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    9/24/2009

    La Poste : un service public en danger de privatisation rampante ... Allons nous laisser faire ?

    La Charte des services publics

    Proposition pour inscrire les services publics dans la Constitution 


     

    « Le peuple français,

    « Considérant,

    « Que la conception et la mise en œuvre des services publics constituent une réalisation essentielle de la République française ;

    « Que la contribution des services publics aux principes des Droits de l’homme et de la souveraineté nationale est constitutive des valeurs de la République ;

    « Que les services publics sont le moyen de la réalisation de la devise républicaine de liberté, d’égalité et de fraternité ;

    « Que parmi les intérêts fondamentaux de la Nation figure la notion de solidarité nationale, garantie notamment par l’existence des services publics ;

    « Que le fonctionnement efficace des services publics doit donc être assuré fidèlement selon les principes de continuité du service, d’égalité d’accès pour tous les citoyens, de neutralité et de distribution équitable sur l’ensemble du territoire national ;

    « Que les services publics dans leur contenu doivent garantir les conditions de l’égalité républicaine dans les domaines vitaux pour tous les individus, en ce qui concerne l’accès à l’éducation, à la formation et à l’enseignement supérieur, à un système de santé de haute qualité sans discrimination de revenu ou de patrimoine, à un emploi et à un système de solidarité nationale assurant un niveau de vie compatible avec la dignité humaine, à un développement dynamique et solidaire de l’économie nationale, à la sécurité et à la justice indépendante dans la proximité, à l’information libre et aux moyens de communication physiques et numériques, à la capacité de déplacement sur l’ensemble du territoire national par des transports fiables et accessibles, à l’accès à l’eau et à l’énergie, à un aménagement responsable et durable des territoires et de l’environnement, à des collectivités territoriales assurant une démocratie de proximité et pleinement responsables et autonomes, à une culture libre dans sa création et accessible à tous dans sa diffusion, à l’accès aux pratiques sportives ;

    « Proclame : 


    « Art. 1er –  Les services publics participent pleinement des principes et valeurs que le peuple reconnaît dans la République.  


    « Art. 2 – Toute personne a le droit d’avoir accès aux services publics.


    « Art. 3 – Il revient à l’Etat d’assurer la mise à disposition pour tous les citoyens de services publics de qualité, et dans l’hypothèse de services publics transférés aux collectivités locales, d’assurer à ces dernières les ressources correspondant à l’exercice effectif de ces services et à leurs évolutions.


    « Art. 4 – Les principes essentiels des services publics reposent sur l’égal accès de tous les citoyens, l’égal accès sur l’ensemble du territoire, la continuité et la neutralité du service.


    « Art. 5 – La République française reconnaît et garantit les services publics de l’éducation nationale, de la formation, et de l’enseignement supérieur et de la recherche, de la santé et de l’hôpital, de la sécurité sociale, de l’emploi, de l’accompagnement économique et industriel, de la police, de la justice, de l’information et de l’accès aux moyens de communication physiques et numériques, de l’aménagement des territoires, de l’eau et de l’énergie, de la protection de l’environnement, des transports, de la démocratie de proximité assurée par les collectivités territoriales, de la création et la diffusion artistiques et culturelles, de la pratique des activités sportives.


    « Art. 6 – Le Gouvernement met en œuvre les politiques de son choix, dans le respect de la souveraineté nationale et de la charge des missions de service public qui lui sont confiées.


    « Art. 7 – La France s’inspire de son modèle républicain de services publics dans son action à vocation internationale et européenne. » 

     

     

    Pétition à signer pour tenter d'empêcher cette privatisation rampante de la Poste et Pour apporter son soutien à la Charte des services publics :

    http://www.referendum-servicespublics.com/index.php?petition=1&signe=oui

     

    9/20/2009

    Soutien aux producteurs de lait


    > Appel aux associations et aux syndicats

    > Distribution de lait à Paris : paysans en colère, paysans solidaires

    > Les producteurs de lait sont « en grève » de livraison. Cette situation résulte des décisions prises par les pouvoirs publics et les industriels laitiers. Les paysans lassés de travailler sans revenu, sont contraints de ne pas commercialiser aux industriels le produit de leur travail pour espérer être entendus.

