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    9/22/2008

    Billet d’humeur : Le bonheur est dans le pré … Réflexions sur la 18e journée du Cheval.

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    Dimanche 21 septembre 2008, journée dite « 18e journée du cheval » avec notamment un grand raout organisé sur l’hippodrome de Vincennes pour les Parisiens …

     

    Et bien pour moi, la journée du cheval, ce ne fut pas d’aller se coltiner un bon gros bain de foule version métro aux heures de pointe, pour tenter d’apercevoir une démonstration équestre –au demeurant probablement magnifique à voir- à Vincennes, ni d’aller y cautionner l’univers-fric des courses avec tout ce que cela sous-tend de préjudiciable pour les chevaux (dopage, casse physique, élimination du circuit sans le moindre sentiment des chevaux qui n’ont pas rapporté assez de gains …), mais en toute simplicité de passer cette belle dernière journée d’été auprès de simples chevaux de ma connaissance ( !)  qu’on me confie pour leur entretien, d’aller les soigner, leur consacrer du temps, bref leur rendre une petite visite amicale, bucolique, de voisinage, une façon de joindre l’utile à l’agréable … Ah l’agréable petite Rivière, … quarter horse baie de quatre ans qui fait battre mon cœur … Pour toi, que ne ferais je !

     

    … Parce que zut ! Ras le bol de ces bobos qui croient qu’un cheval ça ne vit qu’une heure ou deux par semaine … de préférence le samedi … et le reste de la semaine, on fait comme Ségo avec ses ambitions, on les met au frigidaire ces équidés ?

    Sincèrement, c’est le truc qui m’a toujours bloquée pour commencer à pratiquer l’équitation : ces chevaux enfermés au boxe quasiment tout le temps, montés toutes les fins de semaine par des gens différents, qui ne te demandent ni la même chose, ni de la même manière, il y a de quoi devenir fou quand même ! … sans parler de ceux qui n’ont aucun respect pour le cheval, n’en prennent aucun soin, pas un coup de brosse à la fin du cours, rien, on retire la selle, le tapis, le filet, et hop retour voiture !

    Bon sang, ça a besoin de grand air un cheval, … d’espace, de galoper pour se détendre les jambes et l’esprit, de humer le vent, de brouter de l’herbe fraîche et tendre pour changer du foin sec et des granulés du club ! Je le sens bien quand je sors en extérieur, comme les chevaux sont excités, heureux de pouvoir galoper à fonds de train dans les champs, voir un autre horizon que celui du boxe d’à coté.

     

    … Et puis il y a la retraite … Ils vont où tous ces chevaux quand l’heure de la retraite a sonné … qui s’en soucie ? Peu de clubs ont une gestion de la carrière de leurs chevaux qui prenne en compte la période d’après-cheval-d’école …

    Moi j’ai demandé … dans les deux clubs où j’ai monté ; j’ai posé des questions : conditions de vie, heures travaillées (bah oui, je suis aussi pour la réduction du temps de travail pour les chevaux !), ça veut dire quoi « mise à la retraite » ? C’est le vocable politiquement correct qui équivaut au trop direct « envoi à la boucherie » ?

    Oui, je sais, il y a des questions qui fâchent comme ça, pour peu qu’on veuille bien se les poser … C’est étonnant ce pseudo besoin de retour à la nature de la population urbaine, qui veut bien mettre les pieds dans le purin, se confronter aux insectes, aux orties et chardons, sortir d’un système dûment encadré, … mais pas trop quand même !

    C’est bien beau tout ce phénomène de mode autour du cheval, loisir écolo qui soit disant se démocratise …

    MAIS :

    -         ça se démocratise peut-être mais je n’en vois pas encore beaucoup des gosses de cités qui font de l’équitation ! puisque le football semble être le sport le plus pratiqué en banlieue, ça devrait leur plaire le horse-ball … Ah oui, c’est vrai, au football on a juste besoin d’un seul ballon pour une tripotée de gamins … le pouvoir d’achat toujours … ça nous poursuit !

