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8/29/2009
L’horreur dans un abattoir du groupe Charal
Ce sont de bien morbides révélations que vient de mettre au grand jour l’association de protection animale L214. S’attendant à essuyer un refus suite à une demande de visite de l’abattoir Charal basé à Metz, un enquêteur du groupe associatif a postulé à une offre d’emploi sur le site d’abattage au titre d’ouvrier abattoir. Une démarche aisée au regard de l’absence de qualification ou d’expérience professionnelle requise. Ainsi, pendant trois semaines, du 8 au 26 septembre 2008, l’enquêteur rendu sur place a pu observer les pratiques en œuvre dans cet abattoir.
Illustration ci-contre - Un bovin assistant à l'agonie de ses congénères.
Or, le spectacle s’est révélé pour le moins cruel, même pour un lieu dédié à l’abattage. L’abattage rituel comme l’abattage standard donnent lieu à des souffrances prolongées chez les bovins avant leur mort définitive. Au cours de l’abattage standard, les animaux sont effectivement étourdis avant d’être mis à mort ainsi que l’exige la loi. Toutefois, selon l’association, en raison du retard accumulé par le saigneur, ils ne sont pas immédiatement égorgés et reprennent conscience avant leur égorgement. Parallèlement, la vitesse de la chaîne d’abattage restant inchangée au cours de l’abattage rituel, sans étourdissement préalable (1), cette cadence ne permet pas de maintenir l’animal dans le tonneau de contention jusqu’à la fin de la saignée. Au regard de quoi, là encore, l’agonie de l’animal se prolonge une fois suspendu à la chaîne d’abattage. Le tonneau de contention étant orienté vers les animaux suspendus, les bovins ne perdent pas une "miette" du sort que subissent leurs congénères.
Outre leur ignominie, ces agissements contreviennent à la réglementation en vigueur. L214 souligne, ainsi, la violation de l’article R214-74 du Code Rural, lequel spécifie que : « L’immobilisation doit être maintenue pendant la saignée ». Parmi les autres articles bafoués, figure également l’article R214-65 du Code Rural précisant que : « Toutes les précautions doivent être prises en vue d’épargner aux animaux toute excitation, douleur ou souffrance évitables pendant les opérations de déchargement, d’acheminement, d’hébergement, d’immobilisation, d’étourdissement, d’abattage ou de mise à mort ».
Mais le scandale ne s’arrête pas là. Les Services vétérinaires sont présents en permanence dans l’abattoir de Metz et n’ont pourtant pas signalé ces infractions pratiquées quotidiennement. Ce constat ne fait que confirmer les défaillances récurrentes des services vétérinaires français, pointées du doigt par l’Office alimentaire et vétérinaire (OAV) de la Commission européenne. Pour preuve, relayant un article paru dans la dépêche vétérinaire de mars 2009, L214 cite le président du Syndicat National des Inspecteurs en Santé Publique Vétérinaire (SNISPV) : « Cela fait dix ans que le syndicat tire la sonnette d’alarme au sujet du déficit des contrôles officiels en dénonçant la fragilisation croissante de nos effectifs et la catastrophe potentielle qui menace ». D’autant que, comme l’a constaté l’enquêteur de L214, les pratiques déviantes de l’abattoir de Metz sont abandonnées au profit de plus vertueuses lors de visites importantes. Ce fut ainsi le cas à l’annonce d’un audit de la société McKey, fabricant de steaks hachés surgelés et fournisseur des restaurants Mc Donald’s.
La mauvaise foi n’ayant pas de limite, dans son courrier de refus apposé à une éventuelle visite de l’abattoir par l’association, Charal n’a pas hésité à déclarer : « Au-delà de la réglementation en vigueur et du contrôle par les autorités qui certifient chaque année la conformité de l’ensemble de nos abattoirs, notre groupe a fait de la protection animale un volet central et spécifique de sa politique « Qualité », qui va au-delà des exigences actuelles et préfigure les évolutions réglementaires ». Tout dépend de ce que l’on entend par « protection animale ».