    > Cette situation de détresse est analogue à celle que vivent les ouvriers et les employés dans les entreprises qui ferment, dans les usines délocalisées, à la dégradation continue des conditions de vie des travailleurs de ce pays.

    > Pour sensibiliser les consommateurs, pour que leur geste soit aussi un geste de solidarité, pour que le produit de leur travail soit utile, les producteurs de la Confédération paysanne organisent une grande distribution de lait, le mardi 22 septembre à partir de midi, Place de la République à Paris.

    >  

    La Confédération paysanne appelle les associations, les syndicats, les chômeurs les précaires et tous les citoyens de ce pays à se rendre

    Le mardi 22 septembre 2009-09-17 place de la république à Paris à partir de 12h00

    Pour une grande distribution de lait cru au cul du camion (amenez vos bouteilles et vos bidons)

    >  

    9/13/2009

    A propos de bidoche ...

    Un livre de Fabrice Nicolino. A paraître bientôt aux Editions LLL, Les Liens qui Libèrent. LLL, 75 rue du faubourg Saint-Antoine, 75011 Paris.

    COMMUNIQUÉ

    Fabrice Nicolino publie le 7 octobre prochain un livre passionnant et préoccupant sur l’industrie de la viande. Jamais lu ? En tout cas, jamais écrit. Ce livre sur la viande est rempli de très nombreuses révélations sur un univers que personne ne souhaite voir de près. La France a connu après 1945 une révolution de son régime alimentaire qui n’a rien de naturel. Elle consommait peu de viande, elle en « bouffe » des millions de tonnes chaque année.

    Qui a voulu ce complet bouleversement ? Les jeunes « technocrates » autour de De Gaulle, après 1958, mais aussi les pontes de l’Inra, un institut public au service direct des intérêts industriels. Ce livre raconte la genèse d’un changement radical, et met des noms sur des actes. Joseph Fontanet, François Missoffe, Edgard Pisani, Edgar Faure, du côté des politiques, suivis par Henri Nallet, Édith Cresson, Michel Rocard quand la gauche a pris le pouvoir en 1981. Raymond Février et Jacques Poly du côté des chercheurs et des techniciens. Tous ont été au service de la bidoche.

    Ensemble, ils ont imposé que la France devienne un immense hachoir à viande qui abat chaque année plus d’un milliard d’animaux domestiques. Des animaux traités comme des bêtes, parqués dans le noir, entravés, farcis d’antibiotiques et .d’hormones qui mettent en péril la santé humaine.

    Nul n’a jamais parlé ainsi des dangers gravissimes que représentent le MRSA, le MAP, et toutes ces maladies émergentes qui donnent des sueurs froides aux autorités sanitaires.

    La situation est-elle hors de contrôle ? Oui. Ce livre révèle que la panique a gagné quantité de bureaux officiels. Et comment l’élevage industriel cherche à masquer des vérités affolantes. Qui sait en France que l’élevage mondial émet plus de gaz à effet de serre que la totalité des transports humains, automobiles, bateaux et avions compris ? Qui sait que notre bétail est nourri par du soja transgénique venu du Brésil, grand responsable de la déforestation en Amazonie ? Qui reconnaît que les demandes chinoise et indienne de viande seront impossibles à satisfaire dans quelques années, faute de sol et d’eau ? Qui ose écrire que la demande globale de viande industrielle conduit tout droit à de nouvelles et tragiques famines de masse ?

