les premiers résultats pour juger ; mais consacrer plus de 10 milliards d’euros chaque année à des mesures fiscales qui ne muscleront vraiment ni la demande (plutôt l’épargne) ni l’offre (ce qui serait pourtant nécessaire) risque de procéder d’un contresens économique pour se terminer par de profonds contre-chocs sociaux.
    Ce que je veux dire, c’est ceci : que les responsables politiques, au lieu de s’agiter médiatiquement et de polémiquer inutilement, veuillent plutôt considérer ces quatre points cardinaux, ces quatre problèmes de fond : environnement, vieillissement, développement, financement. Et qu’ils s’engagent sur leurs solutions. Le citoyen-électeur retrouvera peut-être alors le sentiment qui seul nourrit les projets, mobilise les pays et permet le progrès : la confiance.


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    Marie-Noelle Lienemann : interview pour le JDD du 26/08/07

    Bon d'accord, le livre n'était peut-être pas nécessaire, il y a eu suffisamment de littérature sur le sujet ! A un moment donné, il faut savoir tourner la page et passer à autre chose de plus constructif, même si ce n'est pas l'avis de SR ... 

    ... mais pour le reste, je suis d'accord à 200% avec son analyse et ce qu'elle propose pour faire repartir la machine ! ... ainsi que les noms qu'elle cite (à un près, ... et encore ...)
     
    Rendez-vous chez GAUCHE AVENIR dès la mi-septembre ! si le programme n'a pas changé, nous devons nous retrouver sur Paris autour d'Axel Kahn (généticien ...) ; ça promet d'être passionnant !
     
    A bientôt donc !

    Lienemann: "Royal a eu faux sur toute la ligne"

    Propos recueillis par Virginie LE GUAY
    Le Journal du Dimanche
    >> Marie-Noëlle Lienemann règle ses comptes avec Ségolène Royal dans son nouveau livre Au revoir Royal. Adepte d'une ligne franchement à gauche, seule capable selon elle d'arrêter "la décomposition et l'hémorragie" qui gagnent le PS, la député européenne (PS) dit au JDD tout le mal qu'elle pense des positions "rénovatrices" de l'ex-candidate à la présidentielle. Extraits.

    Lienemann avait déjà sorti un ouvrage critique après la défaite de Jospin en 2002. (Maxppp)Lienemann avait déjà sorti un ouvrage critique après la défaite de Jospin en 2002. (Maxppp)
     
    Vous parlez de la campagne de Ségolène Royal comme d'une "déflagration".
    Que ce soit sur la stratégie, la méthode d'action et les thèmes choisis, elle a eu faux sur toute la ligne. Elle a été imposée par les sondages et les médias. C'était un leurre. Elle a d'ailleurs joué et joue encore totalement perso. Et n'a tiré aucune leçon de la campagne. Ce qu'elle appelle son autocritique se borne à dénoncer ceux du parti qui ne l'auraient pas soutenu et l'impréparation dont elle aurait été victime. Comme toujours, elle s'épargne et ne peut pas se remettre en cause. Ce qui la rendra incapable de rebondir. Je ne lui reconnais qu'un mérite. Sa détermination au service de sa seule personne. Car elle n'a aucun sens du collectif.

    Une seconde candidature Royal vous semble impensable ?
    Ce qui s'est passé est irréversible. Et lorsque je dis "Au revoir Royal", c'est qu'il faut tourner la page. Sous prétexte de rénovation et de modernisme, elle a opté pour une ligne de complicité idéologique avec la droite. Avant elle, Jean-Jacques Servan-Schreiber et Gaston Defferre s'y étaient essayés. En pure perte. C'est un fourvoiement, une impasse qui prive la gauche de ses repères fondamentaux et de la victoire électorale. Elle a fait le lit de l'ouverture. Dois-je rappeler que Bernard Kouchner et Jean-Marie Bockel ont été ses premiers soutiens. Où sont-ils aujourd'hui ?

    Elle a tout de même fait un score de 47 % ! En 2002, Lionel Jospin n'avait même pas dépassé le premier tour.
    47 %, c'est un seuil minimal contre la droite et pourtant Ségolène Royal a bénéficié, à plein, du réflexe du vote utile. N'importe quel socialiste aurait fait ce score. Le total des voix de gauche sous Jospin a été supérieur au total des voix de gauche sous Ségolène Royal qui a fait fuir des électeurs socialistes vers Bayrou. Face à Ségolène Royal qui n'a même pas été capable de reprendre à son compte le thème de la rupture, Sarkozy a fait un des meilleurs scores jamais obtenus par la droite.