    -         loisir écolo … faut voir ! … un ami paysan dans le sud de l’Essonne m’interrogeait dernièrement sur un phénomène qui se développe très rapidement depuis ces toutes dernières années : il a constaté que dans son département, comme dans une partie de la Seine et Marne et des Yvelines, de plus en plus de terres agricoles se transforment en pâtures à l’année pour chevaux de propriétaires – c’est beaucoup plus rentable pour les petits agriculteurs-. Comme il n’y a  plus de rotation d’utilisation de ces terres, elles sont broutées de la même façon en permanence, la terre y est tassée par le pas des chevaux en permanence, et le crottin de cheval va déposer dans la terre le même type de molécules également en permanence, ce qui à terme va modifier la chimie de la terre, avoir un impact sur la biodiversité végétale … sans compter que rebelote : quand ces chevaux de propriétaires vieillissent, ceux-ci ont-ils bien compris qu’un cheval, ça vit environ vingt cinq ans, et qu’un vieux cheval, cela nécessite des soins, donc des frais … et ces terres qui ne sont plus cultivées, c’est quand même souvent au détriment de petites exploitations maraîchères, fruitières, petites fermes d’élevage ou de polyculture qui disparaissent … C’est pas vraiment Grenello-compatible tout ça …
    Bref, sous des apparences sympathiques, tout cela n’est pas aussi écologiquement ni éthiquement correct qu’il n’y parait !

    -         Et puis sincèrement, ces cours à dix - douze cavaliers à la queue leu leu pendant une heure, qui cravachent à bras raccourcis un cheval que cela n’émeut même plus, sincèrement, au bout de trois ans de ce régime, j’ai saturé ! … Donc je suis passée de l’équitation classique (la discipline noble) à l’équitation western (ou équitation de « bouseux » pour ceux qui montent classique) ; je vous en reparlerai bientôt mais juste en deux mots : rien à voir ! plus de cravache, plus de guides en tension permanente sur la bouche du cheval (en western les rênes sont détendues), une vraie relation avec un cheval qu’on cherche à responsabiliser, à associer au travail qu’on lui demande de faire, des figures tout aussi techniques mais beaucoup plus ludiques ; aussi, nous sommes de plus en plus nombreux à adopter l’équitation western, même si elle est encore peu médiatisée et qu’il y a encore peu de club la pratiquant réellement …

     

     

    Mais bon, revenons à nos moutons, non, à nos chevaux !  J’ai passé une excellente journée avec ma petite Rivière adorée, prunelle de mes yeux, mon petit soleil mahogany, aux yeux ourlés de noir comme ceux cernés de Kohl des divinités de l’Egypte Ancienne, aux tout petits sabots ronds et noirs de quarter, à la robe acajou sombre dont les reflets de cerise griotte varient selon le cycle du soleil et la lumière, mise en valeur par une queue et une crinière épaisses d’un noir profond… Sur elle je pourrais être intarissable, le moindre détail de son anatomie, de sa peau, je le connais … Son regard tantôt posé, tantôt coquin quand elle va démarrer comme un bolide, j’en devine le sens … Je la sais attentive, toujours présente quand ses oreilles restent tournées vers moi … Merveille de communication non verbale, faite d’attitudes, de gestes à peine perceptible pour qui n’en connaît pas le sens … Chaque cheval est unique, doté d’une personnalité sensible et profonde, et ne se donne qu’à celui ou celle qui aura su gagner sa confiance.

    Une équitation basée sur la confiance réciproque homme – cheval, c’est cela la base de l’équitation western ; mais sans tout le décorum business qui entoure désormais l’équitation éthologique en France, phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur et qui se nourrit des insuffisances de l’équitation pratiquée dans les clubs classiques (manque d’apprentissage des chevaux, mais aussi manque d’éducation à pieds et relationnelle avec les chevaux pour les cavaliers débutants), des mauvaises expériences vécues (j’en sais quelque chose ! je suis arrivée dans mon club actuel totalement tétanisée dès qu’assise sur le dos d’un cheval qui « bouge » un peu !).

     

    … L’amitié d’un cheval, quelle richesse, quel repos de l’esprit !

    Au fur et à mesure que les nœuds disparaissent de la longue queue et de l’épaisse crinière noires jais de Rivière, mes tensions de la semaine s’envolent, mes soucis disparaissent.