L’association L214, qui dénonce la tromperie de l’entreprise envers les consommateurs, a porté plainte contre Charal pour cruauté envers les animaux. 8/23/2009
Non, l'ampoule basse conso n'est pas dangereuse
Par Sophie Verney-Caillat | Rue89 | 22/08/2009 |
« Les ampoules basse consommation émettent des ondes électromagnétiques, sont des mini-usines d'éclairage, et contiennent du mercure, toxique » : c'est ce que prétend Annie Lobé, qui se présente comme « journaliste scientifique » dans une longue pseudo-démonstration vidéo que l'on reçoit de plus en plus souvent, accompagnée du message « il ne nous reste plus qu'à nous éclairer à la bougie ».
Alors que les ampoules à incandescence sont sur le point de disparaitre de la circulation, il est temps de démonter la rumeur. (Voir la vidéo)
1 - Pourquoi cette rumeur ?
 Dans la série des scandales des ondes cancérigènes, vieux comme le micro-ondes et récemment réactivés par la polémique sur les téléphones portables et leurs antennes-relais, les ampoules ne sont pas les pires.
Mais le 1er septembre prochain, les lampes à incandescence de plus de 75 watts, halogènes non claires et autres lampes vont être bannies de la vente (consulter le calendrier ci-contre). Et un marché plus vaste s'ouvre alors pour les lampes basse consommation, puisqu'elles deviennent la règle : sur les 180 millions de lampes vendues en 2008, les « basse consommation » ne représentaient que 30 millions. Elles sont vendues six fois plus cher (pour une durée d'utilisation prétendue au moins six fois supérieure).
Bref, tous les ingrédients sont rassemblés : un « marché de la peur » avec toutes les personnes inquiètes des ondes dégagées par tous les appareils électriques, une obligation d'achat et un marché de masse. Le « journalisme d'épouvante » peut commencer.
2 - Qui est Annie Lobé ?
On ne sait pour quelle obscure raison la journaliste Annie Lobé a pris l'initiative de cette vidéo amateur, qui a fait rire tous les scientifiques l'ayant vue. Auteure de « La Fée électricité », livre où elle donne ses conseils pour lutter contre la « pollution électrique », elle publie essentiellement aux éditions Santé Publique, qui n'ont pas répondu à nos sollicitations et ne nous ont donc pas permis de la joindre. Elle a été condamnée pour diffamation après un procès contre SFR pour avoir écrit « les gens meurent sous les antennes » .
Cela n'avait pas suffit à faire d'elle une journaliste connue… Mais depuis sa vidéo sur les ampoules, son nom est souvent cité en lien avec cette polémique résumée en « ampoule basse conso égale danger ». Sa rigueur journalistique s'illustre bien dans la dernière séquence de la vidéo, qu'on vous détaille (si vous n'avez pas le courage d'aller à la sixième minute) :
« Il y aurait actuellement un pic mondial de l'incidence du cancer de la prostate en Guadeloupe, où 350 000 lampes ont été acquises par 43 000 foyers au début des années 90 » (…) « Je vous conseille de ne pas utiliser ces ampoules basse conso. »
3 - Les lampes dégagent-elles des ondes ?
Oui, comme tous les appareils électriques. Le ballast électronique inclus dans l'ampoule et qui permet de produire la lumière en émet, mais dans des proportions jugées non dangereuses pour la santé. Le Scientific Committee on Emerging and Newly Identified Health Risks (SCEHNIR), organisme indépendant qui a publié pour la Commission européenne, a publié le plus récent et officiel rapport sur les risques liés à la sensibilité lumineuse.