    "Elle s'illusionne lourdement sur les soutiens dont elle croit bénéficier"

    On n'a guère entendu d'autres voix que la sienne pendant la campagne. Où étiez-vous passés ?
    Nous avons tout tenté pendant la phase préparatoire pour empêcher ce qui se préparait. Après c'était trop tard, nous ne pouvions pas prendre le risque de faire perdre plus encore notre camp. Ce décalage entre le PS et le peuple de gauche vient de plus loin. Déjà, on l'avait vu lors du "non" au référendum européen. Fidèle à sa tactique d'étouffoir, François Hollande stérilisait tout débat et faisait un chantage constant sur l'unité que nous devions afficher. Nous avons vécu des mois de tension interne maximum, beaucoup d'entre nous pressentaient que nous courrions à la catastrophe.

    N'enterrez-vous pas un peu vite Ségolène Royal ? Elle n'a pas l'intention de laisser sa place.
    Sa place, mais quelle place ? Si je ne m'attends pas à ce qu'elle tombe comme un fruit mûr, car elle va s'accrocher dur, je crois qu'elle s'illusionne lourdement sur les soutiens dont elle croit bénéficier à l'intérieur du parti. Que ce soit auprès des élus ou des militants. Les Gaëtan Gorce, Manuel Valls, Vincent Peillon, Arnaud Montebourg prennent déjà, plus ou moins, leurs distances. Ce ne sont plus que des soutiens flottants, prêts à jouer leur carte personnelle dès que l'occasion s'en présentera. Ils sont encore vaguement solidaires mais ils entendent la colère des militants, le dépit de ceux qui ont l'impression d'avoir été menés en bateau, floués, anesthésiés, utilisés au service d'une seule personne et non d'une cause. Les socialistes aujourd'hui sont dans l'expectative, d'autant que la période Hollande s'achève mi-2008. Mais la relève n'apparaît pas encore.

    Comment reprendre la main ?
    En retrouvant nos valeurs fondamentales. En travaillant dans une dynamique unitaire : le PS, le PC, les Verts, le MDC, les militants syndicalistes, les associations de gauche. Il y a là un vivier immense, fertile, prêt à travailler, autour d'un vrai programme. Il faut parler au peuple de gauche qui est parti vers Bayrou et même vers Sarkozy par désarroi, par manque de corpus idéologique. Dans les années 1970, le total des militants de gauche représentait près de 500 000 personnes. Contre à peine 300 000 aujourd'hui. L'avenir de la gauche passe par un travail de fond que sont prêts à faire Laurent Fabius, Alain Vidalies, Jean-Luc Mélenchon, Henri Emmanuelli, Benoît Hamon. Et d'autres... Le club de réflexion Gauche Avenir se réunit mi-septembre à Paris pour reprendre l'initiative. Il faut rouvrir des débats essentiels: le refus de libre-échangisme, le retour à une économie mixte, la relance de l'industrie dans notre pays, un changement de cap en Europe, de nouveaux droits comme celui au logement, un nouveau pacte républicain... Le champ est large. Nous devons redevenir le parti du monde du travail.

    Au revoir Royal, de Marie-Noëlle Lienemann et Philippe Cohen. Editions Perrin 185 pages, 13,50 euros.


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    8/27/2007

    Le Monde du 25/08/07 - Article de Martine Aubry

    Sarkozy ou l'ouverture en trompe-l'oeil,

    par Martine Aubry

    LE MONDE | 24.08.07 |









    Soyons francs. Il faut reconnaître que les premières heures de la présidence de Nicolas Sarkozy n'ont pas manqué d'allure. Composition du gouvernement, efforts déployés pour remettre l'Europe en marche, présidence de la commission des finances confiée à l'opposition, hommage rendu à Guy Môquet... A cela s'ajoute un président présent sur toutes les questions, et apparaissant proche des Français. Certains pouvaient même se prendre à rêver d'une présidence ouverte, moderne, et efficace face aux grands enjeux du moment.
     