    Je la brosse sur tout le corps, je la sens détendue, je sais qu’elle apprécie ces petits massages sur les épaules, le garrot, … Puis les sabots, entretien des sabots, des pieds, … c’est essentiel pour un cheval d’avoir des pieds en bonne santé pour éviter les boiteries, les tensions, les déséquilibres dans les membres qui se répercutent ensuite sur la colonne vertébrale, comme pour nous …

    Je change de place, je sais qu’elle me suit, je sens son souffle chaud sur mon épaule ; parfois elle pose sa tête sur mon bras … Et puis, elle est curieuse, elle vérifie mes poches quand j’arrive, elle ouvre le sac de pansage et le retourne si je l’oublie dans le pré … Chipie, elle part au galop avec ses copines, une brosse entre les dents !

     

    C’est tout cela que l’on partage avec un cheval en liberté !

    Car un cheval, ça ne se vit pas que monté … parmi mes meilleurs souvenirs, il y a le temps passé dans le rond de longe avec l’étalon quarter horse du club qui m’impressionnait tant avant, me faisait un peu peur … car j’ai toujours entendu que c’était dangereux les étalons, des fauves … Maintenant il m’impressionne toujours, mais par sa force, sa beauté, sa musculature, mais aussi par cette immense complicité que nous avons développée tous les deux à pieds, ces moments de jeu et de détente que nous nous accordons avant le travail : roulades dans le sable, ruades, galops endiablés, cabrés puis demi-tours soudains, … puis enfin son trop plein d’énergie évacué, il se calme et me rejoint calmement au milieu du rond de longe, semblant me dire, OK, c’est bon, on peut bosser maintenant !

    C’est tout ça un cheval, la relation à un cheval ; un ensemble d’émotions, de sensations, … amitié, plénitude, complicité, joie de parvenir à réussir un exercice difficile ensemble … et cela fait largement oublier les moments où le cheval fait sa mauvaise tête, refuse d’exécuter un ordre, vous teste, joue de sa puissance … et là, je peux vous dire, parfois ça énerve « grave » ! … au point de sortir de cours les larmes aux yeux, parce qu’en plus le moniteur a rajouté sa dose de commentaires peu amènes à une situation déjà stressante !!! Mais tout ça, c’est du loisir, on vous dit, du loisir !!!

     

    Voilà, ce sont juste quelques réflexions que m’ont inspirées cette 18e journée du cheval en France …

     

     

     

     

    9/13/2008

    talk B. HAMON / Figaro 12/09/08

    Bonne lecture !
     
     
    Cordialement,
     
    Corinne ZANNIER
    SF PS 93 - Changer !

    Le Talk : Benoît Hamon

     
    12/09/2008 |

    Le député européen du PS était l'invité du Talk Orange-Le Figaro.