Il prévient seulement les autorités contre l'exposition prolongée, dans des conditions extrêmes et à une distance inférieure à 20 cm, à la lumière de ces lampes dites « fluo-compactes », et met en garde contre d'éventuelles séquelles pour la peau et les yeux. Oui mais « ces lampes ne sont pas faite pour être collées à la joue, dès qu'on s'éloigne, le champ magnétique diminue considérablement », remarque le Syndicat de l'éclairage.
Ce n'est donc pas à 5 cm qu'Annie Lobé aurait dû faire ses mesures mais à 30 cm, et de toutes façons avec un autre appareil que un gaussmètre incapable de mesurer les ondes produites sous cette distance. La question de la mesure exacte de ces lampes est si complexe que l' Afsset (l'Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail) vient d'y consacrer, à la demande de l' Ademe, Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, un rapport d'une trentaine de pages.
A l'Ademe, Bruno Laffitte, l'expert en charge du sujet explique ainsi :
« Dans le but de rassurer le consommateur et d'actualiser les mesures sur les nouvelles lampes, l'Ademe va lancer des grandes campagnes de mesure du champ électromagnétique. »
Citons aussi cette mise au point de Martine Souques, médecin de santé publique à EDF, dans un article paru sur le site de la sérieuse Association française pour l'information scientifique (AFIS) :
« Les lampes basse consommation émettent des champs électromagnétiques dans plusieurs gammes de fréquences, de 50 Hz à 10 MHz. Cependant, les mesures effectuées dans ces différentes gammes (…) sont très inférieures aux niveaux indiqués dans la recommandation européenne de juillet 1999 sur l'exposition du public aux champs électromagnétiques. »
4 - Les lampes dégagent-elles du mercure ?
Oui, mais ce n'est ni nouveau ni un secret. La directive européenne ROHS impose un maximum de 5 mg de mercure par lampe. Le Syndicat de l'éclairage nous assure :
« Il faudrait des centaines de lampes fluo-compactes pour obtenir l'équivalent du contenu en mercure d'un thermomètre à l'ancienne. De plus, le contenu en mercure est passé en 20 ans de 100 mg par lampe à 2 à 5 mg aujourd'hui. »
Pour l'instant, on ne connait pas d'alternative au mercure pour produire des lampes peu énergivores. « L'avenir, ce sont sans doute les diodes électro-luminescentes (LED), tout le monde cherche la lampe du futur dans cette direction », nous dit-on au Syndicat de l'éclairage. Mais personne n'a encore trouvé…
Si le mercure était potentiellement dangereux, ce serait à l'occasion d'un bris de lampe. Mais les vapeurs qui sortent ne sont pas dangereuses à ces dosages, d'autant que le mercure s'incorpore dans le verre de la lampe au fur et à mesure de son utilisation et en fin de vie il y a encore moins de mercure dans la lampe.
5 - Faut-il recycler ces lampes ?
Rappelons enfin qu'il est impératif de les recycler une fois qu'elles sont arrivées à la fin de leur (longue) vie. Pour cela, la filière est organisée autour de Récylum, organisme collecteur agréé dont les points de collecte, sont disponibles sur ce site. Mais la filière a encore des progrès à faire et les consommateurs ne sont pas tous au courant. Il suffirait pourtant de lire sur l'ampoule qu'il est interdit de les jeter à la poubelle.
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8/21/2009
Le bio n'est pas parfait! Une étude anglaise l'a prouvé: non, le bio n'est pas la vertu nutritive incarnée. Sans doute, mais ne nous détournons pas trop vite. Comparés aux autres, les produits bio restent tout de même les moins pires...
La récente étude de la Food Standard Agency (agence alimentaire britannique, équivalent de l’Afsaa française) mettant en doute les vertus nutritives du bio n’entendait pas autre chose que jeter le discrédit sur les aliments produits naturellement.