    Si la France est à ce point sourde et aveugle, c’est que l’agriculture industrielle y fait la loi depuis 1945. Un lobby d’une puissance exceptionnelle s’est installé au cœur même de l’État et ne cesse d’empêcher toute évolution qui remettrait en cause les places et rentes acquises. Ce livre plonge au cœur des mystères et attaque sans hésitation le noyau dur de ce lobby. En donnant des noms : Serge Michels, Louis Orenga, Thierry Coste. Enivrés par un pouvoir sans frein, les défenseurs de la bidoche ont plongé la France dans une crise globale dont elle n’est pas près de sortir. Sauf si. Sauf si le mouvement des consommateurs décide de s’attaquer enfin aux immenses intérêts, visibles ou masqués, de la viande industrielle. Une viande qui est devenue l’ennemi de l’homme.

    Fabrice Nicolino est journaliste. Il est l’auteur notamment de Pesticides, révélations sur un scandale français ( 2007) vendu en grand format à 35 000 exemplaires. Consulter son blog.

    bidoche

    Voici le message que nous a transmis Fabrice:

    Pourquoi j’ai voulu ce livre:« Je suis né pour ma part dans le sous-prolétariat urbain de la banlieue parisienne. Ce n’est pas un lieu rieur. Ce ne fut pas un temps calme. Il m’arriva plus d’une fois de rêver meilleur destin. Mais qui choisit ? Il reste que, dans les meilleures années de cette époque engloutie à jamais, ma mère préparait le dimanche midi un roast-beef, un rosbif farci à l’ail qui déclenchait chez nous tous, les enfants de cette pauvre nichée, une émeute de papilles.

    Un repas peut-il rendre heureux ? Oui. Un morceau de viande peut-il faire croire, le temps d’une tablée familiale, que tout va bien, que tout va mieux ? Oui. J’ai mangé beaucoup de viande. J’ai pris un grand plaisir à mastiquer, à partager avec les miens ce qui était davantage qu’un mets. Je suis mieux placé que d’autres pour comprendre que manger de la viande est un acte social majeur. Un comportement. Une manière de se situer par rapport au passé maudit de l’humanité, et de défier le sort promis par l’avenir.

    Je crois savoir ce que manger veut dire. Mais je dois ajouter que, chemin faisant, j’ai changé d’avis et de goût. Modifier ses habitudes est l’une des vraies grandes libertés qui nous sont laissées. Je l’ai fait. Derrière la viande, peu à peu, les morceaux, hauts et bas, se sont reformés, comme dans les dessins animés de mon enfance, qui ignorent tout de la logique triviale de la vie ordinaire.

    Derrière une côte de bœuf, j’ai fini par voir un bœuf. Derrière un gigot, un agneau. Derrière un jambon, un cochon. On peut parler d’un choc, immense et lent. L’histoire que je vais vous raconter n’est pas simple, et j’en suis le premier désolé. Elle peut d’autant plus paraître compliquée qu’elle l’est en réalité. Mais ce n’était pas une raison pour faire un livre pesant. Celui-ci ne devrait pas l’être. On y verra beaucoup d’hommes en action, prenant en notre nom des décisions plus ou moins réfléchies. Avec des conséquences majeures que la plupart ignorent.

    Cela explique les tours, détours, ruses et contorsions d’une affaire profonde, qui nous concerne tous. Si à quelque endroit vous vous sentez perdu, rapportez-vous à l’index des personnages ou à la chronologie des événements. Alors vous retrouverez pied aisément. Ce livre sur la viande commande du temps, et de la réflexion. Peut-être est-ce une mauvaise idée de le signaler d’entrée, à l’heure d’Internet et du zapping tous azimuts. Mais c’est ainsi. Au moins ne serez-vous pas trompé sur la marchandise.