       
    Malheureusement, la réalité de la politique menée est tout autre, au cap des 100 jours. Nicolas Sarkozy n'a vu venir ni la crise financière ni le ralentissement brutal de l'économie française. Il a manifestement accordé des contreparties - douteuses, voire dangereuses : nucléaire civil, armement - à la libération des infirmières bulgares en Libye. Il a heurté nos amis africains par un discours d'un autre temps accusant "l'homme africain (de n'être) pas assez entré dans l'Histoire". Il agace sérieusement nos partenaires européens par sa récupération permanente du travail collectif. Le Conseil constitutionnel vient de censurer la rétroactivité de la déduction fiscale des intérêts d'emprunts. Le président de la République ne connaît-il pas la Constitution - ce qui est peu vraisemblable - ou bien a-t-il délibérément trompé les Français avant les élections ? L'hyperactivité tourne à la gesticulation, à la personnalisation, et à l'accumulation de fautes. M. Sarkozy, qui est un amateur de football, devrait savoir qu'un bon joueur n'est pas celui qui prend tous les ballons, mais celui qui distribue le jeu avec intelligence.

    Au-delà de cette agitation frénétique, au-delà des mots et des slogans destinés à séduire le plus grand nombre, à travers les premières décisions de Nicolas Sarkozy et à travers les premières lois se dessine peu à peu l'homme qu'il est réellement et la politique qu'il mène effectivement. Comme le souligne un membre éminent de l'UMP, Claude Goasguen : "Paradoxalement, l'ouverture dans le discours s'accompagne d'un durcissement des positions de la droite sur tous les sujets." Ce qui frappe finalement, ce n'est pas la rupture tant annoncée, mais au contraire l'étonnante continuité avec les politiques menées par tous les gouvernements de droite depuis vingt ans, et leur accentuation. Or ces politiques sont inefficaces et injustes.

    Inefficaces sur le plan économique parce qu'en aidant les ménages les plus aisés au lieu de donner du pouvoir d'achat à ceux qui en ont besoin, on dope l'épargne mais pas la croissance, et on néglige l'investissement, la recherche et donc la compétitivité. Les experts estiment que la croissance ne dépassera pas 1,8 % à 1,9 % et qu'elle ne sera guère meilleure en 2008. L'emploi et l'investissement sont en panne, la production industrielle recule, le déficit commercial est à un niveau record et la croissance s'est limitée à 0,3 % au second trimestre. La situation de la dette et des déficits est catastrophique et inquiète d'ailleurs nos partenaires européens.

    Sur le plan de la sécurité, l'attitude de Nicolas Sarkozy est toujours la même. Des annonces et des mots forts, une surenchère législative qui ne règle rien. Nicolas Sarkozy a fait voter huit lois sur la sécurité au cours des cinq dernières années sans que cela n'enraye en rien la hausse des délits les plus graves, les violences faites aux personnes (+ 43 % depuis 2002 et depuis un an + 2,5 %). On aura beau empiler les lois, si les moyens ne suivent pas, les résultats ne seront pas là. Il manque par exemple 400 policiers à Lille pour que le travail puisse être fait correctement. Et voici qu'on nous annonce une nouvelle loi sur la récidive, dix jours après l'entrée en vigueur de la précédente, suite à l'affaire Evrard. La question n'est pas de transformer les médecins en juges décidant le placement en hôpitaux fermés après l'exécution de la peine - ce dont Pascal Clément a d'ailleurs lui-même souligné le caractère anticonstitutionnel -, mais d'organiser un traitement médical sérieux pendant l'exécution de la peine et un suivi post-carcéral renforcé. Pour cela, il faut plus de juges d'application des peines, plus de médecins coordonnateurs et plus de conseillers d'insertion et de probation, bref, plus de moyens humains et financiers pour la justice. Je ne suis pas choquée que Nicolas Sarkozy ait reçu le père d'Enis. Nous avons le devoir d'être auprès de nos concitoyens, tout particulièrement quand ils souffrent. Mais on ne prend pas de bonnes décisions en réagissant à chaud sur le perron de l'Elysée. Il faut une société de justice, une société efficace, et pas une société de vengeance sous le coup de l'émotion.