Il est vrai que les rapports officiels commandés par le gouvernement de sa Gracieuse Majesté, sont, depuis celui prouvant l’existence d’armes de destructions massives dans les arsenaux iraquiens, d’une fiabilité à toute épreuve. La plupart des médias occidentaux se sont pourtant jetés dessus pour relancer l’éternelle polémique : « Faut-il croire au bio ? » ou « Le bio est-il meilleur ? » Et les spécialistes de tous bords de s’en donner à cœur joie pour s’invectiver en public.
Que dit le fameux rapport ? Tout simplement que les aliments bio ne présentent aucun avantage nutritionnel par rapport aux aliments issus de l’agriculture « conventionnelle ». Tout à fait vrai, même si l’argument est aussi stupide que de dire, par exemple, que les voitures avec freins ne présentent aucun avantage de carrosserie par rapport aux voitures sans frein. Parfaitement exact, si ce n’est que les unes tuent et pas les autres. Idem pour les aliments bio. Leur seul et unique avantage est de ne pas aggraver la pollution de la planète et de ne pas empoisonner nos organismes. Il n’a jamais été question qu’ils prolongent la vie, mais au moins ne l’écourtent-ils pas. Un détail sans importance qui a d’ailleurs échappé à tous ceux souhaitant jeter l’anathème sur la fameuse « dictature du bio », dont, il est vrai, certains ayatollahs ont parfois tendance à nous gonfler.
Donc, nous sommes bien d’accord, le bio n’est pas meilleur, ce sont les autres procédés de culture, ceux qui utilisent les engrais chimiques, les fongicides et les pesticides, qui sont dégueulasses. Aspect du problème que l’enquête anglaise s’est bien gardé d’aborder. Merci tout de même au gouvernement britannique d’avoir permis aux défenseurs du bio de pouvoir remettre une fois de plus les pendules à l’heure et à ceux qui ne veulent pas assaisonner leur salade de tomate au Roundup de prendre conscience qu’une alternative existe. Certains sont passés maître dans l’art d’inverser les problèmes pour discréditer l’adversaire. En cours de philo, on appelait ça un sophisme.
Demain nous serons certainement confrontés à une enquête sociologique commandée par le gouvernement chinois, laquelle concluera, après avoir interrogé des chômeurs dépressifs français, des condamnés à perpuité allemands et des cancéreux en phase terminale italiens, que la démocratie ne rend pas les peuples occidentaux plus heureux. Et les Chinois auront raison. Mais si, mais si ! Que faudra-t-il leur répondre : Non ce n’est pas la démocratie qui est le paradis, c’est votre dictature qui est l’enfer. N’oublions jamais la délicieuse formule de Winston Churchill à propos du suffrage universel : « C’est le pire des systèmes, à l’exception de tous les autres ». Et bien il en va exactement de même pour le bio.
Périco Légasse - Marianne
8/19/2009
Le gouvernement va devoir légiférer sur les OGM
LEMONDE.FR avec AFP | 19.08.09 |
Le Conseil d'Etat, saisi par une association écologiste, a annulé le décret qui devait transposer en droit français une directive européenne sur les organismes génétiquement modifiés (OGM), a annoncé mercredi Corinne Lepage, confirmant une information du site Rue 89. Selon l'ancienne ministre de l'environnement, "il va falloir revoter une loi sur les OGM d'ici juin 2010".