    Il reste que cet ouvrage peut aussi se lire pour ce qu’il est : une formidable aventure aux conséquences inouïes. Où rien n’était inévitable. Où tout aurait dû être pesé. Ou tout aurait pu être contrebalancé. Une histoire pleine de bruit et de fureur, emplie jusqu’à déborder de qualités qui sont souvent de pénibles défauts. Laissez-vous porter par cette vague venue des temps les plus anciens, et posez-vous les bonnes questions, qui vous rendront fiers d’être des humains dignes du mot.

    Comment des animaux aussi sacrés que le taureau Hap de la plus haute Antiquité sont-ils devenus des morceaux, des choses, des marchandises ? Pourquoi des techniciens inventent-ils chaque jour, en notre nom, de nouvelles méthodes pour « fabriquer » de la « matière » à partir d’êtres vivants et sensibles ? Pourquoi leurs laboratoires sont-il aussi anonymes que secrets ? Pourquoi l’industrie de la bidoche est-elle dotée d’une puissance qui cloue le bec de ses rares critiques ? À la suite de quelle rupture mentale a-t-on accepté la barbarie de l’élevage industriel ? Pour quelle raison folle laisse-t-on la consommation effrénée de ce produit plein d’antibiotiques et d’hormones menacer la santé humaine, détruire les forêts tropicales, aggraver dans des proportions étonnantes la si grave crise climatique en cours ?

    Qui est responsable ? Et y a-t-il des coupables ? La réponse n’a rien d’évident, mais elle existe, dans les deux cas. Ce livre vous convie à une plongée dont vous ne sortirez pas indemne. À la condition de le lire pour de vrai, vous ferez ensuite partie d’une tribu en expansion, mais qui demeure on ne peut plus minoritaire. La tribu de ceux qui savent. Et peut-être même rejoindrez-vous celle qui ne veut plus. A-t-on le droit de se révolter ? On en a en tout cas le devoir.

    Je mange encore de la viande. De moins en moins, et désormais si peu que j’entrevois le moment où je cesserai peut-être de le faire. Je ne suis pas un exemple. Je suis exactement comme vous. J’espère en tout cas que nous nous ressemblons assez pour que le dialogue commence. Mais avant cela, il fallait vous faire découvrir le tumulte des relations que nous entretenons avec notre sainte bidoche. Si ce livre devait servir à quelque chose, il me plairait qu’il permette à ses lecteurs de se demander ce qu’ils mangent. Et pourquoi. Et comment. »

    9/10/2009

    Article de POLITIS : Claude-Marie Vadrot se met en pétard à propos des discussions en cours contre la mise en place de la taxe carbone ...

    Ras le bol des hypocrisies sur la taxe carbone : oui elle est nécessaire, oui elle doit toucher tout le monde et non il ne faut pas la rembourser

     

    Bon, mettons les pieds dans le plat sans avoir peur des éclaboussures.

    D’abord la gauche et la droite réunies dans la même démagogie ont réussi leur coup : par une magie médiatique concertée et déconcertante, la taxe carbone s’est transformée en « IMPOT », le mot épouvantail, le mot qui fait hurler. Une preuve ? Les deux sondages qui affirment depuis que plus des deux tiers des Français sondés sont contre. Les mêmes sans doute qui, dans d’autres sondages, juraient que pour la planète, contre les pollutions, pour la biodiversité et pour lutter contre les désordres climatiques étaient disposés à faire un effort, y compris financier. Histoire de rester politiquement corrects face aux sondeurs. Et si la France, d’une majorité de sa population à son personnel politique, était écolo, cela se saurait depuis longtemps...

    Pourtant ...