    Quant aux deux mesures phares de la campagne de Nicolas Sarkozy, elles risquent fort de rater aussi leur cible. Prenons l'accession à la propriété, un objectif que nous ne pouvons que partager à condition qu'il ne se fasse pas au détriment de la construction de logements sociaux et de la résorption de l'habitat insalubre. La modicité de la réduction d'impôt (par exemple 24 euros mensuels pour un prêt de 120 000 euros à 5 % sur 20 ans, à comparer aux 836 euros de remboursement) ne changera rien aux difficultés actuelles. Que dire aussi du fameux "travailler plus pour gagner plus" ? Les déceptions seront lourdes, parce que, pour faire des heures supplémentaires, il faut que les employeurs en aient besoin et vous les confient, sachant d'ailleurs qu'ils peuvent vous les supprimer à tout moment. Mais, surtout, en rendant les embauches plus chères que les heures supplémentaires, Nicolas Sarkozy vient de porter un coup terrible à la lutte contre le chômage.

    Plus encore, ce président qui se présente comme celui de tous les Français est l'auteur d'une politique injuste. Injuste parce que les baisses d'impôts profitent surtout aux entreprises et aux contribuables les plus aisés. Entre le bouclier fiscal, la baisse de l'ISF et celle des droits de succession, 6 milliards d'euros seront consacrés à une poignée de contribuables. Quelque 6 milliards d'euros d'un côté... et 25 millions de l'autre accordés à Martin Hirsch pour aider les millions de bénéficiaires du RMI et des autres minima sociaux qui reprennent un emploi. Et il faudra bien payer la facture fiscale, 13 milliards d'euros au total : d'où les franchises médicales à la rentrée et la hausse de TVA à l'automne comme l'avait fait Juppé en 1995. Ce sont là aussi les plus modestes qui vont trinquer.

    Injuste, car c'est l'accès au droit pour chacun qui est remis en question : droit au travail avec l'abandon de la lutte contre le chômage et l'entêtement du président à vouloir généraliser sous forme de contrat unique le contrat nouvelles embauches (CNE), dont l'échec est pourtant avéré ; accès à l'éducation, avec la suppression de 11 000 postes à l'éducation nationale ; accès à la santé, avec les franchises médicales et la réduction des moyens de l'hôpital public ; politique en faveur des quartiers populaires, avec la réduction des subventions à toutes les associations qui y font pourtant un travail formidable.

    Ouverture dans le style, la communication et les symboles. Fermeture dans les faits, quand la démocratie est fragilisée par une personnalisation excessive du pouvoir au détriment de la transparence vis-à-vis du Parlement comme des Français, fermeture quand les valeurs de la République sont oubliées par la partialité et l'injustice des décisions. Malgré l'habileté et l'assurance de notre président, une telle politique ne peut conduire qu'à des lendemains qui déchantent. Face à cette droite dure et décomplexée dans ses actes si ce n'est dans ses discours, notre devoir est d'affirmer une gauche forte, solide sur ses valeurs et percutante sur ses propositions. Force est de constater que ce n'est pas le cas aujourd'hui. Ne perdons pas notre temps dans des querelles de chapelles ou de générations. Nous avons besoin de toutes nos forces. La renaissance de la gauche est possible si nous cessons de parler chacun pour soi ou de nous interroger sur le nom de notre représentant à la prochaine élection présidentielle, et si nous nous mettons au travail pour dire aux Français ce que proposent les socialistes et la gauche.

    Nos fondations sont solides, elles portent les valeurs nées du mouvement ouvrier et du mouvement humaniste des siècles passés, celles de la République dans sa véritable identité - Liberté, Egalité, Fraternité -, auxquelles nous ajoutons la justice, la solidarité et la laïcité. Ma conviction est que ces valeurs sont plus que jamais d'actualité dans une société qui doute d'elle-même et de son avenir et qui a peur des autres.

    J'en appelle à une véritable renaissance de ces valeurs, condition de la renaissance de la gauche. Il nous faut écrire de nouveaux chapitres à notre histoire sans déchirer les précédents. Alors, bien sûr, les réponses d'aujourd'hui sont différentes. Elles doivent satisfaire aux attentes urgentes des Français (salaires, emploi, logement), tout en préparant l'avenir dans un contexte totalement nouveau, celui de la mondialisation, des nouvelles technologies, du choc démographique et du défi écologique.