Ce décret datant de mars 2007 était censé mettre en place toute la procédure d'autorisation de mise sur le marché des OGM en France, une procédure pour laquelle la France est déjà en retard par rapport aux recommandations de Bruxelles. Mais, selon l'ancienne ministre, désormais présidente du Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (CRII-GEN), "un certain nombre de principes de la directive et en particulier le droit à l'information du public sur les études en matière de santé des OGM (...) n'étaient pas respectés" dans ce décret. Après cette décision du Conseil d'Etat, le gouvernement étudie la possibilité d'une loi concernant les modalités d'information du public en matière environnementale, a indiqué mercredi Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'écologie. "On a deux solutions : la première, c'est de faire une loi qui traite spécifiquement de la question de l'information du public sur les OGM", a-t-elle indiqué. "La deuxième, c'est d'avoir une loi beaucoup plus large (...) en intégrant toutes les exigences de consultation du public sur les questions environnementales", a ajouté la ministre. "On étudie les deux solutions actuellement", a précisé Mme Jouanno, précisant qu'elle était "plutôt favorable" à la deuxième, qui permettrait "une approche plus large". Selon Rue 89, le Conseil d'Etat s'est appuyé sur l'article L 125.3 du code de l'environnement pour retoquer le décret ministériel. Ledit article stipule en effet le droit de toute personne "d'être informée sur les effets que la dissémination volontaire d'organismes génétiquement modifiés peut avoir pour la santé publique ou l'environnement". Le Conseil d'Etat a aussi estimé que la transcription de cette directive européenne devait passer par la loi et non par un simple décret. Il a donné à la France jusqu'à la fin de la prochaine session parlementaire pour se doter d'une loi conforme.
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8/15/2009
"Pétition internationale contre les bonus"
Les grands dirigeants du monde prétendent ne rien pouvoir faire dans leur pays contre le retour des énormes bonus versés aux traders des banques….au motif que l’action doit être internationale.
Alors, il faut les prendre au mot ! Avant le prochain G20 qui se tiendra fin septembre à Pittsburgh, les citoyens de toute la planète doivent se mobiliser, pour exiger des décisions mondiales effectives, concernant le fonctionnement des réseaux de la finance internationale.
Ils doivent montrer qu’ils ne résignent pas à voir leurs dirigeants abdiquer devant ce système fou et devant les ravages économiques et sociaux qu’il engendre.
C’est pourquoi nous vous proposons de signer la pétition internationale suivante : « Nous citoyens de différents pays du monde, exigeons des dirigeants de la planète qu’ils décident, lors du prochain G20, des mesures immédiates et efficaces pour limiter partout les bonus des traders dans les organismes financiers, soit en limitant leur rémunération variable, en pourcentage de leur rémunération fixe, soit en plafonnant ces bonus. » Pour rejoindre le groupe " pétition internationale contre les bonus"..... ........cliquez ici _______________________________________________________________________________________________________ ** Liens avec des documents intéressants: * http://www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2009/08/11/bonus-des-traders-dans-la-pratique-rien-ne-change_1227456_1101386.html * http://www.lemonde.fr/archives/article/2009/08/10/les-etats-semblent-impuissants-face-au-retour-des-bonus_1227179_0.html?xtor=AL-32280259 * http://www.lefigaro.fr/societes/2009/08/13/04015-20090813ARTFIG00232-bonus-un-juge-defie-bank-of-america-.php * http://cordonsbourse.blogs.liberation.fr/cori/2009/08/un-milliard-de-bonus-pour-bnp-paribas-les-raisons-de-sindigner.html* http://paul.quiles.over-blog.com/article-34789080.html "Hypocrites ou impuissants ?" (tribune publiée par Libération le 13/08/2009, sous le titre " Appel international contre les bonus" ):
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Appel international contre les bonus
Par PAUL QUILÈS ancien ministre.
«Finis les excès, finies les surenchères… La moralisation de la finance internationale est en marche !» Il y a juste quatre mois, le G20 annonçait solennellement que l’on allait empêcher les pratiques qui avaient conduit au désastre et que le «monde d’après» ne ressemblerait plus au «monde d’avant» !
Les derniers épisodes concernant les rémunérations dans les banques apparaissent comme un pied de nez à ceux qui prétendaient «refonder le capitalisme». Deux exemples montrent l’étendue de la mystification : la banque américaine Goldman Sachs provisionne 11,3 milliards de dollars de bonus, après avoir bénéficié de 10 milliards d’aide publique ; la BNP provisionne 1 milliard d’euros pour le même objet, après avoir reçu de l’Etat 5,1 milliards de fonds propres.