    Tandis que les vendanges se déroulent déjà avec trois ou quatre semaines d’avance par rapport à leurs dates d’il y a cinquante ans, tandis que les vignerons alsaciens se demandent ce qu’ils vont faire des 2,5° en trop de leurs vins, tandis que tous les responsables d’AOC s’interrogent sur quelques hauteurs ils vont devoir déménager leurs ceps, tandis que les habitants de la Camargue se demandent comment ils vont vivre avec de l’eau plus salée et sans les flamants roses, tandis que des falaises s’effritent sous les coups de boutoirs de la mer, tandis que les évènements météos aberrant se multiplient, tandis que des sols se détériorent, tandis que les rivières se dessèchent et perdent irrémédiablement leur biodiversité, tandis que les nappes phréatiques s’épuisent, tandis que des millions d’arbres meurent sur le territoire français, tandis que de nouveaux insectes envahissent villes et campagnes, tandis que des oiseaux disparaissent, tandis que donc, la liste n’étant pas limitative, la température moyenne monte, les démagogues du PC, du PS et de toutes gauches unis avec ferveur avec les démagogues populistes de toutes les droites et du Medef flinguent la taxe carbone. Comme à l’ouverture de la chasse, ça tire dans tous les coins et sur n’importe quoi. Tandis que les banquises fondent aux pôles, que les cyclones et typhons se multiplient, que des millions de réfugiés climatiques se mettent en route, tandis que l’Afrique et l’Asie se désertifient, tandis que des cultures essentielles y disparaissent, et donc tandis que la planète s’échauffe ou se dérègle, monsieur François Fillon balance son aumône misérable de 14 euro la tonne à la face des nouveaux malheurs du monde.

    Au PS, au PC et comme à l’UMP et au MEDEF on tire à vue sur la dissuasion climatique avec le sentiment que « les écologistes nous emmerdent », qu’il s’agit d’une simple mode et que tout finira par s’arranger dans le meilleur des mondes productivistes rappelant Allègre au pouvoir.

    Avec ses 14 euros jetés avec mépris à la face de Gaïa, avec ses offres de compensations aussi ridicules que fumeuses, le premier ministre met la France hors-jeu pour la conférence de Copenhague de décembre sur le climat. Il est en bonne compagnie avec le Medef qui veut à la fois le beurre, l’argent du beurre et la cuisse de la crémière : la suppression de la taxe professionnelle, pas de taxe carbone et la sempiternelle « réduction des charges ». Alors, il faut être clair. Si elle voit le jour...

    D’abord, c ‘est évident, toute taxe carbone touchera moins les pauvres que les riches puisque ces derniers achètent et consomment plus. En commençant par le clim’ pour la villa de Neuilly. Mais dire seulement ça revient à botter en touche dans le camp des droites et des gauches.

    Ensuite, à ma connaissance l’électricité est une énergie (même secondaire). Alors il est scandaleux qu’elle échappe à la taxe carbonne. Sauf s’il s’agit de faire plaisir à EDF. Cela évitera peut-être que les fameuses maisons-Boutin-Borloo bon marché soient chauffées...à l’électricité. Cela évitera peut-être que le BTP augmente ses bénéfices en n’installant que des chauffages électriques dans les nouveaux immeubles. Cela évitera peut-être que la France soit sous-développée en chauffage et électricité solaire tout comme en éoliennes. Et, par pitié, que l’on m’épargne le numéro «  destruction des paysages ».

    Ensuite encore, ce n’est peut-être pas politiquement correct de l’affirmer et même de le réclamer : oui, la taxe carbone qui est une incitation à acheter autre chose, à vivre progressivement autrement, doit toucher tout le monde. Sans exception. Sans cela, elle ne servira à rien d’autre qu’à amuser la galerie. De quelle utilité sera l’incitation, par exemple, à acheter un produit trop emballé si le mauvais geste est remboursé ? Il faut changer de société ; donc que les politiques et les bons apôtres arrêtent de se dissimuler derrière les "pauvres", les « banlieusards » et les « ruraux » pour ne rien faire et, donc, protéger les riches ; et les urbains. Si la classe politique se préoccupait de la partie la plus démunie de la population il n’y aurait pas 8 millions de gens vivant en dessous du minimum vital en France. Si elle se souciait des salariés qu’elle a exilés loin de leur travail, quand ils en ont, cela se saurait également. Alors que l’on arrête de nous emmerder avec ces fausses compassions. Que l’on arrête aussi de faire croire que la taxe ne vise ou ne doit viser que la carburant, le gaz et le fioul. Elle doit s’attaquer à tous les gaspillages. Borloo, avec sa « taxe pique nique », avait parfaitement, pour une fois, raison.