    Alors que la droite accroît l'individualisme, exacerbe les peurs et les divisions, nous devons proposer à chacun l'accès aux droits fondamentaux, une juste répartition des richesses, mais demander à tous le respect des règles et des autres, la responsabilité et même de la fraternité. Alors que la droite prône la réussite individuelle au détriment des autres et le règne de la loi du plus fort, nous devons convaincre les Français que l'aspiration à l'épanouissement individuel va de pair avec le progrès collectif.

    La France sera plus forte si elle est plus juste. Il n'y a pas d'ordre sans justice, la justice qui doit être au coeur des projets de la gauche chez nous comme dans le monde.


    Martine Aubry, maire (PS) de Lille

    Article paru dans Le Monde, édition du 25.08.07.



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    8/24/2007

    SARKOPHAGE !

     
    Pub blog Sarkostique -- Anti Sarkozy
    envoyé par sarkophage
     
     
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    8/10/2007

    Le Monde : Réchauffement climatique persceptible à partir de 2009

    Le réchauffement climatique devrait se faire

    sentir à partir de 2009

     

    LEMONDE.FR avec AFP | 10.08.07 |

     

     

    Des chercheurs britanniques ont annoncé, vendredi 10 août, dans la revue Science, que le réchauffement climatique se fera sérieusement sentir à partir de 2009. Cette date a pu être obtenue grâce à des simulations d'un programme informatique qu'ils ont eux-mêmes développé, estimant les modèles existants peu satisfaisants.

     

    Les chercheurs du bureau météorologique britannique ont intégré dans ce programme les températures et circulations de courants dans les océans, ainsi que des phénomènes météorologiques comme La Niña, annonciatrice de cyclones dans l'Atlantique et de moussons plus fortes que d'ordinaire en Asie, ainsi que les émissions de gaz à effet de serre dues aux activités humaines. Ils ont éprouvé la validité de ce modèle en le testant sur les années 1982-2001, et constaté que leurs résultats étaient bien plus proches des températures effectivement constatées durant cette période que celles des modèles précédents.

    Leur simulation sur l'avenir proche (2005-2014) leur a permis de constater que jusqu'à présent, les effets du réchauffement ont été compensés par des phénomènes naturels, comme le refroidissement dans une partie du Pacifique et la résistance au réchauffement de l'océan Arctique. Mais à partir de 2009, les températures devraient atteindre des records, aucun phénomène ne pouvant compenser la hausse des températures provoquée par les gaz à effet de serre.

     

     

    Le dauphin blanc du Yangtsé se serait éteint

    Le dauphin blanc du Yangtsé se serait éteint

    LEMONDE.FR avec AFP | 08.08.07 | 
    Qi, un baiji de l'aquarium de Wuhan, mort en 2002 à l'âge de 22 ans. | AFP

     

     

     

    Qi, un baiji de l'aquarium de Wuhan, mort en 2002 à l'âge de 22 ans.

    AFP










    Pendant six semaines, ils n'en ont pas aperçu un seul. Venus de Chine, du Japon, de Grande-Bretagne et des Etats-Unis, des experts ont écumé les eaux du Yangtsé, le grand fleuve chinois, sans rencontrer un seul "baiji", le nom chinois du dauphin blanc de rivière. "Ces résultats signifient" que cette espèce "s'est probablement éteinte", a indiqué Wang Ding, de l'Académie des sciences chinoise, qui a dirigé l'expédition, menée en décembre et dont les conclusions ont été rendues publiques mercredi 8 août.


    "Une partie de l'âme chinoise s'en est allée", titre le quotidien britannique The Independent, qui souligne l'importance du cétacé en Chine, où il est surnommé "la divinité du Yangtsé", dont il habite les eaux depuis 20 millions d'années.
    Quelque 5 000 dauphins auraient vécu dans les eaux du Yangtsé il y a moins d'un siècle, selon le site baiji.org, fondé par des associations de différents pays qui se consacrent aux espèces menacées. Une expédition conduite en 1997 n'avait permis de repérer que 13 individus. Victime d'une pollution dévastatrice, de la pêche illégale et du trafic fluvial, le baiji est la première espèce de cétacé à subir les conséquences de l'industrialisation en s'éteignant.

     
    8/6/2007

    Emploi : passage par la case chômage, conditions de travail dégradées ... Quelles perspectives ? (article rédigé pour / publié sur AgoraVox)

    AgoraVox

    Emploi : Passage par la case chômage, conditions de travail dégradées ... quelles perspectives ?