    Guillaume Tabard - Benoît Hamon, Bonsoir. En plein débat interne au PS, l'avis du représentant de la gauche du PS nous intéresse. Mais l'actualité, aujourd'hui, est l'arrivée à Paris du pape Benoît XVI et c'était tout à l'heure à l'Élysée Nicolas Sarkozy qui l'accueillait. On l'écoute (passage vidéo). « Une folie de s'en priver », il voulait parler bien sûr des religions dans la société. Ces propos de Nicolas Sarkozy cela vous choque-t-il ou pas ?
    Benoît Hamon - C'est dans la continuité de ce qu'est la conviction du président de la République. Elle se résume en une phrase qu'il avait prononcée, c'était qu'à ses yeux pour l'apprentissage des valeurs, l'instituteur ne remplacerait jamais le curé ou le pasteur. Ce qui montre deux choses, c'est qu'à ses yeux il y a une forme de hiérarchie entre l'héritage religieux chrétien de la France et l'héritage des Lumières et je pense que c'est une rupture nouvelle. Par ailleurs, s'il avait été au bout il aurait dû dire : le curé, le pasteur, l'imam et le rabbin. Il ne dit pas l'imam et le rabbin, c'est que je pense qu'il considère aussi qu'il y a une hiérarchie entre les religions monothéistes, plaçant au sommet de celle-ci la religion chrétienne. Je trouve que le président de la République ait une foi personnelle, c'est une chose mais en tant qu'arbitre des institutions, représentant de tous les Français, qu'il réaffirme si souvent par le signe de croix, par l'affection qu'il démontre ou montre au pape, sa foi religieuse est un problème aujourd'hui.
    Mais, selon vous, quelle place faut-il réserver aux religions. Est-il naturel que les religions, en l'occurrence la religion catholique, s'expriment et soient présentes dans…
    Mais elles s'expriment. On n'empêche pas le pape de parler. On ne l'empêche même pas de venir sur le territoire français, mais la religion relève de la sphère privée dès lors qu'elle tente, comme c'est le cas un peu en Espagne, comme c'est le cas aussi à travers l'exercice de l'influence du Vatican dans plusieurs pays, qu'elle tente d'influencer ce qui doit relever du choix démocratique souverain des peuples. On a là une irruption de la religion dans le champ politique qui ne me paraît pas souhaitable. Je trouve qu'aujourd'hui, à bien des égards, le président Sarkozy se fait le relais des choix du Vatican. Pour ma part, j'attends autre chose d'un président élu par le peuple français, que d'être le relais de choix spirituels et religieux qui sont décidés et inspirés ailleurs.
    C'était dans Le Figaro, hier, un sondage Opinion Way qui disait que les meilleurs opposants à Nicolas Sarkozy c'étaient dans l'ordre : en un, Olivier Besancenot, en deux, François Bayrou, et puis très loin derrière le premier socialiste, Bertrand Delanoë. C'est un petit peu dur pour le PS d'être disqualifié de cette course aux meilleurs opposants. ?
    « Disqualifiés », en l'occurrence, je sais que c'est la petite musique qui tourne : le PS est divisé, il est incapable de s'opposer. J'entends souvent les leaders d'UMP répéter cela. Je voudrais juste leur dire que pour un parti divisé et disqualifié, c'est ce même parti qui a mis une des raclées les plus historiques aux municipales à l'UMP en place. Qu'ils redoutent le jour où on sera en forme, parce que si dans cet état-là on leur met la raclée qu'ils viennent de connaître, quand on commencera à être en forme, à bien s'opposer, ça risque d'être sévère en termes de résultat. Après Olivier Besancenot fait bien son travail et il est présent sur tous les fronts là où les Français souffrent : sur l'hôpital, l'éducation, les délocalisations, les licenciements, les pertes de pouvoir d'achat. A partir du moment où il fait bien ce travail-là, il en retire les dividendes. François Bayrou, lui, est dans un jeu ni droite ni gauche qui l'amène souvent à s'affronter aujourd'hui au bilan de Sarkozy dans un registre, à mon avis, encore assez ambigu quand on lit les écrits du MoDem. Mais il remplit cette fonction-là. Le PS, lui, est concentré sur son nombril, parle très peu aux Français, et, en conséquence, ne fait pas bien son travail d'opposant. Ce n'est pas très étonnant.
    Il n'y a pas que l'UMP qui vous jette Olivier Besancenot à la figure, beaucoup d'internautes posent des questions justement sur la menace d'Olivier Besancenot pour le PS. L'un d'entre eux, Florence, se demande s'il ne serait pas plus simple de scinder le PS en deux et de constituer un vrai pôle contestataire à gauche regroupant Besancenot, et j'imagine des gens comme vous-même et la gauche du PS.
    Qu'est-ce un pôle contestataire ? Moi, je conteste ce qui me paraît injuste. Ce n'est pas pour autant que je considère que demain gouverner ne doit pas être… c'est sale ou c'est trahir. Aujourd'hui, le problème qu'on a à l'extrême gauche c'est qu'on a une extrême gauche qui capte la protestation de la société mais juge qu'il est inacceptable et inadmissible de construire un rassemblement de la gauche avec le Parti socialiste. C'est ça la difficulté que j'ai avec Olivier Besancenot. Mais aujourd'hui regardez la situation telle qu'elle est : mesurer que la France est plus violente aujourd'hui qu'elle ne l'était il y a un an, qu'elle est plus inégale aujourd'hui qu'il y a un an, qu'elle est plus injuste aujourd'hui qu'elle n'était il y a six ans. Constater tout ça, vous et moi, on sort dans la rue on voit bien que ça ne va pas bien. C'est cette réalité qui doit inspirer le discours politique, pas simplement en négatif en disant : « Forcément tout ce que Sarkozy fait, ce n'est pas bien ». Considérer aujourd'hui que ses politiques ont des conséquences sociales, que ces conséquences sociales s'expriment dans davantage de violence de la société française et qu'il faut au moins essayer d'être l'interprète de cette protestation de la société pour ensuite faire des propositions d'une politique alternative. Il n'y a pas de logique à ce que pour diviser la gauche il y ait François Bayrou demain. Je n'aspire pas à davantage de divisions à gauche.
    L'autre opposant cité est François Bayrou et l'un des vôtres au PS, Vincent Peillon, a été jusqu'à évoquer un contrat de gouvernement avec le MoDem. Il y a beaucoup de questions d'internautes, l'un deux, Maxime demande si vous resteriez un PS qui ferait une synthèse social-démocrate et qui ferait des alliances avec le MoDem ?
    Ce n'est pas un débat d'actualité. Je vous le dis, on va agiter encore le spectre d'une alliance avec le MoDem pendant longtemps, ça a un intérêt : ça divise le PS. C'est exactement l'objectif de François Bayrou. Il veut que le PS soit faible pour être en situation de nous passer devant aux prochaines élections présidentielles. Vincent Peillon a fait des déclarations pour envisager une alliance avec le MoDem. Il dit ce qu'il veut. Je pense qu'il est très isolé sur cette position au Parti socialiste. Même Ségolène Royal qui est son leader l'a contredit. La totalité des socialistes dit la chose suivante : « Nous voulons le rassemblement de la gauche. » Si demain François Bayrou abandonne un certain nombre de ses thèses, notamment dans le domaine économique, puisque le chef économiste du MoDem est M. Peyrelevade dont le dernier bouquin proposait, lui, qu'on fasse une vraie politique de rigueur et qu'on rapatrie cinq points aujourd'hui des ménages vers les entreprises pour justement être en situation d'être plus compétitif. Qu'il assume cette ligne-là auprès de la gauche, on verra ce que sera le résultat. Si demain, par miracle, puisque le pape est aujourd'hui en France, François Bayrou décidait de passer à gauche, nous discuterions avec un parti qui se revendique de la gauche. Aujourd'hui le rassemblement de la gauche s'arrête aux radicaux de gauche, il n'inclut pas le MoDem.
    Quelle majorité au sein du PS est la première question et c'est l'enjeu du congrès de Reims. Quelle majorité a vos faveurs ? Spontanément on a envie de vous situer du côté de Martine Aubry mais est-ce que tous ceux qu'elle soutient vous conviennent.
    Ce n'est pas comme ça que je me poserais les questions. Je ne suis pas là avec les gens que je représente pour améliorer ou l'arithmétique d'Untel ou la photo d'un autre.
    A l'arrivée, il faudra bien.
    Peut-être à l'arrivée. Aujourd'hui nous allons nous positionner sur l'orientation. Que se passe-t-il dans ce pays ? Ça fait trois élections présidentielles qu'on perd sur une offre politique identique de centre gauche. On nous explique qu'il faudrait être encore plus de centre gauche pour gagner les élections. Je me retourne et regarde ailleurs en Europe et je vois que depuis juin 2006, sur quinze élections nationales, nous en avons perdu treize les sociodémocrates, toujours sur une offre politique de centre gauche. En fait, nous avons une droite si décomplexée qu'elle emprunte aujourd'hui dans ses politiques au Front national…
    Ou à la gauche, avec le RAS aussi, on voit que c'est plus large que ça.
    Oui et non. Le RSA, je considère que quand on fait un prélèvement de 1 % sur les petits épargnants mais qu'on exclut les grands épargnants de ce prélèvement-là, ce n'est pas une mesure de justice fiscale ni sociale. Je ne pense pas que ce soit dans ce financement une mesure de gauche. Mais on a une droite qui est une droite qui fait une politique sur les questions de politique judiciaire, carcérale, sociale, économique, fiscale, en matière de politique étrangère, on est désormais totalement allié sur les États-Unis ; en matière de rupture avec le contrat laïque, on préfère la communauté à la République. On n'a jamais eu une politique aussi marqué et idéologiquement marqué à droite. Donc des mauvais résultats qu'on connaît en termes de croissance. Moi je dis que ça n'a jamais été aussi facile d'être de gauche, c'est quand même bizarre qu'on n'arrive pas à se rassembler sur une orientation qui ne soit ni de la gauche radicale, ni de la gauche molle, juste une orientation de gauche.