    Oui, la taxe doit viser tout le monde et ne pas être remboursée. Sinon, où est la dissuasion, où est l’incitation à acheter ou à se comporter autrement ? Exemple : la majorité des Français utilisent des piles jetables...qu’ils jettent n’importe où ; est-il scandaleux de taxer ces piles pour que les gens fassent le petit effort d’utiliser des batteries rechargeables moins chères à l’usage à long terme et gaspillant moins de matière première ? Tout le jetable, des rasoirs à la vaisselle en plastique en passant par les mouchoirs et les emballages superflus doit être taxés.

    Injuste la taxe ? Et la destruction de la planète, les pollutions, la diminution de la biodiversité, la montée des maladies environnementales, la migration des réfugiés climatiques, l’avancée du désert, les tempêtes, c’est juste ?

    Autre taxe évidente : celle qui doit frapper toutes les industries et les systèmes de distribution qui gaspillent l’énergie et les matières premières. Une taxe, lourde, que la loi interdirait de répercuter sur les consommateurs. Une incitation également pour les industriels qui confondent l’écologie avec l’augmentation de leur profit et la rédaction annuelle d’un « rapport développement durable » sur papier glacé.

    Seule l’addition de ces deux taxes, la première légère, la seconde plus importante, peut entraîner (dans le sens obliger à...) des comportements moins dangereux pour la planète. Tout le reste n’est que littérature de faux-culs.

    J’attends de pied ferme les engueulades, mais je vais me défendre !

    (Politis, 6 septembre 2009)

    9/1/2009

    RUE89 : le protoxyte d'azote menace la couche d'ozone ... et là, pas de solution pour résoudre ce problème ...


    Le gaz hilarant, une menace pas drôle pour la couche d'ozone

    Par Hélène Crié-Wiesner | Ecrivain, spécialisée en environnem... | 31/08/2009 |

     

    Le protoxyde d'azote généré par l'utilisation d'engrais menace la couche de l'atmosphère qui protège la terre des rayons UV.

    Photo : Pierre Ethier/Flickr

     

    On croyait la couche d'ozone plus ou moins sauvée depuis l'interdiction mondiale en 1987 des gaz CFC, responsables du fameux « trou ». Voilà que des scientifiques américains viennent d'identifier un nouveau gaz tueur, impossible à bannir puisqu'il provient de l'agriculture.

    L'information est parue le 27 août dans l'édition en ligne du prestigieux magazine Science. La surprise est da taille, et ses conséquences sont très embêtantes.

    Un gaz banal naturellement produit par des bactéries du sol, le protoxyde d'azote (ou oxyde nitreux, « nitrous oxyde » en anglais), déjà connu pour ses propriétés de gaz à effet de serre, a un effet nocif sur la couche d'ozone plus important que les produits chimiques synthétiques, tels que les chlorofluorocarbures (CFC).

    Ce gaz est plus connu chez les dentistes sous son nom de gaz hilarant. Sauf que dans la stratosphère, il ne fait rigoler personne.

     

    On a banni les CFC des sprays et de l'air conditionné

    La terre est protégée des puissants ultraviolets solaires par une couche d'ozone située dans la stratosphère. Cette couche avait été sérieusement endommagée par les produits de synthèse utilisés dans les sprays, les frigos et les installations d'air conditionné.

    La communauté internationale a enrayé ce désastre en élaborant un traité connu sous le nom de protocole de Montréal, signé en 1987, enrichi depuis par de nombreux ajouts, qui interdit ou réglemente sévèrement la fabrication des CFC. Or, si le protocole de Kyoto qui réglemente les émissions de gaz à effet de serre se préoccupe bien du protoxyde d'azote, celui de Montréal ne le mentionne même pas.