La réaction des responsables politiques est pour le moins déconcertante. Pour la ministre française de l’Economie, il est «impossible d’agir au niveau d’un seul Etat», de crainte de créer une «distorsion de concurrence avec les autres places financières». De son côté, le président américain, apparemment pessimiste, confesse : «On n’a pas l’impression que ce qui s’est passé ait provoqué un changement de culture ou d’attitude.» Devant de telles attitudes, il est légitime de se poser la question : sont-ils hypocrites ou impuissants ? Hypocrites, s’ils ne veulent pas avouer qu’ils ne souhaitent pas vraiment bouleverser les règles du système ; impuissants, s’ils sont paralysés par la toute puissance des acteurs arrogants de la finance internationale.
Faut-il leur rappeler que le rôle de l’Etat est de fixer des règles, de mettre en place des mesures de rétorsion lorsque celles-ci ne sont pas respectées ? Se contenter de donner des conseils de bonne conduite est aussi inconséquent que de recommander à un drogué de réduire sa consommation, dans l’intérêt de sa santé et dans celui de son entourage !
Car c’est bien de drogue qu’il s’agit ici. Les opérateurs avisés et habiles que sont les traders doivent être motivés par l’appât des gains mirobolants qu’on leur promet, avec le système des bonus (1), qui multiplie leur rémunération fixe par 5, 10, voire plus. Quant au fonctionnement lui-même du système financier et bancaire international, il est lui aussi dépendant de la recherche systématique du profit et du rendement, y compris en créant des produits sans lien avec l’économie réelle et en exploitant la moindre faille de la réglementation internationale.
S’il n’y est pas mis fin, ces comportements, largement dénoncés, même aux Etats-Unis (2), peuvent conduire à nouveau vers des errements qui accentueront dangereusement les déséquilibres de l’économie mondiale. De plus, en mettant au grand jour les excès et l’immoralité de ces pratiques, ils risquent de pousser à bout ceux qui souffrent des effets de la crise dont ils sont en grande partie responsables. Comment pourront-ils longtemps accepter que l’argent public, le leur - celui des contribuables - soit ainsi bradé ou utilisé à des fins d’enrichissements indus ? Combien de temps encore supporteront-ils que, malgré les aides de l’Etat aux banques (3), celles-ci préfèrent engranger des bénéfices et distribuer des bonus, plutôt que de remplir leurs obligations de prêt à l’économie et aux particuliers ?
Les solutions existent, si l’on veut bien prendre la mesure du danger de l’inaction ou des remèdes homéopathiques. Par exemple :
- la limitation de la rémunération variable des traders, en pourcentage de leur rémunération fixe ;
- la fixation d’un impôt dissuasif sur les hauts revenus (aux Etats-Unis, le taux marginal d’imposition des revenus supérieurs à un million de dollars était supérieur à 90 % dans les années 1930) ;
- le contrôle strict de l’activité des banques par l’Etat, chaque fois qu’il est présent dans leur financement ; c’est ce que préconise la Cour des comptes ;
- l’instauration d’une taxe sur l’ensemble des réseaux de la finance internationale, à l’instar de la taxe Tobin (qui se limitait au seul marché des changes). Les sommes ainsi prélevées contribueraient au financement des grandes causes internationales : protection de l’environnement, lutte contre le réchauffement climatique, politique de l’eau, lutte contre la faim…
N’oublions pas enfin que la plupart des mesures doivent être prises au niveau de tous les Etats, faute de quoi les intervenants des marchés financiers déporteront les risques vers les zones non réglementées, ce qui affaiblira considérablement, voire annihilera l’effet des dites mesures.