     

    Les études et rapports sur le sujet de l'emploi en France se suivent ... et se ressemblent à travers le pessimisme général qui s'en dégage et traduit bien celui de la majorité de la population active de ce pays.

    De ces interrogations, de ces analyses, des pistes pour retrouver une situation de plein emploi sereine et pérenne se profilent timidement, mais faute de volonté politique elles ne sont pas prises en compte car elles ne correspondent pas au « dogme » officiel lorgnant vers un libéralisme « décomplexé » à l’américaine, et les quelques mesures prises, essentiellement au bénéfice du patronat, apparaissent inadaptées voire contreproductives par rapport aux conclusions des études réalisées ...

    PREMIERE PARTIE

    Etat des lieux : place à la morosité.

    Selon une étude SOFRES de juil. 2007, pour 61% de la population interrogée, les conditions de travail se sont dégradées ; 75% se plaignent de stress au travail, 54% de l'incertitude face à leur avenir (peur du chômage), 45% regrettent un manque de reconnaissance.

    Bref, le monde du travail n'est plus un lieu d'épanouissement ! Et ce ne sont certainement pas les mesures de dérégulation et d'assouplissement du code du travail promises par le président Sarkozy qui vont permettre un renversement de cette tendance coté salariés, car ce qui semble déjà le plus pesant pour cette catégorie d'actifs c'est :
    - le stress provoqué par les méthodes de management du "toujours plus, toujours plus vite" et de la mise en concurrence permanente,
    - et son corollaire : la crainte de perdre son emploi et surtout de ne pas en retrouver un, dans un pays où le taux de chômage reste élevé, la protection sociale s'affaiblit, et où nombre d'entreprises jouent sur ce tableau pour mettre la pression sur des salariés ou postulants qui finissent par douter de leurs compétences. 

    Or, les mesures proposées par le gouvernement ne sont que des assouplissements en faveur du patronat : statut des heures supplémentaires, contrat unique, fin annoncée des 35 heures,... 
    ... Tout ceci avec en arrière-plan la médiatisation de suicides récents dans des grandes entreprises, dont il semble que nous vivons une véritable épidémie ... Voilà qui ne risque pas de remonter le moral des troupes ! …
    Et sur fonds également de craintes de nouvelles baisses du pouvoir d'achat avec les projets de TVA sociale, de franchise médicale, la hausse annoncée des prix du pétrole et de certaines denrées alimentaires à cause du renchérissement des prix des matières premières (céréales et lait notamment), de ceux de l'immobilier qui restent élevés, et indirectement les effets du bouclier fiscal dont il faudra bien compenser les largesses accordées à quelques uns  ... N'en jetez plus, la coupe est pleine !!!

    Une étude récente (CEREQ) a suivi des jeunes issus de différents milieux, formations, expériences personnelles et familiales, dans le cadre de leur entrée dans le monde du travail.
    Cette étude menée sur du long terme, montre que le rapport au travail et le sens qu'on lui donne, évoluent au fil des expériences professionnelles, des opportunités, réussites ou échecs, qu'il y a interaction entre la sphère professionnelle et personnelle ; mais surtout, ce qu'il en ressort, pour une large proportion de la population étudiée, c'est un sentiment d'usure, de désillusion, de manque de perspectives et de peur en l'avenir (spectre du chômage), qui interviennent relativement rapidement et qui tuent l'audace et le désir d'entreprendre que l'on pourrait espérer trouver chez des jeunes actifs posant un regard neuf sur le monde du travail. 