    Le professeur Ravishankara, de la National Oceanic and Admospheric Administration, se demande dans Science si certains gaz ne représenteraient pas, sans qu'on s'en soit jusqu'alors aperçu, une autre menace pour l'environnement. Notamment ce protoxyde d'azote, un sous-produit de l'agriculture, qui pose un problème grave à notre planète.

    « L'agriculture mondiale en émet une telle quantité qu'aujourd'hui ce gaz est en train de venir le principal responsable de la destruction de la couche d'ozone. Et ça va aller de pire en pire. »

     

    Le trou se comble au dessus de l'Antarctique

    Dans leur œuvre de destruction, les protoxydes d'azote n'opèrent pas de la même manière que les composants chimiques synthétiques. Mais ils érodent tout aussi sûrement le bouclier planétaire anti-rayonnement, accroissant ainsi les risques de cancer de la peau, entre autres conséquences.

    C'est au dessus de l'Antarctique que la couche d'ozone est la plus abîmée. Là-bas, l'ozone est si mince au moment de l'automne que les scientifiques parlent de « trou » dans la couche. Ce trou semble cependant se réparer peu à peu, et Ravishankara estime que cette amélioration se poursuivra au cours des prochaines décades.

    « Les protoxydes d'azote n'ont pas d'effet délétère sur le trou d'ozone. En revanche, ils ont un impact sur la couche dans son ensemble. »

    Ce paradoxe provient du fait que le trou dans la couche d'ozone est influencé par la présence des nuages extrêmement froids présents aux pôles. Ces nuages relâchent du chlore, destructeur de l'ozone, mais le chlore neutralise le protoxyde d'azote. Ça, c'est la bonne nouvelle.

     

    Plus facile de surveiller des usines que les microbes terrestres

    La mauvaise, c'est qu'il est bien difficile de diminuer la production humaine de protoxyde d'azote. La chercheuse Cindy Nevison, de l'université de Boulder au Colorado, explique qu'il a été relativement facile de contrôler les chloro-fluorocarbures (CFC) pour une raison simple : seul un nombre limité d'usines en produisaient.

    « Le protoxyde d'azote, lui, est produit par des microbes présents dans les sols. Or les humains ont considérablement accru les quantités d'azote dont sont friands ces microbes. »

    Lorsqu'on épand des engrais azotés sur les sols, on nourrit ces bactéries par la même occasion. Lesquelles produisent davantage de protoxyde d'azote. Les bactéries contenues dans les algues produisent aussi ce gaz quand les engrais se retrouvent dans les rivières et ensuite dans la mer.

     

    Une guerre encore plus rude que celle contre le CO2

    Cindy Nevison ajoute que les usines et les pots d'échappement des voitures produisent aussi des protoxydes d'azote, mais en quantité bien moindre que l'agriculture.

     
    « Je pense qu'il va être nettement plus difficile de limiter la production de ces protoxydes que celle du dioxyde de carbone. Et pourtant, on sait à quel point ça, c'est déjà difficile. »
     

    A défaut d'avoir résolu les obstacles économiques et politiques, on connaît au moins les solutions techniques permettant d'obtenir de l'énergie à partir d'autres sources que le charbon et le pétrole. Mais comment se nourrir sans faire appel à l'azote ?

    On peut certes maîtriser l'emploi des engrais azotés. Mais la différence sera-t-elle considérable ? Pas si la population continue de croître sur la terre. Même si l'humanité entière décidait de se nourrir d'aliments bios, le problème ne serait pas résolu pour autant.

    Et la couche d'ozone n'est le seul enjeu dans cette histoire : le protoxyde d'azote contribue également aux changements climatiques. On n'est pas sorti de l'auberge !

     

    Photo : Pierre Ethier/Flickr


     
     
     





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