    Cela ne nous dit pas avec qui vous êtes prêt à travailler ou à ne pas travailler au sein du PS ?
    Moi, je suis prêt à travailler avec tous les socialistes.
    Avec Ségolène Royal ?
    Tous les socialistes, ensuite les majorités se font sur des orientations et des éléments stratégiques, qui est par priorité pour le rassemblement de la gauche, qui considère aujourd'hui qu'il faut infléchir l'orientation du PS et rompre avec cette orientation qui jusqu'ici de centre gauche nous a amenés à perdre les élections. Nous discuterons. Aujourd'hui, j'ai plutôt le sentiment que ces thèses-là quand nous les défendons avec la volonté aussi de régénérer, de renouveler le personnel politique à gauche, rencontre une grande audience auprès des militants socialistes. Les militants socialistes en ont marre. Ils en ont marre de se faire plier par Sarkozy aujourd'hui, tous les jours, quand ils voient les politiques qui sont mises en oeuvre. Je pense qu'ils soutiendront…
    Aujourd'hui votre motion, elle pèse combien au sein du PS ?
    Je n'en sais rien du tout.
    15 % ou 20 % ?
    Je ne peux pas vous dire. On verra bien ce qu'elle fera. Je pense qu'elle fera un score lié à notre capacité à incarner le renouvellement et l'avenir du PS. Je pense que ceux qui nous diraient que dorénavant, c'est comme avant, ils perpétuent les majorités d'hier, les lignes d'hier, les orientations d'hier. On fait vivre le débat autour de divisions factices entre des gens qui pensent la même chose. Tous ceux-là parce qu'ils emmenent le Parti socialiste dans un mur, tous ceux-là risquent d'être défaits à l'occasion de ce congrès. Je souhaite avec d'autres incarner ce renouvellement et cette régénération de la gauche dans le Parti socialiste.
    Puisque Ségolène Royal, Bertrand Delanoë et même d'une certaine manière Martine Aubry sont sur une ligne social-démocrate, le plus simple ne serait-il pas de vous présenter vous-même au poste de premier secrétaire ?
    Si nous on dépose une motion demain, on se posera cette question-là de savoir si on a un candidat au poste de premier secrétaire. Je n'ai pas l'impression que ceux qui ont commencé par dire qu'ils étaient candidats aient rencontré un si grand écho au Parti socialiste. On leur demande aujourd'hui : « Qu'est-ce que vous racontez ? Qu'est-ce que vous proposez aux socialistes et aux Français pour demain être en situation de gagner les élections en 2012 ? » Ce qui joue à ce congrès, ce sont les conditions dans lesquelles on reviendra au pouvoir et on changera réellement le visage de la France. Pour l'instant on a les candidats, savoir ce qu'ils disent et ce qu'ils pensent, personne ne sait exactement. Nous, nous faisons le contraire, nous disons : « Voilà l'orientation que nous proposons sur la stratégie de conquête du pouvoir, quelles alliances, sur le type d'orientation en matière fiscale, économique, de politique étrangère. Y a-t-il une politique étrangère de gauche ou pas possible ? Je pense que les militants sont plus attentifs à cela qu'au reste.
    Donc verdict au congrès de Reims.
    Absolument.