    D'une façon générale, on peut dire que la situation du salariat se dégrade depuis quelques années.
    Parallèlement à l'affaiblissement des protections sociales, on demande au salarié de développer son autonomie, sa capacité à faire face seul aux aléas de la vie et du monde du travail ; l'individualisme prôné par notre société finit par devenir solitude mortifère dans le sens où les moyens de gérer cette autonomie nouvelle ne sont pas conférés à l'individu.
    Ainsi, les organismes chargés du suivi des chômeurs sont passés du rôle d'établissements de "placement", à celui d'"accompagnement" ; Devenus moins directifs, ils ne servent plus d'intermédiaire entre offre et demande d'emploi ; Ils proposent désormais à la place des bilans de compétence, des ateliers  de rédaction de CV ou préparation aux entretiens, des projets de formation ... mais sans disposer réellement des budgets nécessaires (... et tout cela étant conseillé mais sans caractère d'obligation ni réel soutien ou tutorat) ...
    Le problème de cette mutation dans le suivi du chômage, c'est qu'on ne demande plus de garantie de résultat aux organismes d'état qui en sont chargés, cette responsabilité ayant été transférée sur le chômeur (ce qui explique sans doute l'image de profiteur, de « feignant » et de parasite qu'une partie de l'opinion publique lui prête quand il tarde à « rebondir ») ; 
    Par ailleurs, la qualité des services apportés est souvent médiocre, voire ils sont inadaptés car tous les chômeurs n'ont pas la capacité de s'autogérer ni d'évoluer en profondeur, ce qui leur est pourtant demandé ; On peut regretter le manque d'efficacité ou d'efficience du personnel de l'ANPE, qui n'a pas non plus été préparé à ces changements, qu'il subit sans bien les maîtriser, plus qu'il n'en fait la promotion (monter un dossier de VAE fin 2004 m'a demandé plus d'efforts et de persévérance, que cette VAE n'en a nécessité pour parvenir à son aboutissement !!!). 

    Une des conséquences de ce système, c'est précisément d'entretenir le chômeur dans son doute en ses capacités et son inquiétude face à l'avenir, ce qui ne le met pas en position de force ni de confiance en soi, sentiments nécessaires pour mener à bien une recherche d'emploi.

    Utiliser une période de chômage pour faire le point sur sa carrière, entreprendre des formations, des remises à niveau ou préparer une reconversion est non seulement très difficile à faire financer mais demande en plus une grande pugnacité face à des structures d'accompagnement défaillantes ou dépassées. Il faut se déplacer en divers endroits, multiplier les contacts pour obtenir ne serait ce qu'une information fiable sur ce à quoi on peut légitimement prétendre.
    Le chômeur est aussi fragilisé par le système du PARE (plan d'aide au retour à l'emploi), qui, s'il fige le montant des indemnités chômage durant toute la période d'indemnisation (il n'y a plus de dégressivité), réduit néanmoins celle-ci à 23 mois, sans possibilité de suspension de cette durée pendant une période de formation ; ce qui fait que la durée d'indemnisation est très courte, pour quelqu'un qui souhaite évoluer ou se former pour changer de filière (par exemple préparer un diplôme d'état qui nécessitera un ou deux ans d'études).
    Passés les 23 mois d'indemnisation du PARE, si le chômeur n'a pas retrouvé d'emploi, il ne touche plus que l'ASS (allocation de solidarité spécifique) ou le RMI dans le meilleur des cas !!! 
    C'est ce qui explique que nombre de chômeurs issus des catégories cadres - professions intermédiaires - employés qualifiés, effrayés par cette perspective de chute vertigineuse dont ils imaginent déjà la destination finale sur les bords du canal Saint-Martin parmi les SDF, choisissent de retourner dans la vie active coute que coute et au plus vite, même si pour cela ils doivent emprunter le fameux "descenseur social".

     

    Sortir du chômage : où l'on constate un désajustement de plus en plus courant entre emploi recherché et emploi retrouvé ....

    Illustration tragiquement concrète du descenseur social : le déclassement professionnel ou la mobilité descendante ... Ces termes décrivent ce non-choix de chômeurs de plus en plus nombreux, qui, redoutant de ne pas retrouver un emploi et de se retrouver sans ressources, postulent et acceptent des emplois sous-qualifiés par rapport à leur formation ou leur expérience.

    Fait aggravant, en général, cet emploi retrouvé n'est pas pérenne, s'agissant essentiellement de postes en CDD ou intérim, ce qui multiplie les risques de retour au chômage ... mais dans l'esprit du chômeur cela rend plus acceptable cette situation car elle lui apparait ponctuelle, réversible.

    Le danger de cette non-stratégie pensée dans l'urgence, c'est la succession d'emplois précaires, ne permettant pas d'enclencher un processus de mobilité ascendante ; Le temps passant, il devient difficile d'obtenir la reconnaissance des qualifications et compétences initiales lorsqu'on postule pour un poste correspondant à son profil réel, non dévalué.
    Au final, ce mouvement s'auto-entretient, et le déclassement devient irréversible.
    Jusque dans les années 1980/85, le phénomène est rare, mais il tend à se développer depuis les années 1990.