D’ici la réunion du G20 de Pittsburg, fin septembre, la pression internationale doit se faire plus forte sur les responsables politiques de la planète, qui ne peuvent plus se résigner à l’hypocrisie ou à l’impuissance. Il faut redonner du sens à l’internationalisme ! Les opinions publiques, relayées par leurs organisations les plus engagées et par les médias (4), doivent dénoncer, proposer et refuser d’accepter que ce système fou conduise à d’autres folies.
(1) Mal nommé puisque, contrairement au principe qui prévaut dans les assurances, il n’y a pas de malus.
(2) Rapport Cuomo.
(3) 18,7 milliards d’euros de fonds propres.
(4) Lire et signer la pétition sur www.facebook.com/group.php?gid=143635741468
8/10/2009
Le mythe de la modernisation du PS
Laurent Pinsolle - Blogueur associé | Lundi 10 Août 2009
"Moderniser le PS" : tous n'ont que ce mot là à la bouche. Mais au delà de la bataille du "plus moderne que moi tu meurs", que comprends vraiment cette notion de "modernisation" ? Décryptage de Laurent Pinsolle.
C’est une des forfanteries les plus répandues de la vie politique Française, à nouveau ranimée par Manuel Valls dans son interview au Financial Times : le Parti Socialiste de notre pays n’aurait pas complètement oublié ses racines marxistes et n’embrasserait pas suffisamment la modernité…
Mais de quelle modernité parle-t-on ?
Pourtant, le dernier passage du Parti Socialiste Français s’est soldé par un montant de privatisations supérieur à celui de ses prédécesseurs de droite. Laurent Fabius s’est révélé être un des ministres des finances les plus ouverts aux idées libérales. Enfin, c’est bien Lionel Jospin qui a accepté la libéralisation (certes lointaine dans le temps) des services publics. Bien sûr, ce même gouvernement a également mis en place les 35 Heures mais il ne se trouve pas grand monde pour encore défendre cette mesure, notamment la candidate représentant le parti lors de l’élection présidentielle de 2007…
Pire, la crise a montré la faible différence de pensée entre le PS et l’UMP tant le parti dit de gauche a été incapable de formuler une proposition de système alternatif, refusant tout débat sur le protectionnisme, la réforme du système monétaire et se limitant à des propositions cosmétiques identiques aux partis dits de droite sur la réglementation de la finance. Dès lors, on ne voit pas bien dans quelle direction le PS pourrait aller pour davantage accepter la mondialisation, si ce n’est prêter allégeance à Laurence Parisot.
Pourquoi en parle-t-on ?En fait, quand Manuel Valls parle de modernisation du Parti Socialiste, il parle uniquement de rajeunissement des cadres dirigeants, à savoir le remplacement de la vieille génération qui a accédé au pouvoir sous François Mitterrand et Lionel Jospin par lui-même. La modernisation du PS, devine-t-on en filigrane, c’est lui. Il suffirait donc de changer de dirigeants pour moderniser le parti. Dans un sens, ce n’est pas complètement faux, la génération des éléphants donne une tellement mauvaise image d’elle-même. Il ne serait sans doute pas un mal de faire venir de nouvelles têtes. En revanche, parler de modernisation idéologique en sous-entendant que le PS n’a pas suffisamment accepté la mondialisation est d’une hypocrisie incroyable. Les socialistes ont tout abandonné à la mondialisation. Non seulement, ils ont renoncé à toute intervention financière, monétaire et commerciale mais ils se font aujourd’hui les promoteurs de cet abandon en défendant l’indépendance des banques centrales ou le libre-échange absolu. En fait, on peut se demander si ce mythe n’est pas créé par les tenants du système pour verrouiller encore davantage le champ des possibles idéologiques. Le besoin de modernisation du PS ne concerne que le nécessaire renouvellement générationnel. Mais ce changement n’aura d’intérêt que s’il s’accompagne d’une reconstruction idéologique lorgnant vers Généreux, parti, Lordon ou Krugman. Rien ne permet aujourd’hui d’accréditer cette thèse. Source : Le Monde
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