     




    Qui vous permet d’enregistrer la TV sur votre PC et lire vos emails sur votre mobile ? la réponse en vidéo la réponse en vidéo
    9/7/2008

    Tribune RUE89

    Bonsoir,
    c'est assez dur, assez véhément ... mais en même temps peut-on s'étonner de lire de telles tribunes quand certains, tels Vincent Peillon, s'égarent à ce point ...
     
    CZA

     
    tribune Accueil

    Parti socialiste : après l'abdication, à quand la démission ?

    Par Thomas GREDAT | Multiactif | 07/09/2008 | 10H13
     
    L’information est dans le Marianne du 30 août. Commentant un sondage d’où le PS ressort une nouvelle fois discrédité, Nicolas Sarkozy jubile  : « Je n’ai pas d’opposition », dit-il à ses ministres, « elle est inexistante, sans projet, sans offre politique conséquente. » Toujours plus clairvoyant pour les autres que pour lui-même. Après quoi il ajoute  : « Dois-je en être malheureux  ?  »
    Rien de surprenant chez Sarkozy, habitué de ces rodomontades au fond insignifiantes, et dont l’obsession de piéger la gauche est bien puérile et si peu présidentielle. Mais que dire de ce Parti socialiste amorphe, qui nous accable du spectacle de ses divisions, du barnum de ses rivalités intestines, de l’imposture de son union de façade et du vide sidéral de sa pensée  ?
    Alors qu’il y a urgence, face à un Président autiste qui conduit (ou tente de conduire) une politique suicidaire. Inerte, divisée, cravachée et ravie de l’être, cette opposition n’est guère pressée de s’opposer.
     