    On peut donc dire que l'acceptation d'emplois déclassés n'apparait pas comme une stratégie efficace de sortie du chômage, qu'elle constitue plutôt un enlisement dans la précarité, aboutit à une perte de ses compétences initiales, à une dégradation de sa perception de soi, à une perte de confiance, au fur et à mesure que la personne s'éloigne durablement de son métier de référence.

    Côté employeur, cette situation pose le problème d'un manque d'adéquation grandissant entre la qualification des emplois à pourvoir (grille des salaires, descriptifs de postes, ...) et la qualification de la personne recherchée (formation et expérience requises par rapport à l'utilisation réelle des compétences). Sur un marché (tertiaire notamment) où l'offre (demandeurs d'emploi) surabonde, les employeurs vont avoir tendance à demander plus de compétences que nécessaire au nom de la sélection, et à faire jouer la concurrence en terme de salaire revus à la baisse (cela me rappelle le scandale en 2006 autour d'un site internet d'emploi en Allemagne, où les emplois se négociaient aux enchères à l'envers, le poste revenant au moins disant).

    Actuellement, un chômeur sur deux sort du chômage avant un an, mais plus d'un inscrit au chômage sur deux avait déjà connu un ou des épisodes de chômage dans les trois ans précédant son inscription à l'ANPE.
    Et 4 personnes sur 10 s'inscrivent à l'ANPE suite à une fin de CDD ou de contrat d'intérim.
    Enfin, 30% des chômeurs (40% pour les jeunes) déclarent que l'emploi retrouvé ne correspond pas à ce qu'ils recherchaient.  

    Pour nombre de ces chômeurs, la priorité a été de sortir du chômage au plus vite, quitte à accepter des conditions d'emploi, de salaire, de statut, de lieu de travail, difficiles ou peu concordantes avec leur parcours.

    Découragement ?
    Résignation liée au contexte économique ?
    Toujours est-il que cette stratégie gomme l'expérience professionnelle en mettant à égalité de conditions d'embauche des séniors expérimentés et des jeunes entrant sur le marché du travail, des diplômés et des non diplômés ; elle met aussi un frein à toute perspective d'évolution de carrière ...

    Pour la période 2005/2006, on considère que 18,5% des sortants de l'ANPE sont professionnellement déclassés, 32% ayant retrouvé un CDI, contre 59% étant embauchés en CDD ou en intérim.
    Enfin, avec l'ancienneté dans le chômage, on constate que le déclassement progresse. 

    Globalement, un individu sur cinq connait au moins un épisode de chômage durant sa carrière ; c'est un chiffre considérable.
    Même si l'on sait que l'évolution de la situation économique a banalisé et multiplié les risques de passage par le chômage durant une carrière, il faut que cet épisode soit le plus court possible et cesse de constituer dans les faits une rupture lourde de conséquences dans les trajectoires professionnelles.

    La majorité des créations d'emploi est actuellement constituée par celle de postes non qualifiés et avec des conditions de travail contraignantes (temps partiels, horaires décalés ...) ; ce sont des postes qui présentent peu de perspectives d'évolution de carrière (ex : emplois dans l'hôtellerie et la restauration, ou services aux personnes). Il est donc difficile de fidéliser des salariés sur ces profils, ce qui explique le recours massif à l'intérim.

    Pour une personne prise dans cet engrenage qui consiste à enchaîner sur du court terme des postes sous-qualifiés, dans des conditions difficiles, avec des salaires et des fonctions dévalorisées, il devient de plus en plus dur d'inverser la tendance et cette situation tend à l'irréversibilité.

     

    Pour espérer retrouver une vision positive de la "valeur travail" dans ce pays, et contrecarrer le mouvement actuel de mobilité descendante et d'enlisement dans le chômage de longue durée, il faut donc se poser la question de la place du travail dans l'esprit de la population active, sa vision du monde du travail, ses attentes, ses craintes ... et engager une réhabilitation en profondeur du système tendant vers plus de sécurité pour les travailleurs, plus de possibilités pour continuer à se former en cours de carrière ou faciliter les « passerelles » entre filières professionnelles, tout en restant suffisamment flexible et attractif pour les employeurs.