    Toute la ménagerie socialiste se chicorne pour compenser sa peur
    Quel contraste avec l’acharnement que mettent ses supposés responsables à se partager les dépouilles  ! Et à tenter de mettre en pièce la seule, peut-être, qui puisse encore rassembler les électeurs sur son nom  ! Pourquoi cette débauche d’énergie, que les socialistes devraient plutôt employer au service des Français  ?
    La réponse est dans la question  : les éléphants, les éléphanteaux, les « jeunes lions » (dixit Montebourg, qui ne doute de rien, encore moins de lui-même), toute la ménagerie se chicorne pour compenser sa peur. Impressionnés par un clone triste du gendarme de Saint-Tropez (fort devant les faibles, obséquieux face aux puissants), craignant pour leurs petits pouvoirs, indifférents au sort d’un peuple dont ils ne sont pas issus, les socialistes ont choisi d’abdiquer.
    Une opposition qui capitule prive le pays de contradiction, cette contradiction qui permet le débat d’idées et préserve du risque d’un pouvoir autocratique. Un vrai chef d’Etat a besoin d’une opposition forte, quand bien même Nicolas Sarkozy, qui ne supporte pas la critique, serait aussi irréprochable qu’il le croit. Or, si jadis le socialisme a eu Jaurès, Blum et Mitterrand, il a aujourd’hui Hollande et Delanoë. On a l’opposition qu’on mérite.
     
    Un opposition sans projet, incompétente et narcissique
    Je ne reviendrai pas sur la question des compétences de madame Royal et sur son inquiétante obsession d’elle-même. Sur ce point, « Bébert roi du monde » Delanoë est un rival à sa hauteur. Je ne reviendrai pas davantage sur la gestion d’épicier de Hollande, sur le narcissisme et la versatilité de Montebourg, les calculs de Guérini ou la déchéance morale de Jospin  : il y a des limites à tout, même au masochisme.
    Je demanderai seulement à tous ces barons du PS de débarrasser la France de leurs petites personnes. Qu’ils aillent écrire leurs Mémoires, planter des choux, élever des chèvres dans le Larzac, mais qu’ils nous foutent la paix  ! La politique française a bien assez d’un Nicolas Sarkozy pour la couvrir de ridicule.
    Ces socialistes si peu sociaux n’ont rien à proposer. Opposants de pacotille vautrés dans la complaisance, ils sont devenus des parasites, inutiles et vivant aux frais des électeurs. Ils doivent partir. Sarkozy est peut-être antipathique, mais il suit sa logique politique. Eux renient leurs idéaux, désertent quand le peuple a besoin d’eux. Ils doivent partir. Absorbés, obsédés par leurs luttes internes, ils ne sont plus la voix du peuple. Ils ont donc fait leur temps. Ils doivent partir.
    En laissant le peuple orphelin d’un porte-parole, ils partagent avec la majorité actuelle l’écrasante responsabilité de le pousser au désespoir. Ou de le livrer à une extrême gauche qui revendique, qui exige, mais qui ne propose pas. Ils prennent ainsi deux risques  : l’aggravation de la pauvreté et la possibilité d’une situation insurrectionnelle.
    Mieux vaut abandonner ses responsabilités que de les fuir, et les laisser à d’autre plus capables, ou moins veules. Alors, mesdames et messieurs les ParaSites, retirez-vous. Ayez au moins ce courage. Si vous le pouvez.


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    Tribune RUE89

    Bonsoir,
    c'est assez dur, assez véhément ... mais en même temps peut-on s'étonner de lire de telles tribunes quand certains, tels Vincent Peillon, s'égarent à ce point ...
     
    CZA

     
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    Parti socialiste : après l'abdication, à quand la démission ?

    Par Thomas GREDAT | Multiactif | 07/09/2008 | 10H13
     
    L’information est dans le Marianne du 30 août. Commentant un sondage d’où le PS ressort une nouvelle fois discrédité, Nicolas Sarkozy jubile  : « Je n’ai pas d’opposition », dit-il à ses ministres, « elle est inexistante, sans projet, sans offre politique conséquente. » Toujours plus clairvoyant pour les autres que pour lui-même. Après quoi il ajoute  : « Dois-je en être malheureux  ?  »
    Rien de surprenant chez Sarkozy, habitué de ces rodomontades au fond insignifiantes, et dont l’obsession de piéger la gauche est bien puérile et si peu présidentielle. Mais que dire de ce Parti socialiste amorphe, qui nous accable du spectacle de ses divisions, du barnum de ses rivalités intestines, de l’imposture de son union de façade et du vide sidéral de sa pensée  ?
    Alors qu’il y a urgence, face à un Président autiste qui conduit (ou tente de conduire) une politique suicidaire. Inerte, divisée, cravachée et ravie de l’être, cette opposition n’est guère pressée de s’opposer.
     
    Toute la ménagerie socialiste se chicorne pour compenser sa peur
    Quel contraste avec l’acharnement que mettent ses supposés responsables à se partager les dépouilles  ! Et à tenter de mettre en pièce la seule, peut-être, qui puisse encore rassembler les électeurs sur son nom  ! Pourquoi cette débauche d’énergie, que les socialistes devraient plutôt employer au service des Français  ?
    La réponse est dans la question  : les éléphants, les éléphanteaux, les « jeunes lions » (dixit Montebourg, qui ne doute de rien, encore moins de lui-même), toute la ménagerie se chicorne pour compenser sa peur. Impressionnés par un clone triste du gendarme de Saint-Tropez (fort devant les faibles, obséquieux face aux puissants), craignant pour leurs petits pouvoirs, indifférents au sort d’un peuple dont ils ne sont pas issus, les socialistes ont choisi d’abdiquer.
    Une opposition qui capitule prive le pays de contradiction, cette contradiction qui permet le débat d’idées et préserve du risque d’un pouvoir autocratique. Un vrai chef d’Etat a besoin d’une opposition forte, quand bien même Nicolas Sarkozy, qui ne supporte pas la critique, serait aussi irréprochable qu’il le croit. Or, si jadis le socialisme a eu Jaurès, Blum et Mitterrand, il a aujourd’hui Hollande et Delanoë. On a l’opposition qu’on mérite.
     
    Un opposition sans projet, incompétente et narcissique
    Je ne reviendrai pas sur la question des compétences de madame Royal et sur son inquiétante obsession d’elle-même. Sur ce point, « Bébert roi du monde » Delanoë est un rival à sa hauteur. Je ne reviendrai pas davantage sur la gestion d’épicier de Hollande, sur le narcissisme et la versatilité de Montebourg, les calculs de Guérini ou la déchéance morale de Jospin  : il y a des limites à tout, même au masochisme.
    Je demanderai seulement à tous ces barons du PS de débarrasser la France de leurs petites personnes. Qu’ils aillent écrire leurs Mémoires, planter des choux, élever des chèvres dans le Larzac, mais qu’ils nous foutent la paix  ! La politique française a bien assez d’un Nicolas Sarkozy pour la couvrir de ridicule.
    Ces socialistes si peu sociaux n’ont rien à proposer. Opposants de pacotille vautrés dans la complaisance, ils sont devenus des parasites, inutiles et vivant aux frais des électeurs. Ils doivent partir. Sarkozy est peut-être antipathique, mais il suit sa logique politique. Eux renient leurs idéaux, désertent quand le peuple a besoin d’eux. Ils doivent partir. Absorbés, obsédés par leurs luttes internes, ils ne sont plus la voix du peuple. Ils ont donc fait leur temps. Ils doivent partir.
    En laissant le peuple orphelin d’un porte-parole, ils partagent avec la majorité actuelle l’écrasante responsabilité de le pousser au désespoir. Ou de le livrer à une extrême gauche qui revendique, qui exige, mais qui ne propose pas. Ils prennent ainsi deux risques  : l’aggravation de la pauvreté et la possibilité d’une situation insurrectionnelle.
    Mieux vaut abandonner ses responsabilités que de les fuir, et les laisser à d’autre plus capables, ou moins veules. Alors, mesdames et messieurs les ParaSites, retirez-vous. Ayez au moins ce courage. Si vous le pouvez.


    Souhaitez vous  « être au bureau sans y être » ? Oui je le veux !